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Retour de balancier sur l'agribashing ?

Dans un courrier envoyé le 1er février à tous les parlementaires – députés et sénateurs – de Saône-et-Loire, la FDSEA et ses sections spécialisés ont dénoncé avec force l’agribashing. Pour ne plus rien laissé passer, la profession agricole appelle les pouvoirs publics, dont le Préfet, à défendre l’élevage contre les attaques médiatiques, y compris sur les réseaux sociaux et contre les fake news. Les parlementaires sont interrogés sur les recours juridiques possibles, les questionnant en creux comment faire respecter la loi ou alors l’adapter si nécessaire.

Vit-on un retour de balancier ? Après des mois et des mois d’attaques en tout genre, l’agribashing n’en finissait pas de nourrir les espaces médiatiques et autres attaques à charge sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, une certaine forme de saturation semble se faire jour. Il était temps…
En effet, les filières viandes ont été de longue date stigmatisées par différents mouvements antispécistes. Ces attaques n’étaient pas forcément médiatisées. Hors, ces dernières années, sous prétextes du bien-être animal ou d’urgence climatique s’était accéléré ce phénomène grâce surtout au soutien de plus en plus affiché des milieux médiatiques, culturels. Un phénomène très élitiste tant il s’agit d’une minorité extrémiste - L214, Générations futures… – ne représentant qu’eux même. Pour preuve, la population ne bouge quasiment pas ses habitudes de consommation, restant majoritairement confiant dans l’agriculture conventionnelle de qualité française.

Lundi vert et autres

En ce début d’année 2019, les attaques se sont une nouvelle fois répétées : appel du 3 janvier pour un « lundi vert », lancé par 500 personnalités préconisant de remplacer la viande et le poisson chaque lundi, abattoir incendié en Seine-et Marne le 12 janvier et les conclusions du rapport du collectif international de scientifiques EAT-Lancet Commission on Food, Planet, Health, publiées le 17 janvier, qui recommandent une baisse de 50% de la consommation de viande rouge...
Personne n’est dupe, et sous couvert de bien pour l’environnement et l’humanité, ces actions n’ont qu’un seul but, inavoué, inciter au final à supprimer totalement la viande de l’alimentation. Les puissants lobbys qui appuient ces démarches, mobilisent des réseaux, des outils de communication, des personnalités à fort impact, suscitant d’autant plus l’indignation des professionnels du secteur qui eux défendent leur métier et non attaquent les leurs ou leurs façon de vivre (bien souvent en métropoles et à Paris tout particulièrement).

L214 chassé des écoles

Les éleveurs ne sont pas de taille à lutter seul. La menace est permanente et peut surgir de partout. Dernière preuve en date, des écoliers de Saône-et-Loire, et probablement de nombreux autres départements en France, ont pu recevoir un livret « Mon journal animal », présenté comme outil pédagogique par L214 Education, branche de L214, puissant lobby vegan et antispéciste aux financements troubles.
Ce premier numéro se veut informatif sur les animaux, et ceux – comme eux évidemment - qui agissent pour les défendre. Indirectement des messages anti-viande sont passés, et une double page est consacrée à « changer son assiette pour la planète ». La profession agricole vigilante n’a pas tardé à alerter les élus, à l’image de la section bovine de la FDSEA de Saône-et-Loire qui a prévenu en urgence les parlementaires. Preuve du caractère partisan de ce document, le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse, ainsi que le ministre de l’agriculture et de l’alimentation ont heureusement prévenu récemment les recteurs, inspecteurs et directeurs d’établissements à travers un courrier sur la non inscription de ces interventions dans le cadre de la promotion de l’éducation à l’alimentation. Ces ressources n’ont pas été élaborées en lien avec l’éducation nationale, elles ne sont donc pas légitimes d’être diffusées en classe.

Mea culpa et réponse judiciaire

Reste que ce n’est pas aux agriculteurs de faire la « police » et encore moins la « justice » de ce pays. Depuis novembre dernier, il semble que les pouvoirs publics sont sensibilisés à ces actes délictuels et les infox qui se multiplient (lire encadré). Le rappel du Ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume auprès des associations de protection animales sur l’engagement du Gouvernement et sa demande à ce que cessent les mises en cause systématique de nos éleveurs ont déclenché un début de prise de conscience de l’impact de cet agribashing. En effet, ces mêmes associations ont appelé dans une tribune ce lundi 28 janvier à « ne pas se tromper d’ennemi », en stigmatisant « l’élevage en général ». Une façon de reconnaître leur tort qui est de volontairement mélanger le pire de l’agriculture industrielle internationale et l’agriculture traditionnelle familiale français.
C’est une première avancée, mais il est essentiel pour les filières d’élevage de poursuivre dans cette voie. La FDSEA et ses sections spécialisés (bovine, ovine, porcine, lait) ont donc interpelé ensemble les élus pour qu’ils se positionnent clairement en répondant à cinq questions claires (lire encadré). Façon de les obliger à se pencher sur le problème.
« Nous vous demandons donc de vous interroger sur la politique conduite par les pouvoirs publics, le fonctionnement de ces associations, de mettre en lumière leur financement, leurs finalités. Il est aussi nécessaire d’acter la mise en œuvre de la commission d’enquête parlementaire sur ces activistes antispécistes violents et sur les atteintes à la liberté alimentaire », conclut le courrier, qui sans nul doute, ne restera pas lettre morte.

 

Impacts économiques et psychologiques

Avec une consommation toutes viandes confondues en baisse de 12% en dix ans, des actions de militants antispécistes de plus en plus violentes, et une influence grandissante auprès du jeune public, le secteur de la viande est confronté à un contexte morose. Au vue de ces éléments, la profession alerte d’emblée sur les conséquences économiques mais aussi psychologiques de ces actions, pour les acteurs de la filière, alors que cette dernière est aussi fragilisée par un contexte de marché difficile.
Hors, la filière viande est déjà engagée pour s’adapter aux attentes des consommateurs, notamment au travers du « Pacte pour un engagement sociétal » signé par l’interprofession depuis 2017 et labellisé par l’Afnor. Les éleveurs français sont bien les premiers acteurs du bien-être, et les viandes portant la signature 'Viandes de France', garantissent déjà aux consommateurs des viandes issues de nos territoires et de modes de production plus durables. De plus, à l’échelle du département, la Saône-et-Loire a rejoint en octobre 2018 un collectif initié par la Loire, réunissant les différents acteurs des filières « viandes », de l’élevage à la commercialisation. Le Collectif pour la défense de l’élevage traditionnel français, de la bientraitance des animaux, de la boucherie, de la charcuterie et de la consommation de viande et des produits laitiers, souhaite porter un discours de défense des filières de l’élevage, non seulement en direction du grand public, mais également auprès des pouvoirs publics, face à ces messages « anti-viandes » extrémistes de plus en plus présents dans les médias.

Les cinq questions aux parlementaires et au Préfet

- Quelle réponse sur le plan judicaire aux démarches jugées intrusives ou violentes de certaines associations à l’encontre des éleveurs ?
- Jusqu’où les pouvoirs publics peuvent-ils accepter les mises en cause systématique des éleveurs ?
- L’éducation nationale sera-t-elle le nouveau terrain de jeu des antispécistes ?
- Comment utiliser la loi anti-fake news pour lutter contre cette désinformation répétitive en particulier sur l’impact de l’élevage à l’herbe ?
- A quand une prise de position claire et solennelle de ceux qui représentent l’autorité ou le peuple en France, face aux dégradations, aux attaques personnelles et à la désinformation ?

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