Viticulture

L’IFV fait le point sur la pression mildiou exceptionnelle en 2018

Face aux attaques mildiou exceptionnelles qui se sont produits un peu partout en France, l’Institut français de la vigne et du vin a cherché à faire le point dans une note sur la dernière campagne 2018.

La pression mildiou n’a pas été identique sur l’ensemble des vignobles. Alors que cette dernière a été plutôt faible à moyenne dans le quart Nord-Est (Bourgogne, Champagne et Alsace) elle a été très forte sur les autres vignobles. L’arc méditerranéen a particulièrement été surpris, ayant moins l’habitude d’une telle pression sans doute.

D’une manière générale, des premières contaminations de mildiou ont pu être observées précocement sur certains secteurs, dès les pluies de la mi-avril.

A partir de cette observation, il est possible de distinguer trois types de scénarios, avec une explosion des contaminations et des symptômes :

- à partir de la deuxième quinzaine de mai (arc méditerranéen et vignobles du Sud-Ouest) ;

- première quinzaine de juin (Bordeaux et Charentes) ;

- fin juin-début juillet (Val de Loire).

Le décalage entre le « Sud » et la « façade atlantique » s’explique par une différence de température. Dans les vignobles océaniques, les pluies suivantes (début mai) étaient accompagnées de températures fraîches et n’ont généralement engendré que peu de contaminations

Dans la plupart des vignobles à fortes infestations, il a été constaté un maintien des symptômes fructifères jusqu’à très tard en saison malgré des conditions climatiques sèches et de moins en moins favorables au mildiou. Cette présence tardive de fructifications a pu entrainer sur les orages estivaux l’apparition de rot brun voire des dessèchements des grappes suite à des attaques sur pédicelle.

La climatologie en cause

Pour l’IFV, le principal facteur explication est donc la climatologie et notamment la fréquence exceptionnelle des pluies. Les cumuls de pluie au cours des mois de mai et juin se situent généralement dans la moyenne sur trente ans ou juste au-dessus. En revanche, le nombre de jours de pluie durant cette période est plus élevé que la moyenne, favorisant un maintien de l’humidité pendant de longues périodes. L’explosion du mildiou a donc fait suite à ces séquences pluviométriques particulièrement longues. Il en va ainsi de la Bourgogne.

Fort potentiel d’inoculum

Autre cause, un très fort potentiel d’inoculum prêt à germer en début de campagne. Ce potentiel n’a fait qu’augmenter, de manière très rapide, sur les séquences pluvieuses. Cette situation, que l’IFV n’avait pas rencontré les années passées, pourrait s’expliquer par la climatologie hivernale. En effet, dans la plupart des régions, les mois de février et mars ont été plus humides que la moyenne. Cette pluviométrie importante précédent le débourrement pourrait ainsi expliquer ce fort potentiel d’inoculum en début de saison.

Pratiques viticoles en cause aussi ?

Mais pour l’IFV, le deuxième facteur en cause n’est autre que les pratiques viticoles elles-mêmes. Auparavant, l’Institut prend néanmoins la précaution de rappeler qu’il n’existe pas de produit éradiquant, qui permet de détruire les symptômes. De plus, les produits n’ont que très peu d’efficacité curative (réduction du développement du champignon après inoculation et avant l’apparition des symptômes). De ce fait, dans un contexte où les contaminations se sont enchainées au rythme de trois à quatre évènements contaminants par semaine, sécuriser un positionnement strictement préventif des produits a pu être compliqué. C’est un euphémisme…

En lien avec cette climatologie particulièrement favorable au mildiou, il est à noter que dans ces régions l’explosion est intervenue au moment de la plus forte croissance végétative des vignes et de la sensibilité maximale des grappes. Les produits ont été appliqués dans des conditions très difficiles (lessivage, pousse active de la vigne, pression mildiou exceptionnelle)

Par ailleurs, il a pu être noté des problèmes d’organisation de chantier liés à la portance des sols et à la capacité du parc matériel à réaliser la protection de l’ensemble des parcelles sur une seule journée (entre deux pluies). C’est également dans les années difficiles que les défauts de pulvérisation se font sentir. Le réglage correct des pulvérisateurs et un travail face par face étaient nécessaires (mais pas toujours suffisants) pour assurer une bonne protection de la vigne.

Dans cette situation climatique exceptionnelle, la maîtrise de la protection est rendue très compliquée. A posteriori, il aurait été nécessaire d’adopter une stratégie plus sécuritaire dès que les pluies se sont enchaînées, en déclenchant les programmes de protection indépendamment de la découverte des foyers primaires, en appliquant des produits systémiques et en resserrant les cadences.

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