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A Bourg-le-Comte, Rémy Bajard a fait le choix de la production ovine, sans regret

En reprenant l’exploitation familiale, Rémy Bajard a fait le choix de se spécialiser dans la production ovine avec 600 brebis, dont une majorité en race romane. Dans sa cinquième année d’activité, le jeune éleveur constate que ses résultats sont à la hauteur de ses espérances.

Installé en 2014, Rémy Bajard conduit seul une troupe ovine de 450 romanes, 100 charollaises et 50 sufolks.

Âgé de 28 ans, Rémy Bajard est installé depuis janvier 2014 à Bourg-le-Comte, près de Marcigny. Après quelques années de salariat agricole, Rémy a repris l’exploitation de son père. Dans une région dominée par les bovins charolais, l’exploitation familiale était déjà atypique avec une troupe de 200 brebis et un atelier de porcs à l’engraissement en plus d’une dizaine de vaches. A son installation, Rémy a cessé les porcs et les bovins pour se spécialiser dans les ovins.

Reprenant les moutons charollais et les sufolks de son père, Rémy y a ajouté 450 brebis romanes pour un total de 600 brebis aujourd’hui. La production des cinquante brebis sufolks est valorisée essentiellement en reproducteurs. Quand aux brebis romanes et charollaises, elles produisent des agneaux de boucherie commercialisés auprès de Terre d’Ovins, pour la plupart en Label rouge Pays d’Oc et tués à Castres.

Des romanes prolifiques…

Rémy a opté pour la race romane pour sa prolificité. Croisée avec des béliers charollais ou sufolk, elle donne jusqu’à trois agneaux et plus avec un taux de prolificité proche de 2,5 pour un nombre d’agneaux vendus par brebis supérieur ou égal à deux, fait valoir le jeune éleveur. En dépit d’un écart de prix de 20 à 30 centimes du kilo en faveur de races plus bouchères, la prolificité supérieure de la romane et sa possibilité de produire des agneaux dessaisonnés lui confèrent une meilleure productivité doublée d’une meilleure rentabilité, révèle Rémy.

La moitié des romanes mettent bas en janvier et les autres en août-septembre. Le désaisonnement se fait naturellement, sans traitement hormonal, ni éponge, ni traitement lumineux. Les charollaises et les sufolks agnèlent, quant à elles, en février-mars, d’où un bon étalement des mises bas dans l’année.

Mais une race technique

Si, de par sa prolificité, les kilos de viande produits par brebis sont au rendez-vous, la romane n’en demeure pas moins une race très technique, avoue Rémy. Lors des agnelages, la gestion des nombreux triplés n’est pas une mince affaire. La surveillance est exigeante.

Les agneaux naissent et sont engraissés en bergerie. Sevrés vers 70 jours, ils sont abattus entre 90 et 110 jours pour un poids de carcasse de 16,5-17 kg pour les femelles et 19 kg pour les mâles, rapporte l’éleveur.

Sur les 115 hectares de l’exploitation, Rémy cultive trente hectares de blé, maïs grain, triticale et avoine. Ces céréales auto-produites et stockées à la ferme - dont du maïs grain humide - sont intégrées dans la ration des brebis et des agneaux à l’engrais. Elles permettent une économie sur le poste Aliments de 100 €/tonne, calcule le jeune éleveur.

Une complémentation "maison"

Les brebis pâturent huit mois de l’année. Rentrées en hiver, elles reçoivent du foin à volonté complété par une ration "maison" faite de céréales et de tourteaux. De six semaines à quatre semaines avant agnelage, la complémentation s’élève à 300 grammes par brebis. De 4 à 2 semaines, elles en reçoivent 600 grammes. Pendant les deux semaines précédant la mise bas, la ration passe à 900 gramme et après agnelage, les brebis suitées en reçoivent 1,2 kg.

Alors que son élevage vit sa cinquième année d’existence, les résultats de Rémy sont à la hauteur de son prévisionnel et même meilleurs que prévu, confie-t-il. Les cours des agneaux ont tenu leurs promesses et les résultats techniques de l’élevage sont un peu supérieurs aux objectifs. Un bon bilan que Rémy tient cependant à tempérer par la charge de travail que demande une telle troupe ovine : surveillance, nombreuses manipulations, traitements…

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