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Paysage stable sur fond de participation en berne

La liste FNSEA-JA a consolidé sa majorité absolue avec un peu plus de 54,91 % des suffrages exprimés (contre 53,39 % en 2013), devant la Coordination rurale qui reculerait légèrement à 20.57 % (21,12 % en 2013) presque à égalité avec la Confédération paysanne à 19,56 % (19,66 % en 2013). Une stabilité étonnante compte tenu de la forte baisse de la participation, qui chuterait pour le second scrutin consécutif, à 45,69 % (contre 54,34 % en 2013). 35 ans après l’ouverture au pluralisme, le paysage du syndicalisme agricole paraît stabilisé.

On peut dessiner les résultats de ce scrutin à deux grands traits : la participation est en baisse et le paysage syndical agricole reste stable. Le syndicalisme majoritaire consolide sa majorité absolue devant deux concurrents qui représentent toujours chacun un peu moins de la moitié de la liste FNSEA-JA. Dans le détail, elle connaîtrait même un léger rebond pour atteindre 54,91 %, la Confédération paysanne reste stable à 19,56 % et la Coordination rurale recule très légèrement à 20,57 %. À quelques points près, les équilibres resteront inchangés.

Un constat étonnant au vu de la forte chute de la participation qui aurait pu rebattre les cartes. Elle atteind 45,69 %, en recul de près de 9 points par rapport à 2013. Pour le président de l’APCA (chambres d’agriculture), Claude Cochonneau, « il faut l’analyser, essayer de comprendre et y apporter des remèdes d’ici la prochaine élection en s’assurant que ce n’est qu’un accident de parcours ». Le président de l’APCA estime par ailleurs que la participation au précédent scrutin de 2013 (déjà en fort recul de 12 points par rapport à 2007) avait pu être portée par une conjoncture économique favorable en 2012.

Hypothèse des enjeux amoindris

Les travaux des chercheurs Serge Le Guen et Roger Cordellier, spécialistes du sujet, fournissent deux hypothèses d’explication : il peut résulter d’un affaiblissement de l’attrait du syndicalisme, pas seulement agricole. Il peut aussi être mis en relation avec la « stabilisation du paysage syndical », parachevé lors du scrutin de 2013. Serge Cordellier faisait notamment l’hypothèse qu’un paysage stable suscite un moindre intérêt à voter. Comme Serge Cordellier, Claude Cochonneau rappelle qu’il s’agit tout de même d’un score dans la moyenne d’autres élections professionnelles. La présidente de la FNSEA Christiane Lambert qualifie également le taux d'« honorable » compte tenu du « contexte actuel d’un pays chamboulé par les mouvements de toutes sortes ».

Moins de listes "dissidentes"

Pour la FNSEA et les JA, c’est une satisfaction. « Ceux qui voyaient les listes FNSEA/JA descendre en dessous de 50 % se sont trompés, a déclaré dès le 6 février, le président des Jeunes agriculteurs Jérémy Decerle. Nous remercions tout notre réseau ». Difficile d’analyser la légère progression de la FNSEA et des JA si elle se confirme. On peut d’ores et déjà dire que la reconquête de certaines chambres a été permise par une meilleure discipline que lors du précédent scrutin.

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