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L’export de blé vers l’UE passe devant les pays tiers

Lors du dernier conseil spécialisé céréales, FranceAgriMer a révisé de 400 000 t à la hausse les exportations 2017-2018 de blé tendre vers l’UE. Les volumes exportés vers l'UE dépassent ceux destinés aux pays tiers, abaissés de 200 000 t. Des chiffres « sous réserve » des effets de la grève en cours à la SNCF.

Selon les dernières estimations de l’établissement national présentées le 11 avril, 8,9 millions de tonnes de blé tendre seront envoyées à destination de l’Union européenne, contre 8,3 millions de tonnes à l’international, destination qui apparaît habituellement en tête. Si les perspectives sont « moins favorables » sur le marché mondial, dominé par l’origine russe, elles bénéficient en intra-communautaire du « regain de compétitivité du blé tendre par rapport aux autres céréales », a indiqué le chef de l’unité grains et sucre Marc Zribi, parlant de « raréfaction des ressources en orge et maïs ».

Les stocks au plus bas depuis quatre ans

Un courant d’affaire est entretenu par la sécheresse en Espagne et en Italie. « La qualité du blé français de 2017 est bonne », a aussi pointé Rémi Haquin, président du conseil spécialisé céréales, alors qu’en même temps « l’Allemagne n’a pas performé » sur la dernière récolte. Conséquence du relèvement des utilisations de blé par le marché, les stocks de fin de campagne sont abaissés à 2,7 millions de tonnes (contre 3,2 millions de tonnes annoncé en mars). Ils apparaissent ainsi à leur plus bas niveau depuis quatre ans.

Difficultés logistiques

Mais ces prévisions ne vaudront que « sous réserve que les marchandises puissent circuler », a souligné Rémi Haquin. La grève SNCF entraîne « des perturbations qui inquiètent aujourd'hui les vendeurs pour expédier, les ports pour exporter et les amidonniers, meuniers pour transformer », dont certains « commencent à sentir des difficultés d’approvisionnement », selon lui. Il a ainsi évoqué l'entreprise familiale Roquette : dans son siège de Lestrem (Pas-de-Calais) ce géant mondial de la chimie verte, qui valorise notamment l'amidon, reçoit habituellement la cargaison de sept trains par jour, a souligné Rémi Haquin, ce qui équivaut selon lui à 350 camions pour lesquels il y a « plutôt une pénurie ».

La situation est d'autant plus préoccupante que « le transport fluvial a payé 2016 », selon Ludovic Pâris, délégué des filières grandes cultures. Il a rappelé que le fret fluvial dépend énormément des volumes de céréales. Avec la récolte catastrophique de 2016, « beaucoup d'entreprises ont mis la clé sous la porte et on s'est retrouvé avec des capacités diminuées par rapport aux années précédentes ». FranceAgriMer n'était toutefois pas en mesure, dans l'immédiat, de quantifier l'effet délétère que peut avoir la grève.

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