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La ruralité se considère comme un réel potentiel de développement

C’est aux Bizots que s’est tenue, le 14 octobre, l’assemblée générale de l’Union des maires des communes rurales de Saône-et-Loire. Avec, comme thème de la matinée, "Le déclin rural : c’est fini !.... La startup est dans le pré".

Les maires sont confrontées à bon nombre de défis pour offrir un cadre de vie apprécié par leurs concitoyens et les entrepreneurs.

Président de l'Union des maires des communes rurales de Saône-et-Loire (UMCR 71) qui compte 330 adhérents, Jean-François Farenc a profité du début de matinée pour présenter son rapport moral. Il a notamment dit regretter le nouveau processus de délivrance de la carte d’identité, très mal vécu par les maires ruraux. Il est ainsi à la tête du combat de l’UMCR 71 auprès de l’Etat pour le retour de la remise des cartes d’identité dans les communes. Et de souhaiter que soit réexaminée cette procédure.

Quant au schéma de coopération intercommunale, le président a rappelé que, parmi les dix-neuf intercommunalités de tailles différentes qui existent en Saône-et-Loire, il y a des fonctionnements très variables. Si cela se passe bien dans certains cas, certains maires ruraux se sentent plus ou moins exclus dans ce qu’ils ressentent comme une simple chambre d’enregistrement. Enfin, Jean-François Farenc a affirmé qu’il était peu, voire pas convaincu du tout, par certains transferts de compétences voulus par l’Etat. Il aimerait que cela soit optionnel pour ce qui concerne l’eau et l’assainissement.

Mobilité cruciale

La matinée s’est poursuivie par une table-ronde. L’occasion d’aborder la dynamique du développement économique en milieu rural. Lors de son intervention, Michel Suchaut, président de la chambre de Commerce et d’Industrie de Saône-et-Loire, a précisé que sur les 20.300 entreprises inscrites au registre du commerce, près de 9.000 sont installées dans des communes de moins de 2.000 habitants, ce qui représente tout de même 25 % de l’emploi. En 2016, sur 2.000 créations d’entreprises, 800 l’ont été dans ces mêmes communes de moins de 2.000 habitants.

« L’économie territoriale est complémentaire de l’économie planétaire. La transmission des entreprises et des commerces est au centre de la problématique des territoires. Pas seulement dans le monde rural ». Et de souligner que le problème de mobilité n’est pas le même en ville et à la campagne. « Il y a sans doute des mobilités à réinventer en milieu rural ».

Pour sa part, Jean-Marc Morin, maire de Montmelard, commune de 350 habitants, a précisé que dans le cadre de l’aménagement du territoire, il ne fallaitt pas disséminer les entreprises pour ne pas miter le territoire et avoir une réelle efficacité. L’implantation est réfléchie, sur une zone précise, entre plusieurs communes.

De son côté, Sylvain Chavy, maire de Saint-Martin-de-Commune, village de 125 âmes, a souligné que « ce qui tire l’économie, c’est avant tout une affaire de personnes. Nous avons beaucoup d’espoirs dans la ruralité et nous raisonnons au niveau de l’intercommunalité. Quant à un monde rural sans voiture, nous n’y sommes pas encore ».

Demande de produits locaux

Directeur de la coopérative Bourgogne du Sud, Michel Duvernois a affirmé que « nous ne sommes pas dans un schéma monolithique. Nous sommes écartelés entre besoin de proximité et mondialisation. La mondialisation amène à la financiarisation du foncier agricole. Chaque année, pour la coopérative, ce sont 500 hectares qui sont urbanisées donc perdus. Il est crucial de favoriser la diversification des exploitations mais on ne va pas dans ce sens là. Je rappellerais une loi découverte au XIXe siècle : 1 %  de l’excès de l’offre entraîne 15 % de baisse du prix ! Les élus sont fondamentaux pour le maintien de la vitalité de la ruralité ».

Premier vice-président de l’Association des maires ruraux de France, Michel Fournier faisait remarquer que « la ruralité est différente d’un département à l’autre. Dans la ruralité, il n’y pas seulement les agriculteurs. Il y a des personnes qui ont notamment des comportements urbains. On ne peut envisager de vivre dans le milieu rural sans au moins un permis de conduire et une voiture. Il faut aussi que le très haut débit soit partout, c’est la base ».

Enfin, Laurent Hubert, créateur de la startup Au Poil située en milieu rural, a évoqué son parcours, lui qui est implanté à Buxy. « Nous avons eu une vraie surprise en nous rendant compte qu’il y avait une réelle demande de nos produits de la part des consommateurs locaux ».

De quoi remonter le moral des maires ruraux mais aussi celui de tous les habitants d'une ruralité qui se sent mal considérée, et cela depuis trop longtemps.

 

 

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