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Prophylaxie BVD dès cet hiver !

Lors de son assemblée générale du 27 novembre dernier à Blanzy, le GDS 71 a dévoilé les modalités de la future prophylaxie BVD dont l’arrêté ministériel est attendu pour 2019. Retour.

L’éradication de la BVD passe d’abord par le repérage des IPI. Cela passe par le bouclage auriculaire (prise d’échantillon et analyse) des veaux dès la naissance. Source photo contrlabvd.com

La BVD est une maladie virale qui se transmet par contact direct. Il existe une transmission verticale de la mère au fœtus qui fait naitre des futurs IPI (Infectés Permanents Immunotolérant). Redoutables, ces IPI sont des animaux qui ne présentent pas forcément de signes cliniques mais qui « crachent du virus » et contaminent donc leurs congénères. L’autre mode de transmission est dit horizontal. Il s’agit de la contamination classique d’animal à animal. Les effets de la BVD touchent la reproduction, la gestation et elle provoque une immunodépression qui ouvre la porte à d’autres maladies.

Eliminer les IPI

L’éradication de la BVD passe d’abord par le repérage des IPI. Il y aurait environ 10 à 15% des élevages qui détiendraient des IPI. Cela passe par le bouclage auriculaire (prise d’échantillon et analyse) des veaux dès la naissance. L’identification de tous les IPI est suivie de leur élimination rapide. La prophylaxie concerne aussi les mouvements avec la mise en place d’une garantie non IPI.

Le coût moyen d’un tel plan de lutte est évalué à 8 € par reproducteur et par an, alors que l’impact économique de la maladie serait en moyenne de 11 à 13 € par reproducteur et par an. Ces 8 € doivent être vus comme un investissement car à terme, le plan d’assainissement doit déboucher sur un plan de surveillance dont le coût descendrait à 1€50 par reproducteur et par an.

Le virus circule activement en Saône-et-Loire

L’enquête menée par le GDS l’hiver dernier révèle que 53% des élevages allaitants de Saône-et-Loire vaccinent au moins une catégorie d’animaux et 38% des cheptels vaccinent de manière efficace l’intégralité de leur troupeau (vaccination de l’ensemble du troupeau reproducteur avec un vaccin assurant une protection fœtale). Un taux de vaccination supérieur aux autres département bourguignons et plus élevé dans les zones à forte densité d’élevages. Le taux de vaccination est plus faible en élevage laitier (28%). Les analyses révèlent que deux tiers des élevages qui ne vaccinent pas ont vu passer le virus dans les 4 dernières années. La circulation du virus de la BVD est donc très active en Saône-et-Loire.

Vacciner et assainir sans attendre

Dès cet hiver, le GDS va généraliser les analyses sérologiques à l’Est de la Saône. « Nous vous recommandons d’être proactifs dès cet hiver en poursuivant la vaccination sur l’ensemble de votre cheptel reproducteur ou en surveillant – par des analyses – qu’il n’y a pas de circulation virale dans votre troupeau. En cas de circulation BVD, mettez en place un plan d’assainissement dès cet hiver car l’arrêté ministériel entraînera des contraintes aux mouvements pour les cheptels atteints », recommande Fabien Coulon, président du GDS 71.

La prophylaxie BVD a débuté dans le Jura

Dans le département du Jura, la prophylaxie collective BVD a débuté par la recherche de tous les IPI dès la naissance. Le bouclage à prélèvement auriculaire été généralisé à tout le département. Les boucles sont financées par le GDS 39. Une aide du département est apportée aux éleveurs pour l’élimination rapide des IPI (valorisation possible des animaux IPI à l’abattoir mais euthanasie de veaux IPI). Une communication commune est effectuée avec les 19 départements du quart nord-est ayant opté pour l’éradication de la BVD. Les grandes règles de prophylaxie sont le dépistage à la naissance suivi de l’élimination des IPI ; le contrôle BVD à l’introduction pour les animaux sans garantie non IPI ; l’accès aux rassemblements réservé aux cheptels contrôlés en BVD. « 90% des veaux sont dépistés aujourd’hui », confie Remy Guillot, président du GDS 39. « 70% des bovins du Jura sont garantis non IPI. Sachant qu’un diagnostic non IPI vaut à vie », fait valoir le responsable jurassien.

 

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