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Retour sur une place de marché qui compte dans le secteur bovin et ovin : la Sicafome à Moulins-Engilbert

La Sicafome a tenu son assemblée générale le 2 juin à Moulins-Engibert. Le marché au cadran tient à préserver son dynamisme, même dans un contexte de crise économique et sanitaire. Rencontre avec Martial Tardivon, chef des ventes.

En 2016, 50.000 bovins ont été commercialisés sur le marché de Moulins-Engilbert.

Pouvez-vous nous retracer l’histoire de la Sicafome ?

Martial Tardivon : c’est un marché aux bestiaux de type cadran créé en 1983 par un groupe d’éleveurs. Dans le temps, il y avait des foires traditionnelles et le marché a été créé pour remplacer ces foires. C’était très ambitieux et novateur à l’époque pour le centre de la France. Nous avons tenu le pari d’ouvrir un marché au cadran avec des services comme la garantie de paiement. Celui-ci a ensuite évolué au fil du temps avec un renforcement des services et une augmentation des volumes. Le marché commercialise les ovins et les caprins le lundi matin et les bovins le mardi.

 

Combien d’acheteurs et d’éleveurs fréquentent le marché en moyenne ?

M. T. : nous avons entre quinze et vingt acheteurs d’ovins et une centaine d’acheteurs de bovins. Nous avons eu 430 éleveurs d’ovins et 1.100 éleveurs de bovins l’an dernier, un chiffre stable ces dernières années. Sur ces derniers, 250 commercialisent la totalité de leurs animaux par notre intermédiaire.

 

De quels avantages peuvent bénéficier les éleveurs en vendant leurs bêtes sur le marché ?

M. T. : le principal avantage, c’est que le paiement est garanti et le marché est sûr d’un point de vue sanitaire. Le marché est assuré pour l’export. Il y a une concurrence parfaite, une égalité de traitement, un prix optimum. Les éleveurs sont payés entre 48 et 72 heures après la vente.

Des frais de marché sont prélevés de 1,25 % vendeur et 0,75 % acheteur. Moulins-Engilbert est le cadran qui a les frais de marché les plus faibles de France. De plus une partie des bénéfices sont ristournés aux éleveurs qui commercialisent au moins 80 % de leurs bovins par l’intermédiaire de notre structure. C’est comme une remise de fidélité.

 

Comment fonctionne le marché de l’intérieur ?

M. T. : dans le fonctionnement, les éleveurs annoncent les animaux à l’avance. On totalise tout ça le vendredi soir et on contacte les acheteurs. Cela nous permet de nous organiser et les acheteurs peuvent connaître le volume qu’il y aura la semaine d’après. Sur le marché, il y a vingt bouviers qui trient les animaux et les présentent en salle de vente. Sur l’écran de traçabilité, on affiche le département de naissance, la qualification élevage, le statut IBR... Le chef des ventes propose une mise à prix et les acheteurs font grimper les prix par tranche de 10 €. C’est une grosse organisation car trente-deux salariés sont sur le site les jours de marché, qui représentent entre quatorze et quinze temps plein.

 

Avez-vous des projets de modernisation du marché ?

M. T. : aujourd’hui, nous disposons d’une structure déjà suffisamment grande. Depuis l’ouverture, le marché a en effet connu plusieurs tranches de travaux et nous sommes arrivés à maturité. Nous avons une station de lavage, une station d’épuration, une stabulation, un parking. Le site est moderne et aujourd’hui nous travaillons plus sur des techniques de vente novatrices avec la volonté de toujours être au service des éleveurs.

 

Vous proposez de nouvelles techniques de vente...

M. T. : nous disposons d’un matériel de vente aux enchères électronique mobile, ce qui nous permet de faire des ventes aux enchères à l’extérieur. Nous pouvons ainsi en faire sur des concours d’animaux, des stations génétiques, des ventes privées de reproducteurs chez un éleveur. Dans ce cas, on déplace le matériel dans l’exploitation.

Par ailleurs, nous sommes en train d’expérimenter la vente de lots par vidéo. Nous nous déplaçons dans ce cas dans les exploitations où il y a de gros lots d’animaux. On filme les bêtes et on diffuse les vidéos sur le marché. L’avantage pour les éleveurs, c’est de ne pas avoir à déplacer de gros lots. On travaille sur ce sujet avec les marchés de Sancoins et Châteaumeillant depuis le mois de novembre. On le fait sur demande des éleveurs et pour des lots de grosse importance, ainsi, depuis novembre, nous avons réalisé cela une dizaine de fois. Il semble que de plus en plus d’éleveurs soient demandeurs de cette technique de vente.

 

Quels sont vos objectifs pour l’avenir ?

M. T. : notre objectif principal est de rester un marché dynamique et ne pas faiblir. Depuis quelques années, la production décline. Aussi, notre objectif est avant tout de conserver nos parts de marché.

 

Ressentez-vous les effets de la crise économique et sanitaire qui touche l’agriculture actuellement ?

M. T. : la crise économique, nous la ressentons bien évidemment, mais indirectement et essentiellement sur la fréquentation. La commercialisation de la viande bovine est soumise à un monopole dans la distribution, avec des difficultés pour faire évoluer les prix. Quant aux crises sanitaires, elles ont fortement impacté les tarifs. Nous sommes en train de redresser la barre et, sur l’export, les tarifs sont un peu plus cohérents depuis quelques semaines. Sur le marché intérieur en revanche, le cours des vaches maigres est encore de 20 % inférieur à ce qui se pratiquait il y a quatre ans.

 

Le marché conserve néanmoins un fort rayonnement en France et reste force de référence en matière de tarifs.

M. T. : oui, malgré la conjoncture, les animaux sont bien vendus, bien valorisés et les éleveurs bien payés. L’année dernière, on a commercialisé quelques 50.000 bovins, ce qui permet d’établir des cotations et de renseigner toute une économie autour du marché. Ces cotations sont lues à travers toute la France et l’Europe, notamment au travers de la presse professionnelle agricole. En Italie, en Espagne ou en Allemagne, les étrangers sont curieux de savoir ce qui se passe sur des marchés aux bestiaux français. Nous sommes sur le podium des marchés français. Sur les quarante-cinq marchés que compte la France, Moulins-Engilbert est le 6e marché pour les ovins, le 2e pour les gros bovins maigres et se classe en le 3e position pour les broutards.

Propos recueillis par Céline Clément

 

 

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