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Sortir les animaux pour la mise à l'herbe ? Oui, mais cela se prépare !

Une bonne préparation de la reprise l’herbe passe avant tout par la réflexion sur le parcellaire, plutôt que par l’intervention mécanique.

La mise à l'herbe et ses habituels "débordements" d'énergie !

Comment préparer au mieux les prairies avant l’arrivée du troupeau ? On entend souvent parler de l’ébousage. C’est une opération qu’il faut effectuer en fin de saison, car les bouses - qui se dégradent lentement pendant l’hiver - sont responsables de la formation de vides qui permettent la prolifération de diverses adventices.

Le nettoyage a pour but d’harmoniser la pousse et éviter l’effet touffe. « Cette une intervention qui se prévoit après le passage des bêtes et ne peut pas être réalisée seulement quelques jours avant la sortie du troupeau », rappelle Anne Blondel, encadrant technique Acsel Conseil Elevage 01/71.

L’entretien mécanique en question

Autre intervention souvent évoquée, le hersage des prairies. « Cette opération peut permettre d’éliminer les vieilles herbes, principalement en zone de montagne, indique Anne Blondel. Cela permet d’étaler les mottes de terre résultant du travail des campagnols. Au-delà de cela, l’intérêt agronomique de cette pratique n’est pas vraiment prouvé ».

Effectivement, plusieurs essais pluriannuels* ont mesuré l’efficacité de l’entretien mécanique des prairies. Résultats, les trois études s’accordent à dire que « les effets ne sont pas significatifs sur la valeur alimentaire du foin, ni sur l’indice de nutrition. Côté rendements, ils sont au mieux égaux, voire inférieurs (jusqu’à 30 % en moins pour les interventions les plus agressives) par rapport au témoin non travaillé ». Il est enfin précisé que le hersage n’a pas d’intérêt dans un usage systématique, mais doit plutôt être réservé à quelques cas particuliers : un besoin réel de décompactage, le nivellement après l’hivernage d’un troupeau sur la parcelle, la présence développée de mousses… Ces passages qui peuvent avoir créé des trous devront être suivis d’un sursemis pour éviter l’envahissement par les adventices.

Prévoir les rotations

Pour Anne Blondel, une bonne préparation passe avant tout par la vérification des clôtures, l’entretien des chemins d’accès, l’aménagement de lieux d’abreuvement propres et sains. La priorité doit porter sur la gestion des parcelles.

Sur les parcelles que l’on veut mettre en avant, il est important d’effectuer un amendement sur unes ou deux parcelles, pas trop non plus pour ne pas être débordé par la pousse et en respectant bien les apports d’azote (30 unités). Il faut se poser les bonnes questions : quel est le nombre de vaches qui va pâturer ? Est-ce qu’on divise ou bien on regroupe le troupeau ? À partir de là, il faut organiser le découpage des parcelles, prévoir la rotation, faire des simulations et envisager des solutions avec soit l’ajout de parcelles supplémentaires, soit le partage en plus petites pâtures.

Cette dernière option est semble-t-il la tendance actuelle. On privilégie les parcelles à la journée. Il est bien évident qu’il faut anticiper toutes ces éventualités en termes d’aménagements des chemins, des entrées et des lieux d’abreuvement.

M. B.

* Essai conduit par les chambres d’agriculture des Pays de Loire de 2002 à 2004
Essai conduit de 2003 à 2006 dans le Massif central (Inra, chambre d’agriculture, Institut de l’élevage)
Essai conduit par Arvalis - Institut du végétal, en Lorraine, 2007 à 2011
Pour plus de détails www.arvalis-infos.fr /système fourrager, faut-il aérer ses prairies ?

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