Culture Economie

Les nouvelles formes d'organisation du travail sont aussi des leviers complémentaires de performance

Le second volet du colloque organisé par Arvalis était consacré notamment aux nouvelles formes d'organisation du travail.

Fabrice Genin, associé du gaec MGGG (Marsannay-le-Bois 21) a retracé vingt années d'évolution d'une organisation collective arrivée aujourd'hui à maturité .

Créer de la performance en agriculture cela passe par de l'innovation technique, comme les participants au colloque Arvalis ont pu le découvrir en matinée, mais cela peut aussi découler d'une organisation du travail plus performante, dans la forme comme dans le fond, en gérant de façon plus fine les investissements. Cela peut commencer par un redimensionnement du matériel à la réalité des besoins, ré-évalués en fonction des marchés visés et du potentiel réel de production.
Ces conseils de bon sens ont été explicités par Damien Brun et Valérie Leveau, ingénieurs Arvalis et illustrés par plusieurs témoignages d'agriculteurs.

Charges de mécanisation : poids lourd des charges fixes


Le poste mécanisation et la productivité de la main d'oeuvre représentent un véritable enjeu économique, une charge fixe qui peut s'avérer très lourde en fonction de la variabilité du produit en grandes cultures (45% des charges comptables, hors rémunération de la main d'oeuvre familiale). Pour les SCOP'eurs, ce sont des éléments essentiels de compétitivité, alors que les charges de mécanisation ont fortement augmenté ces dix dernières années. Il faut donc être particulièrement attentif à augmenter la productivité du travail, tout en réduisant ou en limitant l'investissement en matériel/ha.
Dans un contexte fluctuant il est important de réfléchir au type de matériel et à son dimensionnement, ce qui suppose aussi d'ajuster son calendrier d'interventions en fonction de l'aléa climatique et de la capacité de chacun à assumer une certaine prise de risque. La réflexion sur le dimensionnement du matériel doit intégrer certaines données économiques essentielles : la capacité de remboursement, le niveau des prélèvements obligatoires, le retour sur investissement, la pertinence de certaines solutions alternatives (laisser vieillir le matériel, louer, partager, acheter en commun, travailler en Cuma...) le tout réfléchi selon un raisonnement pluriannuel. Les charges de fonctionnement restent bien « le nerf de la performance économique », indissociable de tout effort pour améliorer la résilience d'une exploitation.


Anne-Marie Klein

Le collectif au service de la résilience du système

Certaines formes d'organisation du travail participent aussi de cette volonté de résilience. C'est ce qui amené des agriculteurs associés aujourd'hui au sein du Gaec MLGG (Marsannay-le-Bois en Côte d'Or) à construire un projet commun en partageant le travail comme les terres. En vingt ans, les associés qui sont passés de trois exploitations à six, ont appris à travailler en commun, à investir en commun, à mutualiser les récoltes et les risques... La productivité du travail (1.130 t équivalent blé/actif) parle d'elle même. Les coûts de production ont baissé, la gestion humaine et technique est optimisée, la diversité des productions améliore la résilience de l'ensemble et lisse le revenu, les associés gagnent en sérénité ce qu'ils perdent en autonomie de décision.
Rien bien entendu n'est reproductible en l'état, mais s'il y a une leçon à retenir de ce colloque c'est bien que tous les leviers sont complémentaires, la gestion technique comme la gestion d'entreprise vont de pair.

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