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Près de 100 quintaux par hectare de maïs mais des prix toujours aussi faibles

Aux meilleures récoltes qu’attendues dans l’hémisphère nord s’ajoutent l’exceptionnelle production brésilienne. Or, les stocks de report en début de campagne étaient, au niveau mondial, très élevés. 

En France, le rendement moyen national de maïs par hectare frôle les 100 quintaux. Après deux années 2015 et 2016 difficiles, c’est une bonne nouvelle pour les producteurs de maïs. 14,5 millions de tonnes seront vraisemblablement récoltées, soit 1 million de tonnes de plus qu’estimé au début de la saison. Néanmoins, pas de bonnes perspectives sur le front des prix. Ils se sont alignés tout au long de l’été sur les cours mondiaux en recul même si un différentiel de prix positif persiste. A 150 € le 27 octobre 2017 (marché à terme échéance novembre), la tonne de maïs vaut cependant vingt euros de moins par rapport au 14 juillet dernier. « Il ne faut pas espérer d’éclaircie significative avant le printemps prochain », défend Sébastien Poncelet, directeur du développement chez Agritel. Et elle sera conditionnée par une diminution de la production de maïs sur le continent américain. La survenue du prochain El Nino dans l’hémisphère sud, et au Brésil en particulier, est annonciatrice de sécheresse au printemps prochain (automne austral), lorsque les agriculteurs sèmeront en deuxième récolte leur maïs après avoir récolté leurs champs de soja.

Par ailleurs, les américains préfèreront produire encore davantage de soja plus rémunérateur que du maïs, pas rentable aux cours actuels. Aussi, les surfaces ensemencées en moins dans six mois constitueront un premier indicateur de volume pour la prochaine récolte 2018. Car même si leurs assurances les protègent des chutes des cours, ils n’ont aucun intérêt de vendre leur récolte à perte : 3,5 dollars le boisseau actuellement alors que leur seuil de rentabilité est de 4 dollars le boisseau environ. En conséquence, une fois leur surplus non stockable écoulé cet automne, ils vont conserver leur récolte à la ferme pendant plusieurs mois en attendant des prix meilleurs au printemps prochain.

Par ailleurs, l’industrie de l’alimentation animale pourrait profiter du maïs bon marché pour revoir ses formulations aux dépens du blé fourrager. Ce qui accroîtra la demande mondiale de maïs de quelques millions de tonnes.

En attendant, les marchés croulent sous des montagnes de céréales et de maïs en particulier. Au niveau mondial, les quantités disponibles sont aussi importantes que l’an passé à la même période (1.26 milliard de tonnes contre 1,28 milliard l’an passé selon le Conseil international des céréales). Cette année, le réajustement de la production à un niveau plus normal est compensé par des stocks de report de fin de campagne très importants. « Même si les Etats-Unis ne vont pas réitérer leurs performances de l’an passé, ils auront produit cette année 365 millions de tonnes (Mt) de maïs alors qu’étaient attendues 350 Mt il y a encore quelques semaines, explique Sébastien Poncelet. Pour sa part, le Brésil a engrangé en 2017, dix millions de tonnes de grains de plus que l’an passé et a frôlé le seuil de 100 Mt ». C’est le continent américain qui tient les rênes du marché cette année. Si bien que la moindre performance en Ukraine n’aura pas d’incidence sur le marché. Le pays récoltera trois millions de tonnes en moins que l’an passé et retrouve le niveau de production observé cinq ans auparavant.

 

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