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Le dernier Innov’Action a mis en avant les bocages dynamiques en Bresse !

Le 6 avril au Gaec Flagd-Doury à Varennes-Saint-Sauveur, plusieurs organisations agricoles mettaient en avant les parcours et bocages, comme des atouts pour un élevage de volailles multi-performant. Au programme des ateliers, la gestion du bocage, l'utilisation optimisée des parcours, l'obtention de bonnes teneurs en protéines des céréales, la réduction de la prédation ou encore la préservation de la faune.

En cette première journée réellement printanière, l’exploitation du Gaec Flagd-Doury faisait figure de lieu idéal pour échanger sur plusieurs pratiques à mettre en œuvre. Sur une surface de 300 hectares, majoritairement en prairie, les trois associés du Gaec familial - mère, père et fils - élèvent et des bovins charolais et des volailles de Bresse, soit les deux fleurons en terme de viandes du département, rien de moins.

Avec près de 150 vêlages fin d’été et en automne, le Gaec produit des broutards et engraisse les femelles. Côté "Bresse", la production s’élève à 9.200 volailles AOP par an (quatre bandes de 2.300 MEP) sur trois parcours (14 ha) équipés de quatre bâtiments de 50 m2 chacun. Le bâtiment abritant les épinettes est récent et fonctionnel avec ses 1.600 places. Les poulets et poulardes de Bresse sont commercialisés via l’abattoir "Au Chapon Bressan" à Montrevel-en-Bresse.

Des haies fonctionnelles

Avec encore beaucoup de haies hautes, le Gaec n’a pas encore intégré une démarche de valorisation de cette ressource. Pour la Fédération départementale des chasseurs, Thierry Peyrton rappelait les nombreuses fonctions de ce type de haies : limitation de l’érosion des sols, amélioration de la qualité de l’eau, parcours ombragés et protecteurs pour les volailles… Quant au reste de la faune, « les haies fonctionnent en réseau » et pour être ainsi « fonctionnelles », elles se doivent d’être développées à l'échelle d'un territoire et non sur une seule exploitation à la fois. Un Plan de gestion a donc été pensé « sur le long terme » en Bresse.

A la chambre d’Agriculture, Fabienne Salvi réalise notamment l'inventaire de tous les linéaires sur les exploitations le demandant. L’idée étant notamment de classer le potentiel pour récolter du bois plaquette (chauffage, litière) ou du bois d’œuvre (noyer, meurisier…), tout en conservant des fonctions environnementales durables. « Il faut un bocage dynamique » qui se renouvelle et s’exploite, insistait Fabienne Salvi, pour ne pas le laisser dépérir naturellement. Les haies sont en effet une création de l’Homme, « une création artificielle » rappelait Thierry Peyrton. Mais ces paysages bocagers « identitaires » ont aussi pour avantage indirect d’améliorer l’image de l’agriculture dans son respect de l’environnement.

Sources de solutions

Le président de la coopérative Bourgogne du Sud, Didier Laurency, se félicitait de cette approche, lui qui rappelait la volonté commune au travers du programme AgriFaune qui réunit agriculteurs, chasseurs, apiculteurs… Tous allant dans le même sens lequel consiste à préserver la faune sauvage, notamment pour démontrer « tous les services qu’apporte l’agriculture à la société en vue d'un retour de considération » plus large.

Ce n’est pas Pascal Chevret de Bourgogne du Sud qui dira le contraire, lui qui le constate sur le terrain chaque jour. Concrètement, le technicien présentait - avec Marie-Jo Beauchamp de la FDCuma - la possibilité de valoriser le bois en plaquettes pour faire, soit des litières, soit de l’énergie. Côté bois énergie, un « rythme de croisière » de 1.000 MAP (mètre cube apparent) par an sont commercialisés aux ménages et professionnels, soit sous la forme de petits ou grands contenants (big bag). Il est à noter que 100 mètres linéaires d'une haie représente environ 50 m3 de bois. Ici, le Plan de gestion prévoit un pas de temps de 23 ans avant de revenir sur une même exploitation « pour ne pas entamer le capital Bois ».

Seul "bémol", « l’énergie est redevenu bon marché », ce qui a freiné les prévisions de développement autour du site de Branges (max 2.000 MAP).

Côté litières destinées aux volailles, la coopérative n’a pas constaté de « problème technique ou sanitaire ». En plaquettes « grossières », il n’y a ni poussière, ni souci de pourriture (celles-ci sont commercialisées en dessous de 25 % d’humidité). La coopérative veut néanmoins les commercialiser l’an prochain dans « une taille inférieure » plus propice. Des litières qui sont également utilisables en litières pour bovins, rappelait Marie-Jo Beauchamp.

Organisée dans le cadre des portes ouvertes Innov’Action et "L’Agroécologie en Bourgogne Franche-Comté" conjointement animées par les chambres d’Agriculture et l’enseignement agricole public - avec notamment la présence du lycée agricole de Fontaine -, mais aussi le CIVB, cet événement a fait la preuve que l’Agriculture est source de nombreuses solutions simultanément. Une façon également d’apporter d’autres « économies » et ressources aux exploitations agricoles, de plus en plus confrontées à la volatilité des cours.

Pacman version volailles et prédateurs !

Cela pourrait ressembler à un jeu de Pacman, version volailles de Bresse et multiples prédateurs (renards, mustélidés, rapaces, chats sauvages, rats, corvidés…). Sauf qu’il s’agit d’un sujet majeur pour les volailles élevées en plein air (voir article page HH).

L’Itavi et la Fédération des chasseurs 71 présentaient chacun de leur côté des stratégies d’aménagement des parcours. Sur un tableau blanc magnétique, le technicien de l’Itavi bougeait des ronds et des carrés schématisant arbres et bâtiments. Histoire de mieux visualiser les parcours des volailles selon les différentes configurations possibles. « On conseille 30 à 40 % d’ombre avec des arbres espacés de 10 à 15 mètres. Les volailles aiment gratter et chercher leur nourriture dans les haies. En vente directe, cela fait aussi de beaux paysages vendeurs ». Les éleveurs sont invités à imaginer trois zones de parcours pour leurs volailles : zone frontale devant le bâtiment, intermédiaire et en fonds de parcours (www.parcoursvolailles.fr).

Une étude a cherché à connaître l’influence du bocage en terme de prédation. Les pertes s’élèvent en moyenne à 13,3 %, avec des taux variant de 5 % de pertes jusqu'à 50 % ! Autant dire qu’aucun lien direct n’est avéré. Aucune explication non plus. Reste que les lots présentant de faibles pertes sont ceux ayant des clôtures et des bâtiments « bien hermétiques » ce qui permet de limiter l’entrée des mammifères carnivores. Quant aux renards, le bocage ne favorise ni leur présence, ni leurs attaques.

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