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Farre en marche pour faire monter en gamme l’agriculture raisonnée

L’organisation professionnelle agricole, Farre s’inscrit dans la transition écologique et la montée en gamme de l’agriculture française défendue par la loi Egalim.

Le forum des agriculteurs responsables respectueux de l’environnement (Farre), présidé par Luc Smessaert, a tenu ses vingtièmes rencontres nationales à Paris, avec en toile de fond la loi « pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable » (Egalim). Les thèmes des trois tables rondes, organisées par Farre durant le colloque « L’agriculture, une cause nationale ? », prolongeaient et complétaient les avancées du projet de loi, rappelées par Jean Baptiste Moreau, député de la Creuse, rapporteur du texte et éleveur de bovins viande. Les intervenants de la première table ronde, « Le local et la qualité constituent-ils l’avenir pour l’agriculture française ? », ont convenu que la montée en gamme de l’ensemble des produits agricoles était la condition sine qua none pour répondre aux attentes des consommateurs et pour rester compétitifs à l’export. A condition, cependant, que les Français soient « consom-acteurs » en acceptant de payer plus chers les produits qu’ils désirent. Le développement des circuits courts vise à réduire le nombre d’intermédiaires, entre agriculteurs et consommateurs, et non pas à produire local exclusivement. Le marché français est trop étroit pour de nombreuses productions (la moitié de la récolte de céréales est exportée).

Le HVE remis au goût du jour 

« La rémunération des agriculteurs pour leurs actions pour l’environnement et la biodiversité », thème de la deuxième table ronde du colloque de Farre, a opposé les partisans de « l’intégration du paiement au service environnemental » dans les prix d’achat des matières agricoles ou des produits alimentaires (contractualisation et adoption d’un cahier des charges), aux adeptes des aides publiques. Selon Dominique Potier, député socialiste et paysan, la défense de la biodiversité repose d’abord sur une bonne politique foncière. La rémunération des services environnementaux rendus par les agriculteurs doit être définie en fonction de leur valeur environnementale. Aussi, il propose de s’appuyer sur le dispositif HVE (haute valeur environnementale), mis au point en 2008. Celui-ci repose sur une obligation de résultats et non pas sur des contraintes comme les MAE (mesures agroenvironnementales). « L’agriculteur reste au cœur de la dynamique des territoires, compte tenu des emplois indirects qu’elle génère », défend Arnaud Vial, député de l’Aveyron. Il participait à la troisième table ronde de la conférence intitulée « L’agriculture : une dernière chance pour sauver le dynamisme et l’emploi sur les territoires ? ». « On pourrait passer de 300 000 à 600 000 emplois en CDI si les agriculteurs réalisaient leurs projets », défend Mickaël Jacquemin, président de l’Anefa. « Mais les contraintes fiscales, sociales et administratives font peur », rétorque le député aveyronnais. Quoi qu’il en soit, le secteur agricole peine à recruter par manque d’attractivité et le niveau des salaires n’explique pas tout.

« Les incohérences de la loi Egalim »

« Comment peut-on défendre un plan ambitieux en faveur de la biodiversité et accepter l’ouverture d’une bio-raffinerie et l’importation de 400.000 tonnes d’huile de Palme ? », souligne Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA. Il met ainsi en avant les incohérences entre les ambitions agricoles portées par la loi Egalim à Paris et, les déclarations et les décisions du gouvernement français et du président de la République. « Emmanuel Macron accepte le délitement de la PAC et l’importation de produits agricoles traités avec des produits interdits en France », poursuit-il.  

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