Viticulture

Au Congrès national de la Pépinière viticole, l’avenir se décide aujourd’hui

Le 16ème Congrès national de la Pépinière viticole se tiendra au Palais des Congrès à Beaune les 24 et 25 octobre. Une opportunité de faire entendre pour essayer d’influencer sur le matériel génétique et la recherche de demain. Entre envie de redevenir autonome dans la production de plants de qualité sur le bassin (projet Défigreff’), le réchauffement climatique et les maladies émergentes, le dépérissement et ses ravages économiques… les sujets ne manquent pas. L’occasion pour les pépiniéristes de présenter officiellement leur nouvelle marque.

Sol, végétal, climat. Les interactions entre ces trois éléments sont à la base du métier de viticulteurs. Qu’un seul de ces trois composants fasse défaut, ou ne soit plus adapté aux autres, et c’est la qualité et la quantité des raisins et du vin au final qui en pâtiront.

Le Congrès national de la pépinière viticole se tiendra à Beaune du 23 au 25 octobre. Le programme est chargé face à tous les défis qui attendent la profession. Derrière elle se joue une partie de l’avenir de la viticulture française. Le mercredi matin sera plutôt consacré aux débats internes à la profession des pépiniéristes, en revenant notamment sur le pourquoi et la présentation de la marque nationale (voir encadré).

Les débats de l’après-midi peuvent en revanche intéresser beaucoup plus largement et notamment les viticulteurs, vignerons et responsable de vignes sur des questions qui touchent à leurs métiers : distribution des variétés nouvelles, maladies émergentes, plan dépérissement… Il sera possible de débattre autour de questions que nombre de viticulteurs se posent : un plant de vigne indemne de champignons est-ce réaliste ? ou encore, arrachage ou complantation ? avec un outil d’aide à la décision utile même dans notre vignoble, traditionnellement tourné vers les "vieilles" vignes à haute densité.

Un défi, des défis

Le lendemain, le 25, se tiendra la journée officielle avec l’après-midi l’assemblée générale de la Fédération française. Le matin, plusieurs points sont au programme. Après un bilan statistique par FranceAgriMer et un point sur les évolutions réglementaires ou encore la nouvelle OCM 2019-2023, le président de la FFPV, David Amblevert présentera au nom de tous la nouvelle marque à la presse. S’en suivra une présentation de la région Centre Est avec certainement un acteur incontournable, les pépinières Guillaume. Peut-être l’occasion d’évoquer Défigreff’ qui à l’échelle du bassin, et animé par le BIVB, cherche un plan pour maîtriser la production de matériel végétal adapté à la filière locale. Différents acteurs de la sélection, pré-multiplication et multiplication du matériel végétal du bassin viticole Bourgogne, Beaujolais, Jura, Savoie mènent depuis plusieurs années une réflexion afin de sécuriser l’approvisionnement de ces vignobles en matériel végétal adapté en quantité suffisante et produit en région. Cette idée est une déclinaison de l’ambition 2 du Plan national de lutte contre les dépérissements du vignoble.

A l’heure du réchauffement climatique, de la remontée de nombre de ravageurs (mouches asiatiques, Xylella fastidiosa…), du rapide dépérissement du vignoble (Esca…), il n’y a plus de temps à perdre. La recherche génétique de matériel végétal adaptée ne donnera des résultats que dans plusieurs années et les plantations seront toujours envisagées sur une moyenne de 40 ans. Les pépiniéristes ont un rôle central à jouer encore demain. Avant même de parler de cépages résistants ou autres techniques de sélections…

Un objectif de professionnalisation

La marque collective de la Pépinière viticole Française sera présentée dans le détail lors de ce Congrès. Son lancement officiel avait été annoncé en 2017. « Cette marque lancée en partenariat avec la viticulture répond à des objectifs et défis communs », avait expliqué David Amblevert, président de la FFPV et du syndicat de la Gironde et du sud-ouest. La création de cette marque collective du matériel végétal français est basée sur trois critères principaux :

- une sélection française ;

- des vignes mères de greffons et vignes mères de porte-greffes cultivées en France ;

- des greffages, pépinières plein champ et cultures hors sol produits en France.

Le tout sera défini par un cahier des charges, en concertation avec le CNIV, qui doit donc être maintenant défini. Ces plants seront assortis d’une certification délivrée par un organisme privé indépendant. Le pilotage sera assuré par les pépiniéristes, avec une gouvernance qui intégrera les viticulteurs, confortant ainsi les notions de transparence et d’échange.

On retrouve notamment une volonté d’accroître la prospection des vignes mères et des pépinières à l’encontre des maladies connues et émergentes ainsi que l’envie de valoriser le plant de vigne français, mondialement reconnu, notamment grâce à la marque ENTAV-INRA® . Pour rappel, la pépinière viticole française est la première au monde. Elle représente à elle seule près de 40 % de l’offre européenne. Le dernier bilan indique une progression : 232 millions de plants mis en oeuvre en 2017 contre 225 millions en 2016. La pépinière viticole veut répondre aux besoins viticoles : les plantations de vignes mères sont en croissance, 3.713 ha : 2.203 ha de vignes mères de porte-greffe et 1.509 ha de vignes mères de greffons.

« Professionnalisation symbolise notre implication et nos avancées, la pépinière viticole avance mais nous devons aller encore au-delà », rappelle à l’envie David Amblevert.

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