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La section des éleveurs laitiers passe en revue l'actualité du secteur et reste vigilante

Depuis 2015 et la fin des quotas laitiers, les producteurs français sont dans le flou. Même les plus performants se posent des questions sur leur avenir. Au lendemain des annonces faites lors de la clôture du 1er chantier des Etats généraux de l’Alimentation (EGA), Stéphane Convert, président de la section des éleveurs laitiers de la FDSEA 71, revient sur la situation de la filière laitière en Saône-et-Loire.

Quel est le rôle de la section laitière de la FDSEA de Saône-et-Loire ?

Stéphane Convert : suite à la réforme de 2015, les sections départementales ont perdu la gestion des quotas. Aujourd’hui, le travail de la section est complémentaire de celui des OP. Elle accompagne ses adhérents par une veille économique avec une vision sur les prix du lait à l’échelle départementale et par une diffusion d'informations sur les thèmes liés à la réglementation et à l’environnement. Le travail de la section départementale s’inscrit dans celui du réseau régional et national. Pour peser face aux grands groupes industriels, le national a besoin de l’échelon local.

 

Quelles sont vos réactions suite aux annonces qui font suite à la clôture du 1er chantier des EGA ?

S. C. : ces Etats généraux de l'Alimentation ne sont pas tombés du ciel ! Face à la crise de l’élevage, la profession a manifesté de nombreuses fois en 2015 et 2016. Ces manifestations ont fait monter la pression. Nous n’avons pas perdu notre temps en nous mobilisant : si rien n’avait été fait, ces EGA n’auraient pas même eu lieu.

Depuis son élection, force est de constater qu'Emmanuuel Macron a fait beaucoup d’annonces en faveurs des éleveurs : intégration des coûts de production dans la détermination des prix, un plan de 5 milliards d’€ sur cinq ans pour plus de compétitivité, pas de sur-transposition sur les normes européennes. Le diagnostic est plutôt bon, reste à mettre concrètement en application ces annonces. Nous attendons donc maintenant des actes.

Les éleveurs sauront encore patienter quelques mois, mais si d’ici la fin du printemps 2018, si ceux-ci n’observent pas de résultats concrets, ils sauront se mobiliser à nouveau pour faire entendre leur voix.

 

Quelle est la situation de la filière lait en Saône-et-Loire ?

S. C. : face aux difficultés liées à notre métier, le nombre de producteurs diminue. Dans le même temps, le litrage produit à l’échelle du département se maintient. Il existe au niveau du département une réelle volonté de continuer à produire du lait. Suite à la fusion des régions, la production laitière est devenue la quatrième production agricole de Bourgogne Franche-Comté derrière la viticulture, l’élevage allaitant et les grandes cultures. Avec une véritable tradition fromagère à l’échelle de la région, la position de la filière laitière s'en trouve renforcée.

 

La filière départementale est-elle bien structurée ?

S. C. : en Saône-et-Loire, il n’y a pas encore d’organisation de producteurs commerciale (OPC). Les OP non commerciales vont donc devoir se poser les bonnes questions. D’autant plus que le président de la République a annoncé qu’il était nécessaire de « professionnaliser ces organisations de producteurs commerciales pour qu’elles puissent collectivement fixer les prix et les volumes ». Et l’évolution des OPNC vers de OPC sera encouragée par le « conditionnement de certains dispositifs d’aides à la taille des OPC ».

 

Que pensez-vous de l’arrivée d’un nouvel opérateur dans le département ?

S. C. : effectivement, l’ULM (Union laitière de la Meuse) collecte du lait à Sainte-Marie-la-Blanche depuis ce printemps, et concerne donc plusieurs producteurs de notre département et de Côte-d'Or. Il est important de conserver différents collecteurs sur le département, pour maintenir une certaine concurrence et un rapport de force plus équilibré entre producteurs et collecteurs. L’arrivée de nouveaux collecteurs permet à ce titre de redynamiser la filière locale et d’offrir des perspective d’avenir nouvelles aux éleveurs.

Historiquement, la Saône-et-Loire est rattachée au bassin de production laitier Sud Est, il se pourrait qu’à l’avenir elle se rapproche progressivement au bassin Grand Est.

 

Quelles conséquences du nouveau zonage Zones vulnérables sur les éleveurs laitiers ?

S. C. : la FDSEA s’est beaucoup impliquée dans les concertations qui ont eu lieu au niveau départemental dans le cadre du nouveau zonage des zones vulnérables. Ce nouveau zonage a permis à 104 communes de sortir du zonage. Cependant, 17 nouvelles communes sont concernées, et à ce titre de nombreuses exploitation laitières. La mise au norme doit être subventionnées par la Région, via le PCEA, cependant nous nous interrogeons sur la capacité de l'actuel PCEA à pouvoir subventionner toutes les mises aux normes qui vont se faire sur 2017-2018…

Nous attendons beaucoup des pouvoirs publics dans la mise en application des mesures annoncées. L’intégration des coûts de production dans la détermination des prix sera une grande avancée pour la profession. Reste qu’à l’échelle individuelle, l’éleveur doit travailler sur ses propres coûts de production. La concurrence avec d’autres pays de l’Union européenne est forte, surtout avec ceux qui ont orienté leur système vers un mode de production à l’herbe peu coûteux. Notre métier garde du sens, à condition d’en vivre correctement.

Propos recueillis par Séverine Rémaque

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