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Analyse des marchés animaux et des tendances commerciales de la semaine 03/2018

Chaque semaine, pour comprendre et prendre les bonnes décisions, retrouvez l’analyse des marchés animaux, les tendances de la semaine et une analyse pointue des différents marchés animaux. Le rendez-vous à ne pas manquer.

Bovins de boucherie

Après le 15 janvier, le budget des ménages est comme habituellement sous tension. En ce qui concerne la demande en viande bovine, les principales raisons en sont connues : soldes d’une part et, d’autre part, les promotions de viande porcine. De ce fait, les ventes de viande de bœuf dans les GMS ont chuté faute de besoins avec un impact significatif sur les animaux de race à viande.

Bon nombre d’éleveurs ont leurs comptes dans le rouge et entament une année de décapitalisation, alors que nul n’aperçoit le bout du tunnel de cette crise manifestement structurelle. La situation des éleveurs allaitants est dramatiquement préoccupante, avec des trésoreries souvent exsangues. Les cessations d’activité sont nombreuses. Les tarifs que nous connaissons aujourd’hui à la production sont ceux qui étaient pratiqués il y a quarante ans… Quel autre produit a connu une telle évolution ? La crise est structurelle avec une consommation en baisse constante sous les attaques incessantes des anti-viandes. Ce qui paraît surprenant, c’est que dans le même temps la consommation de viande bovine progresse en Allemagne et en Italie… En France, les producteurs travaillent à la promotion des animaux " Éleveur & Engagé", mais cette stratégie s’oppose à celle des industriels qui ne régulent le marché que par le prix.

Les disponibilités dans les campagnes et sur les marchés sont largement suffisantes pour les besoins exprimés. Les éleveurs n’ont pas la main sur la valorisation de leurs animaux. Le commerce est très calme avec des tarifs juste maintenus pour les femelles charolaises de qualité bouchère. Les animaux de plus de dix ans sont fortement pénalisés. Les transactions sont difficiles dans les charolaises de coupe et l’ensemble des allaitantes de choix secondaire. En réformes laitières, malgré une consommation qui patine, les industriels ont toujours des besoins pour faire fonctionner leurs outils de transformation. La modestie de l’offre permet une bonne tenue des prix des vaches holsteins, montbéliardes ou abondances de poids convenable et correctement finies. Les vaches en manque de finition sont peu recherchées pour la viande, mais une partie remonte dans le grand Ouest pour y être engraissée. En jeunes bovins, nos exportations vers l’Italie souffrent du protectionnisme italien qui privilégie sa production intérieure. La tendance est lourde dans les JB charolais ou limousins avec des tarifs en repli.

 

Bovins d’embouche et d’élevage

Malgré des conditions climatiques peu favorables et un commerce difficile dans la viande, les engraisseurs spécialisés sont aux achats. Le commerce est régulier avec des tarifs qui se tiennent sur les bases de la viande dans les bonnes femelles de gabarit à finition rapide. Les animaux de gabarit à herbager dans quelques mois sont également demandés, mais le tri est en revanche sévère pour le bétail trop âgé ou sans avenir. Les montbéliardes maigres se vendent avec plus de facilité au regard des faibles tarifs proposés dans la viande.

 

Broutards

Les volumes sont plus étoffés, mais les acheteurs ont des besoins du fait de la réouverture progressive des marchés fermés il y a peu encore pour cause de FCO sérotype 4. L’ensemble de l’Italie est passé sous le statut FCO sérotype 4, ce qui permet désormais de réexporter aussi vers le Piémont. D’autres assouplissements sont en cours pour les exportations à destination de l’Algérie. Le commerce est fluide avec des tarifs en hausse dans les bons mâles charolais, limousins ou croisés vaccinés contre la FCO sérotype 8. Les expéditions se maintiennent vers l’Espagne avec PCR, pour des tarifs qui se maintiennent sans trop de difficulté dans la marchandise convenable. La demande est suive dans les légers de repousse. Dans les femelles, la demande est normale avec des tarifs qui se tiennent dans la bonne marchandise destinée au marché italien. Le placement reste compliqué pour les ordinaires ou plus légères exportées vers l’Espagne.

 

Veaux d’élevage et d’engraissement

Les besoins restent limités et contingentés chez les intégrateurs pour des sorties d’été, mais le recul de l’offre est suffisant pour que le marché s’équilibre notamment du fait d’un flux à l‘export vers l’Espagne. Le commerce est normal avec des cours stables dans les veaux holsteins ou abondances standards. Les bons veaux lourds montbéliards destinés à l’export restent demandés. Dans les croisés laitiers d’engraissement (gris, taupes ou blanc bleu ordinaires), le commerce est calme avec des tarifs maintenus. Dans les bons veaux croisés de race à viande ou mixte, la volonté des engraisseurs de faire pression sur les prix pour les sorties d’été est significative dans le Sud-Est du pays.

 

Ovins

Les consommateurs doivent faire face à un budget plus compliqué à boucler sur la fin du mois après les dépenses liées aux fêtes de fin d’année, les promos en tout genre, mais également les soldes. La consommation accuse toujours le coup sur la seconde moitié de janvier. Les besoins des abatteurs sont restreints, ce qui entraîne une tendance baissière sur les agneaux de second choix. Cette orientation baissière est également due à la montée en volume des agneaux lacaunes. Les bons laitons en revanche se maintiennent. Dans les brebis, la période de déclaration à l’Aide ovine limite les volumes et permet de tenir les prix.

 

Porcs

Les différentes animations autour de la viande de porc n’ont pas permis de redresser la tendance baissière. Le commerce est déprimé avec des tarifs qui continuent de chuter dans un marché européen sous la pression des abatteurs allemands. Sur le Marché du porc breton, le prix s’apprête à franchir un nouveau seuil avec une baisse de -0,026 € à 1,106 € du kilogramme…

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