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Les bilans s'allègent pour la campagne Céréales 2017/18

FranceAgriMer a revu à la hausse les expéditions de blés, d’orges et de maïs vers les pays de l’Union européenne.

Lors de son conseil spécialisé de la filière céréalière du 11 octobre, FranceAgriMer a révisé à la baisse son estimation de collecte de blé tendre en 2017 à 33,34 millions de tonnes (- 108 000 t par rapport aux prévisions de mi-septembre). Les expéditions vers les pays de l’Union européenne (UE) pourraient atteindre 8 Mt au lieu 7,8 Mt attendus le mois dernier et 6,3 Mt la campagne passée. Comme au mois de septembre, l’organisme public affiche pour la fin de campagne des exportations de 10,2 Mt vers les pays tiers. Olivia Le Lamer, adjointe au chef de l’unité « grains et sucre » chez FranceAgriMer, admet toutefois que cet objectif sera atteint « sous réserve de gagner en compétitivité face aux origines mer Noire, disponibles en quantité et à bas prix sur le marché mondial ». 

Débouché farine en perte de vitesse

Sur la base des statistiques douanières des mois de juillet et d’août et d’estimations d’embarquements pour le mois de septembre, les expéditions vers les pays tiers étaient en hausse de 13 % par rapport à l’an passé à la même date, emmenées par l’Algérie. FranceAgriMer table toujours sur des utilisations par les fabricants d’aliments du bétail français autour de 5,3 Mt (contre 5,4 Mt en 2016/17). Les débouchés sur le marché intérieur français ne devraient guère varier par rapport à l’an dernier (9,2 Mt contre 9,1 Mt), notamment dans le secteur de l’alimentation humaine (meunerie, boulangerie, biscotterie), « secteur mature où la demande est peu élastique », souligne Olivia le Lamer. A noter que le débouché « farine » vers les pays tiers est prévu en diminution en un mois de 80 000 t à 170 000 t. « La trajectoire baissière observée depuis quelques campagnes a tendance à s’amplifier », explique Olivia le Lamer. Au final, le stock de report présent sur le marché est estimé en fin de campagne à 3,18 Mt, soit plus que la moyenne quinquennale (2,9 Mt) mais en retrait de 229 000 t par rapport à l’estimation de mi-septembre. Pour le blé dur, FranceAgriMer prévoit désormais un stock de report de 187 000 t (- 68 000 t par rapport à la l’estimation du mois de septembre). Les exportations à destination de nos voisins européens ont été majorées de 150 000 t à 1,05 Mt t et alors que celles vers les pays tiers ont été minorées de 50 000 t à 350 000 t. L’utilisation de blé dur par les semouliers français, débouché stable depuis plusieurs années, est maintenue à 460 000 t.

L’Espagne aux achats

Après trois mois de campagne, les exportations d’orge vers les pays tiers étaient en retrait d’un tiers par rapport à l’an passé du fait de la chute des volumes embarqués vers la Chine et à un degré moindre du Maroc. Seule l’Arabie Saoudite enregistre une progression (178 312 t contre 59 233 t). En raison de ce début de campagne poussif, les exportations vers les pays tiers ont été revues à la baisse de 200 000 t à 3,3 Mt, ce qui reste un niveau élevé, jamais atteint depuis la campagne 2013/14. Comme pour le blé tendre et le blé dur, les exportations vers les pays de l’UE ont été revalorisées en un mois (+25 000 t à 3,3 Mt). L’Espagne qui a souffert cette année de la sécheresse est aux achats. FranceAgriMer n’a pas modifié ses prévisions d’utilisation par les fabricants d’aliments du bétail (1,3 Mt). On s’orienterait vers un stock de report d’orges présent sur le marché de 997 000 Mt, en dessous de la moyenne quinquennale (1,18 Mt). Alors que les récoltes avancent très vite dans l’hexagone en cette mi-octobre, les prévisions de FranceAgriMer laissent entrevoir un stock de report de maïs de 2,35 Mt, sensiblement au niveau moyen des cinq dernières campagnes (2,45 Mt). Les utilisations dans l’alimentation animale sont reconduites à 2,6 Mt. Les livraisons vers l’UE progresseraient en un mois de 578 000 t à 4,78 Mt alors que les exportations vers les pays tiers se stabiliseraient à 150 000 t. Pour Olivia Le Lamer, ce bilan est toutefois à prendre avec précaution. « D’une part, rappelle-t-elle, les conditions météos peuvent encore affecter les rendements qui s’annoncent aujourd’hui prometteurs sauf dans les zones ayant souffert de sécheresse ou de restriction d’eau, d’autre part, il est difficile de connaître le pourcentage de maïs grains qui pourraient être transformés en ensilage ou conservés humides ».

