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Où exporter demain (ou pas) vos vins de Bourgogne ?

Lors du dernier Vinosphère à Beaune, le BIVB a rappelé l’importance du commerce international pour les vins de Bourgogne. La croissance des débouchés exports ne faiblit pas. Brexit, Trump : quelles conséquences ? Les Douanes ont également analysé les conséquences des futurs accords de libre-échange, notamment ceux signés avec le Japon et le Canada. Les droits de Douanes vont baisser sur ces deux pays, déjà grands amateurs de vins de Bourgogne. Aux vignerons de bien en profiter…

De 1969 à 2017, la production de vins de Bourgogne a augmenté de + 100 %. Les débouchés exports ont connu la même croissance, « très importante », expliquait Philippe Longepierre, responsable du Pôle Marchés au BIVB. En 1954, les parts des exportations de la Bourgogne aux USA, Royaume Uni, Japon et Canada représentaient seulement 14 % du total des volumes exports Bourgogne. En 1971, à la veille du premier choc pétrolier et crise du dollar, les exportations dans ces pays atteignent plus de 40 % des volumes. Et en 2017, cette part atteint 60 % des vins exportés de la Bourgogne ! Ces marchés sont très importants pour la Bourgogne

De la Direction régionale des Douanes, Clément Delagrange se tient au service des entreprises souhaitant exporter. « Le pôle action économique ne fait pas de contrôle. On est les gentils tout plein », plaisantait-il pour bien faire comprendre son rôle de conseiller.

Mais avant de regarder les opportunités en matière d’exports, il faut être conscient des menaces qui pèsent toujours en matière de commerce international. Une façon de dire qu’il ne faut pas dépendre d’un seul pays où ne pas mettre tous ces œufs dans le même panier.

Brexit en 2020

Deuxième marché export de la Bourgogne, le Royaume-Uni est en cours de divorce avec l’Europe (Brexit). « Il n’y a pas eu d’effet jusque là car ils sont toujours dans l’Union Européenne », insistait-il bien. Au 30 mars prochain par contre, la « phase deux » du divorce va intervenir. « On ne sera plus en couple mais on restera amis pour continuer de commercer ensemble ». Le Royaume-Uni sera alors classé en pays tiers. Du coup, « il y aura une frontière. Ce sera plus compliqué ». Une « phase transitoire » prendra alors place. L’Union européenne ne veut pas qu’elle dure au-delà de 2020. Les négociations s’annoncent dures. Les effets du Brexit commenceront réellement après. Dans la réalité, les opérateurs risquent de les anticiper comme d’habitude. Qu’en aux ventes par correspondances, via un site Internet par exemple, paradoxalement, « ce sera plus facile quand ils seront sortis », prédit déjà Clément Delagrange avant de glisser une pique sur un chantier encore plus complexe, « car la fiscalité n’est toujours pas harmonisée en Europe »…

Trumpisme favorable

Côté Etats-Unis d’Amérique, le marché des vins est là-bas « très réglementé ». Faut-il craindre le "nouveau" protectionnisme de Trump ? Pas vraiment. Au contraire pour les vins, la nouvelle réforme fiscale, votée, a pour avantage de réduire les accises sur les boissons alcoolisées. En résumé, un mécanisme dégressif « intéressant » s’appliquera proportionnellement au volume de production. Par exemple, pour les années 2018 et 2019, le taux d’accise sur un vin tranquille (<14°) pour les 36.800 premiers hectolitres tombera à 0,02 $/l, contre 0,28 $/l actuellement (-94 %). « Pour bénéficier de cette baisse de la fiscalité sur les alcools, il faudra s’enregistrer (auprès de la TTB/FDA). Pour cela, débutez tôt vos démarches de certification », notamment d’Opérateur économique agréé, conseille Clément Delagrange qui se tient à disposition (pae-bourgogne@douane.finances.gouv.fr).

Canada et Japon à 0%

Très médiatisés, les accords de libre-échange sont régulièrement décrient comme "mauvais" pour l’économie de tel ou tel secteur. Les Douanes revenait donc sur deux accords « qui vont plus loin que les règles de l’OMC » entre l’Europe : avec le Canada et avec le Japon. En résumé, depuis 2017, les droits de Douanes des vins de Bourgogne exportés au Canada vont passer en moyenne de 10 % à 0 %. « Soit 10 % en moins sur le prix à l’arrivée » pour le client canadien. Les frais de service (distribution, commercialisation…) là-bas seront modifiés de sorte à être basés sur les volumes et non plus sur la valeur. « Cela doit vous donner un avantage comparatif ». Enfin, le Canada s’engage à limiter les pratiques « discriminatoires » dans ses épiceries dans l’Ontario et Colombie britannique. « Par contre, il vous faut certifier de l’origine du produit et avoir un statut d’exportateur enregistré qui sera exigé par la SAQ (Société des alcools du Québec) », conseille-t-il. En pratique, un accès « complet » à Pro-Douane est nécessaire et doit être demandé au Pôle accompagnement des entreprises.

Au Japon, lorsque le traité de libre-échange sera signé, probablement en 2018 ou 2019, les droits de douanes seront également supprimés, passant de 15 % à 0 %. Un travail sur les additifs - présents dans les vins - est actuellement encore en cours.

Mais là encore, il s’agira d’une opportunité de conclure de nouvelles affaires. « Par contre, à chaque fois, si les vignerons ne s’intéressent pas à ce qui se passe une fois que le vin à passer leur portail, alors, ils ne verront peut-être rien changer à leurs factures… », concluait-il pour inviter à bien (re)négocier avec ses prestataires et importateurs.

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