Culture Economie

Belle performance du blé français à l’export

Les embarquements cumulés vers les pays tiers devraient s’approcher en fin de campagne 2018/19 du seuil symbolique des 10 millions de tonnes.

A deux mois de la fin de la campagne commerciale céréalière 2018/19, le blé tendre français confirme ses bonnes performances à l’export alors que les disponibilités des pays de la Mer noire se font plus rares. Dans son bilan mensuel établi le 15 mai, FranceAgriMer a relevé de 50 000 tonnes (t) à 9,75 millions de t (Mt) ses prévisions de vente vers les pays tiers. Il faut dire que les exportations hors pays de l’Union européenne (UE) se sont accélérées sur les mois de mars et avril, avec des embarquements mensuels respectifs de 1,52 Mt et 1,41 Mt. Au 13 mai, les embarquements cumulés vers les pays tiers s’élevaient à 8,97 Mt, en hausse de près de 30 % par rapport à la campagne précédente à la même date.

La Russie en embuscade

Avec 54 % des achats, l’Algérie reste notre premier client, devant le Maroc (15 %) et l’Afrique subsaharienne (14 %). La compétitivité renforcée du blé français est illustrée par les achats en seconde partie de campagne de l’Egypte, via son organisme public, le Gasc, à hauteur de 499 330 t. La France était à la mi-avril le quatrième fournisseur du Caire derrière l’Ukraine (535 000 t), la Roumanie (1,26 Mt) et la Russie (3,79 Mt). La prochaine campagne de commercialisation vers les pays tiers s’annonce à la fois prometteuse et … concurrentielle. L’Algérie aurait acheté environ 500 000 t de blé pour chargement en juillet. L’origine France devrait avoir été retenue majoritairement au regard des prix pratiqués. Mais la Russie est d’ores et déjà en embuscade. En février, l’agence sanitaire russe Rosselkoznador a expédié un volume de 21 t de blé en Algérie pour des analyses. « Les résultats ne sont, pour l’heure, pas connus », précise Marc Zribi, chef de l’unité « grains et sucre » de FranceAgriMer. L’inquiétude est de mise pour les prochains mois. « Sauf accident climatique, la Russie devrait engranger une très bonne récolte en 2019/20, comprise selon les sources entre 79 et 83 Mt et sera en capacité d’alimenter l’Algérie », commente Marc Zribi.

Stock de blé allégé

FranceAgrimer n’a en revanche pas modifié ses prévisions de ventes vers l’UE (environ 7,42 Mt). Principales destinations du blé français : la Belgique suivie des Pays-Bas, de l’Espagne, de l’Italie et du Portugal. Sur le marché intérieur, les estimations du mois d’avril ont été également reconduites. Deux postes du bilan ont été revus à la baisse : la collecte qui recule de 52 000 t à 31,13 Mt et les importations, minorées de 10 000 t à 320 000 t. Au final, le stock de report du blé tendre s’allégerait de 105 000 t à 2,29 Mt, niveau inférieur de 612 000 t à la moyenne quinquennale. Pour le blé dur, FranceAgriMer prévoit un stock de fin de campagne pratiquement stable d’un mois sur l’autre à 176 000 t. La collecte a été corrigée à la hausse de 17 000 t à 1,72 Mt. Les utilisations par les Fab ont été portées à 65 000 t (+5 000 t). Si les prévisions d’exportations vers nos voisins européens ont été revalorisées de 80 000 t à 980 000 t, les expéditions vers les pays tiers ont été à l’inverse ajustées à la baisse de 10 % à 200 000 t.

Forte progression des importations de maïs

Côté orges, FranceAgriMer a également majoré ses prévisions de ventes vers l’UE à 3,55 Mt (+ 145 000 t par rapport au mois dernier). Les objectifs d’exportation vers les pays tiers ont été abaissés de 100 000 t à 2,5 Mt. Après 10 mois de campagne, les ventes avaient régressé de 4 % par rapport à la campagne 2017/18 à 2,08 Mt. L’Arabie saoudite pèse pour 34 % des exportations françaises. La Chine est notre deuxième acheteur (26 %). La Tunisie (10 %) complète le podium. A noter, des exportations vers le Qatar sur le mois d’avril. Concernant les autres postes du bilan orge, FranceAgriMer n’a modifié en un mois que la collecte (- 24 000 t à 9,39 Mt). Le stock de fin de campagne, en repli en un mois de 69 000 t à 1,63 Mt, se situerait au-dessus de la moyenne quinquennale (+ 395 000 t). Le stock français de maïs en fin de campagne pourrait, quant à lui, grossir de 142 000 t à 2,7 Mt, au-dessus (+208 000 t) du niveau moyen des cinq dernières campagnes. FranceAgriMer a revalorisé la collecte de 65 000 t à 10,78 Mt et, surtout, les importations, désormais estimées à 950 000 t (+ 150 000 t). Cette progression touche l’ensemble des pays de l’UE. « Cela s’explique par la meilleure compétitivité du maïs par rapport au blé et à l’orge et à la très forte demande en alimentation animale en 2018/19 », fait observer Marc Zribi.

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