Elevage Pratique

Pour l'ambiance des bâtiments bovins, il faut prendre en compte le changement climatique

La chaleur de l’été dernier confirme que les bâtiments d’élevage d’aujourd’hui doivent intégrer les changements climatiques. Pour les animaux qui passent toute l’année à l’intérieur, il faut prévoir une plus grande modularité des constructions afin d’apporter un confort aussi bien en hiver qu’en été.

Un exemple de filet brise-vent modulable selon les saisons, la température.

Dans un bâtiment d’élevage, une bonne ambiance est indispensable à la bonne santé des animaux. Elle est nécessaire à l’expression de leur potentiel de croissance et à leur production. Une bonne ambiance revient à assurer un renouvellement d’air suffisant pour le confort des bovins, en hiver et en été si les animaux y séjournent toute l’année. « La qualité de l’ambiance dépend de la température, de la vitesse d’air, des courants d’air, des volumes », explique Olivier Girard de la Chambre d’agriculture de Saône-et-Loire. Les besoins ne sont pas les mêmes pour les petits veaux et les adultes. Dans les grands bâtiments d’aujourd’hui, les volumes peuvent s’avérer problématiques pour les veaux. Et dans un bâtiment utilisé toute l’année, les impératifs d’ambiance et de vitesse d’air sont contradictoires entre l’hiver et l’été, fait remarquer le technicien.

L’ambiance d’un bâtiment doit être exempte d’humidité. Un bovin dont le poil est humide en hiver est plus sensible au froid et même aux courants électriques. En été, l’humidité ajoutée à la chaleur constitue un cocktail très dangereux pour les animaux. « L’absence d’humidité est le meilleur indicateur de la qualité du renouvellement d’air », synthétise Olivier Girard.

Les bâtiments doivent aujourd’hui être adaptés à un certain nombre d’évolutions. Les troupeaux ont grandi. Les animaux eux-mêmes augmentent en taille avec les progrès génétiques. Sous les grandes stabulations, l’effet cheminée qui assurait le renouvellement d’air autrefois n’est plus d’actualité, confie Olivier Girard. De fait, l’air ne parvient plus à remonter jusqu’au faîtage devenu trop haut. Il faut aussi compter avec des évènements climatiques plus violents et en particulier des épisodes de froid ou de chaud plus intenses. La notion de vent dominant n’a plus vraiment de sens aujourd’hui, révèle le technicien.

Savoir profiter des vents

Désormais pour assurer la ventilation, il faut savoir profiter du vent. D’où l’intérêt d’implanter les constructions sur des sites bien exposés, fait valoir Olivier Girard. Et il faut pouvoir ventiler sur les quatre faces. L’ancienne référence de 0,15 m2 par vache doit au moins être multipliée par deux. La ventilation naturelle peut être assurée par des parois ajourées, brise-vent, perforées… Il existe toute une gamme de matériaux « brise-vent » sur le marché et des guides pour choisir en connaissance de cause. Un bâtiment doit être ouvert toute l’année. Il faut de l’air sans courant d’air en hiver et de l’air avec du courant d’air en été. D’où la nécessité d’une modulation facile des ouvertures toute l’année, recommande-t-on

Avec des écarts climatiques croissants ; des bâtiments plus grands utilisés toute l’année, une ventilation estivale devient incontournable. « Avec le changement climatique, des études prévoient qu’en 2050, 50% du fourrage distribué le sera hors période hivernale », rapporte Olivier Girard. Les bovins adultes souffrent plus du chaud que du froid et les vaches n’ont pas la capacité à transpirer. Pour lutter contre la chaleur, elles n’ont d’autre solution que de respirer plus vite et à partir de 30 – 35 degrés, les vaches entrent en souffrance. La chaleur a alors des impacts au niveau ruminal, sur la qualité du lait, sur leur santé… La production s’en ressent.

Protéger du rayonnement solaire

Tandis qu’en hiver, les animaux ont besoin d’un maximum de lumière dans le bâtiment, en été, c’est l’inverse, il faut les protéger du rayonnement solaire. « Pour lutter contre la chaleur, il faut réduire la lumière issue des translucides en toiture tout en provoquant des courants d’air rapides afin de leur procurer une sensation de fraicheur », explique Olivier Girard. Les bâtiments doivent disposer d’ouvertures les plus modulables possibles, donnant la possibilité d’ouvrir davantage en été. On se dirige vers des parois amovibles : translucides coulissant, rideaux de type bâches enroulables. Motorisés, ces équipements peuvent être gérés automatiquement grâce à un pilotage relié à un anémomètre et à la température. Idéalement, il faudrait que le pilotage intègre des critères supplémentaires, fait remarquer le technicien. Brasseurs d’air, brumisation…

La ventilation peut être améliorée par des brasseurs d’air notamment en rénovation où l’ajout d’une ventilation mécanique (brasseurs) permet de corriger un manque de courant d’air estival. Il en existe à flux horizontal ou vertical. Ils assurent un bon courant d’air mais il faut être vigilant lors de l’achat sur les consommations électriques et les niveaux sonores des différents modèles, indique Olivier Girard. Les brasseurs d’air doivent être déclenchés suffisamment tôt dans la saison.

La brumisation est une autre solution pour abaisser la température de quelques degrés. Son inconvénient est le risque d’humidifier à l’excès l’atmosphère du bâtiment, pointe le technicien.

L’intérêt d’une bonne ventilation estivale n’est valable que si les autres aspects du bâtiment sont maîtrisés aussi, notamment l’accès à l’eau, met en garde Olivier Girard. Il ne faut pas négliger non plus l’ambiance des aires d’attente et des salles de traite.

Ces aménagements pour lutter contre la chaleur peuvent être subventionnés et il est donc recommandé de les inclure dans un projet de construction, conclut Olivier Girard.

Principe de la ventilation dynamique

La ventilation dynamique convient pour un bâtiment étanche sous lequel on cherche à calfeutrer les animaux (nurserie par exemple). On fait entrer l’air là où on veut (par une entrée d’air protégée) et on le fait ressortir mécaniquement (par la cheminée par exemple). La régulation peut alors être liée à la température. Si l’air est trop chaud, alors la ventilation augmente et inversement si l’air est trop froid, alors elle diminue. Pour l’heure, la ventilation dynamique n’est régulée qu’à partir du critère température alors qu’il conviendrait d’intégrer aussi l’humidité, le taux d’ammoniac ou de CO2, fait remarquer Olivier Girard.

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