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Analyse des marchés animaux et des tendances commerciales de la semaine 50/2017

Chaque semaine, pour comprendre et prendre les bonnes décisions, retrouvez l'analyse des marchés animaux, les tendances de la semaine et une analyse pointue des différents marchés animaux. Le rendez-vous à ne pas manquer.

Bovins de boucherie

L’ambiance dans les campagnes est morose au regard des tarifs proposés par les abatteurs aux éleveurs. Au printemps, les statistiques montraient que le prix de la viande à la production était supérieur à celui de 2016, mais ces dernières semaines, les prix sont malheureusement revenus au faible niveau de l’an passé. Le plus grave, c’est l’ancrage de plus en plus marqué dans les médias et dans le comportement des ménagères vers la consommation végétale. La viande continue de perdre des parts de marché, et ce sont les races à viande qui sont les plus impactées. Dans ce contexte, quel avenir pour l’élevage français ?. La question se pose. Et si les éleveurs sont prêts à bien des efforts, ils demandent juste de pourvoir vivre décemment de leur métier. Et cela n’est pas le cas.

Les concours d’animaux de boucherie - et en premier lieu le Festival du bœuf à Charolles - qui viennent de se dérouler ont été le reflet du recul de la consommation, notamment dans la boucherie traditionnelle. Les animaux de concours ont été abattus cette semaine pour laisser à la viande une bonne dizaine de jours de maturation avant Noël et plus encore avant la Saint-Sylvestre afin qu’elle exprime au mieux toute sa tendreté. L’activité haut de gamme charge les abattoirs, avec un soin tout particulier apporté aux animaux de valeur, et cela laisse moins de place pour les autres animaux. Les stocks sont conséquents dans les fermes, avec des abatteurs qui ont près de trois semaines d’animaux d’avance.

Sur les marchés et dans les livraisons directes aux abattoirs, les volumes restent suffisants pour une demande amoindrie par une consommation qui souffre de l’image relayée par la presse et les médias. Les anti-viandes restent sur le devant de la scène avec des plans de communication performants associant des personnalités médiatiques. Le commerce est difficile et souvent partiel dans les bonnes charolaises de qualité bouchère. Les tarifs sont peu soutenus et retrouvent leurs faibles niveaux de l’an passé dans les génisses ordinaires et les réformes allaitantes de choix secondaire ou d’entrée de gamme. En réformes laitières, l’activité des industriels est assez soutenue en vue de la préparation de la rentrée scolaire, mais la couverture de la demande est assez complète. Les tarifs peinent à se stabiliser face à un manque de finition dans le bétail fourni. Les tarifs se tiennent dans les taureaux de réforme. En jeunes bovins, si les envois sur l'Italie demeurent importants, de nombreux engraisseurs avaient également ciblés cette période pour sortir leurs animaux. Les abattoirs sont ainsi couverts, ce qui a conduit à une stabilisation des prix en toutes catégories.

 

Bovins d’embouche et d’élevage

Les animaux de la zone de surveillance FCO sérotype 4 (ce qui est le cas de la Saône-et-Loire et de la Côte-d’Or) vont enfin pouvoir sortir vers les régions d’engraissement, avec un protocole bien précis (désinsectisation j-14, PCR négative avant le départ et une seconde dans les quinze jours a l’arrivée). Ces conditions sont certes drastiques avec des frais qui seront imputés sur le prix des animaux, mais cela devrait permettre de désengorger un marché atone depuis des semaines.

 

Broutards

Le commerce reste compliqué dans la zone FCO sérotype 4. Sur le reste du pays, l'ambiance commerciale se détend face à une demande qui prend de l’avance en vue de la prochaine trêve de fin d’année. Les échanges sont plus réguliers avec une légère reprise tarifaire pour les bons mâles vaccinés pour l’export. Les plus légers se maintiennent pour la repousse. La commercialisation est sélective pour les sujets de moins bonne conformation ou non vaccinés. En laitonnes, le repli de l’offre permet un écoulement assez régulier dans les bonnes charolaises vaccinées exportées sur l’Italie. Les échanges sont plus tendus dans les ordinaires à destination de l’Espagne avec un engorgement du marché dans ces catégories.

 

Veaux d’élevage et d’engraissement

Mauvais commerce dans la zone de protection FCO sérotype 4. Les conditions sanitaires et administratives imposées par les services vétérinaires sont un frein sérieux aux échanges et ont anéanti le marché de Bourg-en-Bresse avec des opérateurs qui se sont réorganisés pour ne pas subir ces contraintes et pour respecter le bien-être des veaux. Le résultat est un commerce laborieux avec uniquement très peu d’opérateurs pour faire de l’export. Les veaux qui sont positifs à la FCO doivent rester sur le périmètre où le nombre de places disponibles est limité. Les prix ont perdu 20 € sur ce marché.

Sur le reste du pays, l’équilibre offre/demande permet un commerce régulier avec des cours stables que ce soit dans les veaux holsteins ou les veaux montbéliards d’engraissement ou export. Dans les croisés laitiers ordinaires, le commerce est calme avec des tarifs stables. La demande est suivie dans les bons croisés blanc bleus de type "U" de conformation.

 

Ovins

L’activité commerciale est un peu plus équilibrée avec une demande un peu plus ferme à l’approche des fêtes de fin d’année. La demande va se tourner vers des agneaux de qualité avec une préférence pour les premiers laitons. Le commerce restera sélectif dans l’agneau de second choix lequel sera concurrencé par la progression de l’offre en lacaunes et par des tarifs toujours agressifs au niveau de l’import. En brebis, malgré la proximité des vacances, l’écoulement reste régulier pour des tarifs stables.

 

Porcs

L'activité de la semaine écoulée est une des plus élevées de l'année 2017, elle a permis une nouvelle baisse des poids à 95,56 kg par carcasse et suggère une bonne demande saisonnière ainsi qu'une fluidité correcte à l'approche des fêtes de fin d'année. Il reste deux semaines avant la semaine de Noël lesquelles conditionneront le début de l'année 2018. Ce lundi, sur le Marché du porc breton, l'essentiel des offres a été négocié autour d'un prix moyen proche de la stabilité à 1,176 € du kilogramme, soit une légère baisse de -0,1 cent du kilo.

Pour rappel, l’arrêté du 27 novembre 2017 relatif à l’encadrement des opérations promotionnelles pour la vente de viande de porc fraîche a été publié au Journal officiel et est en vigueur pour une durée d’un an. Il répond à la demande de la FNP pour laquelle, avec ce dernier, la filière dispose d’un outil réglementaire pour éviter des promotions aberrantes.

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