Actualité Economie Marchés

La charte d'engagement des opérateurs des filières agroalimentaires et de la distribution enfin signée....

Le 3 novembre, Stéphane Travert réunissait les acteurs économiques au ministère pour finaliser une charte d’engagement… en vue des prochaines négociations commerciales. Vingt-huit versions plus tard, les signatures se sont faites attendre…
 

 

Les représentants des acteurs économiques des filières agroalimentaires étaient, le 3 novembre, au ministère de l’agriculture et de l’alimentation, en présence du ministre Stéphane Travert, en vue de finaliser un projet de charte d’engagement. Cette charte vise à confirmer les principaux éléments de consensus issus des ateliers nationaux du premier chantier des Etats généraux de l’Alimentation.

Selon le ministre, cette charte entend porter la volonté des acteurs de poursuivre le travail constructif amorcé dans le cadre des Etats généraux, notamment dans les négociations commerciales qui vont se dérouler ces prochaines semaines entre les maillons de la chaîne agroalimentaire. « Cet engagement des acteurs s’inscrit dans l’attente de la modification du cadre légal qui interviendra au premier semestre 2018, conformément aux annonces du président de la République à Rungis le 11 octobre », a avancé le ministre.

La réunion de travail a permis aux parties prenantes d’avancer vers une rédaction commune. « L’objectif partagé est que la charte puisse être signée dans les prochains jours par l’ensemble des acteurs volontaires », concluait alors Stéphane Travert, soulignant rester à l’écoute des partenaires pour faciliter le dialogue et l’aboutissement des discussions.

Vingt-huit versions plus tard…

En fin de semaine dernière, on en était à la 28e version ! Et cela aura été la dernière ! En effet, ce mardi 14 novembre, la charte était enfin signée...

De fait, alors que nous aurions dû être dans une certaine quiétude après le large consensus dégagé lors des Etats généraux de l’Alimentation (hormis Michel-Edouard Leclerc), la situation aura été tout autre. Une énorme peau de banane s’est placée en travers du chemin, sous la forme d’une plaquette de beurre ! Et patatras, rien n'allait plus. Chacun a repris ses réflexes, chacun s'est renvoyé la balle : "Ce n’est pas moi, c’est lui !" ; "oui mais lui, il avait commencé avant !"…

Cette charte - qui n’aura aucune valeur juridique mais qui vaut engagement moral - a finalement été signée par tous les acteurs, sans exception en présence du ministre et de Benjamin Griveaux, secrétaire d'Etat auprèd du ministre de l'Economie et des Finances... Et cela à grand renfort médiatique.

Pas facile de dire si cette charte a une chance de changer quoi que ce soit lors des prochaines négociations. Le ministre aura en tout cas essayé.

Désormais il est surtout attendu de pied ferme sur le projet de la future loi et sur les ordonnances qui devraient l’accompagner. Espérons qu’entre l’organisation de toutes les réunions d’ateliers des Etats généraux de l’Alimentation, le cabinet du ministre trouve le temps d’en rédiger le contenu…

Prix du beurre : Les pieds dans le tapis…

Pour sortir de la crise du beurre, Stéphane Travert a proposé, le 31 octobre, que « l’esprit des Etats généraux de l’alimentation souffle sur ces négociations », ce bras de fer étant selon lui « un test grandeur nature » pour les Etats généraux. Aussi a-t-il demandé aux distributeurs de « passer des hausses de prix auprès des transformateurs ». « Je sais que certains ont déjà accepté », a précisé le ministre citant Hyper U et Auchan. Puis d’expliquer qu’il avait fait parvenir un courrier au Cniel… « Nous souhaitons que l’interprofession puisse entamer une discussion avec les producteurs, les distributeurs et les transformateurs pour permettre de sortir de cette situation ». « Le ministre est en dehors des réalités », a aussitôt réagi André Bonnard, secrétaire général de la FNPL. « L’interprofession n’a pas le droit de discuter des prix. Il ne s’agit en rien d’un problème interprofessionnel mais de relations commerciales entre deux types d’opérateurs : industriels et distributeurs ». Et cela, alors que « les producteurs sont les seuls dindons de la farce »…

« En grand danger »

« Des chartes, j’en ai vu passer ! C’est une bonne initiative, si c’est une initiative globale. Se donner bonne conscience en écrivant une charte, c’est bien ! Mais l’élevage est en grand danger aujourd’hui. Si l’on n’y fait pas attention, on perdra notre élevage ». PDG de la Laiterie Saint-Denis de l’Hôtel, engagé dans la démarche "C’est qui le patron ? !", démarche qui concerne le lait mais aussi et bientôt la viande hâchée, Emmanuel Vasseneix a réagi ainsi au sujet de la "charte d’engagement pour une relance de la création de valeur et pour son équitable répartition au sein des filières agroalimentaires françaises" proposé par le ministère de l’Agriculture. Et ce qu’il dit pour le lait, est aussi vrai pour l’ensemble des viandes… et donc pour des familles entières de producteurs et des pans entiers du territoire. Il y a un vrai danger.

Services

Recevoir la newsletter