Semis de blé et d’orge en avance

« Les semis de blés et d’orge progressent rapidement et dans de très bonnes conditions », a indiqué le 11 octobre Catherine Cauchard, chargée du suivi de Céré’Obs de FranceAgriMer, suite au conseil spécialisé céréales de l’organisme public. Au 2 octobre, les emblavements étaient réalisés à hauteur de 8 % pour le blé tendre (à comparer à 5 % l’an passé à la même date) et de 14 % pour les orges (contre 8 % l’an passé). Rémi Haquin, président du conseil spécialisé de la filière céréalière de FranceAgriMer, pronostique une stabilité des surfaces semées en céréales : « A 100 000 ha près, on tournera autour de 5 millions d’hectares (Mha) pour le blé tendre et de 1,9 Mha pour l’orge ». C’est au mois de décembre que le Ministère de l’Agriculture communiquera le total des surfaces consacrées aux céréales d’hiver en 2017/18.

38 Mt de blé : la deuxième plus grosse récolte du siècle

La note de conjoncture du ministère de l’Agriculture, « Agreste », parue le 10 octobre met à jour les estimations de production des diverses grandes cultures au 1er octobre. D’une manière générale ces nouveaux chiffres confirment ou augmentent les déjà très bonnes estimations de septembre, à travers une révision positive des rendements. Ainsi, la production de blé tendre est révisée en hausse de quelque 150 000 t, à 37,94 Mt, soit 6,4 % de plus que la moyenne quinquennale, grâce au fort rendement moyen de 73,6 qx/ha ; si le chiffre se confirme ou augmente, ce qui est plausible, il s’agira de la 2ème plus grosse récolte du siècle après le record de 2014/2015 : 40,4 Mt. Le très satisfaisant rendement du blé dur, cette campagne, est porté à 56,7 qx/ha, pour une récolte de 2,16 Mt, 18 % au-dessus de la moyenne quinquennale. Les estimations sont pratiquement reconduites pour l’orge dont la récolte (hiver et printemps) est jugée à 12,23 Mt. La récolte de maïs grains (hors semence) passe de 12,75 Mt prévues en septembre à 13,05 Mt, alors que celle de maïs fourrage est revue en hausse de 200 000 t, à 17,49 Mt. La note du ministère confirme l’excellent rendement du colza, le passant de 37,5 à 37,7 qx/h pour une production portée à 5,1 Mt, très proche du record de 2009 (55,6 Mt) ; c’est 8,4 % de mieux que la dernière moyenne quinquennale. La production de tournesol, bien qu’en hausse de près de 10 % sur l’an dernier, reste encore en retrait de 8,8 % sur la moyenne 2012/2016. Le soja ne représente que 142 000 ha, très localisés, mais sa production atteint, selon Agreste, 404 000 t, en hausse de 80 % en 5 ans. La production de pois protéagineux a été relevée de 20 000 t par rapport à septembre, pour atteindre 766 000 t, en hausse de l’ordre de 38 % sur 2016 et sur la moyenne quinquennale. Malgré un redressement de 3 % sur l’an dernier, la récolte de féveroles reste de 18 % inférieure à la moyenne quinquennale. La récolte de betteraves sucrières progresserait de 21 % sur 2016 et sur la moyenne 2012/2016. L’estimation de récolte de pommes de terre de conservation est portée à 6,22 Mt, en hausse de 19,5 % sur la dernière campagne et de 18 % sur la moyenne quinquennale, conséquence des surfaces élevées ; on note aussi une sensible hausse de la destination féculière : +18,8 % sur 2016 et +11,5 % sur la moyenne des cinq dernières années, avec 1,12 Mt.

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