Viticulture

La révolution digitale incontournable pour la viticulture bourguignonne

Premier du nom, le Wine business a permis de constater que la révolution digitale est en marche. Une étape à ne surtout pas rater pour le monde viticole sous peine de se retrouver en grande difficulté.

Marie Dupuis, Sébastien Bricoud et Alexandre Bastard (de gauche à droite) étaient interrogés par Berty Robert, rédacteur en chef du Journal du palais.

Aujourd’hui, le digital occupe de plus en plus de place dans nos vies. Il est à présent un nouvel acteur incontournable du milieu du vin avec de nombreuses innovations qui changent les habitudes des professionnels et des consommateurs. La commercialisation en ligne a notamment considérablement accéléré les échanges et diversifié les clients tandis que les innovations techniques apportent à un large public une connaissance accrue du vin tout en offrant aux domaines une meilleure visibilité.

Le digital omniprésent

C’est autour de cette problématique qu’ont débattu, le 29 novembre dernier, Alexandre Bastard, Sébastien Bricoud et Marie Dupuis. Cofondateur de Vitavinum, agence digitale et bureau d’études dédiés à la filière vitivinicole, Alexandre Bastard a présenté sa start-up née il y a seulement deux ans. Une entreprise qui a pour objet de fournir des applications pour tous types de clients professionnels. « Dans le vin, il faut constater que les professionnels sont relativement en retard au niveau digital. Nous ne sommes qu’au début en terme d’évolution digitale. » Ayant la volonté de rendre la culture du vin accessible à tous, Vitavinum est née du constat que beaucoup de données vitivinicoles étaient sous-exploitées voire inexploitées. « Notre ambition est d’accompagner la filière dans la transformation digitale. » Mais loin d’être un long fleuve tranquille, la vie même de la start-up est en permanente mutation. « Nous avons des stratégies évolutives à vitesse grand V car l’entreprise doit se réinventer tous les six mois. Nous nous adaptons aux besoins spécifiques de chaque professionnel, négociant, caviste, cave, producteur… Nous proposons un développement personnalisé. » Quant au modèle économique de l’entreprise, il y a trois sources de revenus en proposant soit des solutions Saas (distribution de logiciels à travers le cloud) proposées sous forme d’abonnement soit des flux de données permettant de s’intégrer dans les interfaces déjà existantes soit des prestations sur-mesure.

Innover pour se différencier

Ancien de la maison SEB, Sébastien Bricoud a, pour sa part, effectué un virage à 180° en créant le Domaine du goût. Une entreprise qui propose des box pour découvrir des vins avant de les acheter. Ce lauréat 2018 du Réseau Entreprendre Bourgogne met à disposition de ses clients des coffrets de trois échantillons de vins avec des fiches descriptives. « Je dispose d’une trentaine de domaines en catalogue. Je suis parti d’une feuille blanche. Le digital permet non seulement d’aller très vite mais aussi d’avoir un fort potentiel client. » Fort de débuts prometteurs, Sébastien Bricoud vient de sortir un calendrier de l’Avent, toujours autour du vin, qui marche très fort.

A la tête d’une agence de communication, Marie Dupuis a toutefois souhaité diversifier ses activités. C’est au mois de mai 2017 qu’elle fonde la société Oenotourisme.com basée en Saône-et-Loire, à Fontaines. Cette plate-forme de réservation en ligne joue le rôle d’intermédiaire entre les vignerons qui proposent des prestations (visites, dégustations, balades…) et des particuliers. Des prestations pas forcément très visibles sur le web pour le grand public. « Cela  permet de redécouvrir et de simplifier les visites des domaines en augmentant leur visibilité. Avec le digital, on peut très vite gagner des clients mais aussi très vite en perdre. Aujourd’hui, mon modèle économique prend la forme d’un système d’adhésion et de commissionnement. Mais cela est amené à évoluer. »

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