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Les entrepreneurs de travaux agricoles se réinventent

La Fédération Nationale Entrepreneurs Des Territoires a présenté les ambitions et inquiétudes du secteur pour l’année 2018. Elle lance un plan d’action pour accompagner les entreprises dans leur fonctionnement et leur communication.

A un mois et demi de son congrès annuel, Gérard Napias, président de la Fédération Nationale Entrepreneurs Des Territoires (FNEDT), a abordé les sujets d’inquiétude et d’attente du secteur pour l’année à venir, lors d’une conférence de presse le 13 mars. Il a tout d’abord tenu à souligner que l’entreprenariat des territoires est un secteur d’avenir.

Le président a rappelé quelques chiffres ; en 2016, le nombre d’actifs dans les entreprises de travaux agricoles (ETA), forestiers et ruraux, a augmenté de 2% par rapport à 2015, soit 2 114 actifs supplémentaires. La hausse est due aux ETA, avec la création de 260 entreprises et 2 260 salariés de plus, alors que le nombre d’entreprises en travaux forestiers et sylvicoles a baissé. Cette bonne santé de l’emploi, Gérard Napias l’explique par la capacité d’adaptation du secteur ; « nous avons su nous remettre en cause », estime-t-il. La fédération ne se repose pas sur lauriers. Elle est actuellement très attentive à la réforme de la formation professionnelle, notamment en raison de la place croissante des nouvelles technologies. « Il faut que l’on sache se former aux nouvelles techniques afin de rester dans un métier d’avenir et non de passé, un métier que l’on choisit par ambition et non par défaut », déclare le président.

La fédération espère cependant ne pas voir la formation être placée entre les mains de « grandes machines » qui retarderaient l’arrivée des nouveaux salariés sur le marché du travail. La formation ne se limite pas aux études mais concerne aussi les entreprises déjà installées. Après avoir obtenu les résultats d’un audit mené entre 2015 et 2016, la FNEDT va d’ailleurs lancer prochainement une plateforme numérique à destination des ETA. Grâce à ce programme, elles pourront réaliser leur autodiagnostique sur des thèmes comme le social, l’environnement ou la communication. Elles pourront ensuite découvrir de nouveaux outils pour améliorer leur pratique et accompagner leur développement.

Les ETA vecteur d’innovation en agriculture 

Ces enjeux seront bien présents lors du congrès de la FNEDT qui aura pour thème « Réinventer les entreprises ». Sur ce sujet, la fédération attend beaucoup du grand plan d’investissement pour la modernisation de l’agriculture. Elle s’intéresse notamment au troisième axe, qui vise à favoriser l’innovation et la structuration des filières agricoles et prévoit notamment 300 millions d’euros pour l’innovation. Elle espère que le plan ciblera les investissements collectifs des ETA. La FNEDT estime en effet qu’elles permettent de baisser les coûts de mécanisations des exploitations agricoles et de leur faire bénéficier de pratiques innovantes. La fédération a aussi placé la question du réchauffement climatique et de l’adaptation des techniques à cette problématique dans son programme pour le congrès. A propos du plan d’action sur les produits phytosanitaires, la fédération met en garde contre la difficulté d’adopter de nouvelles pratiques face à la lourdeur des investissements et des compétences à développer. Alors qu’ils n’étaient pas concernés par la certification des plans Ecophyto 1 et 2, la fédération espère voir les prestataires de services inclus dans le nouveau plan. En ce qui concerne la PAC, la FNEDT se dit favorable à l’inclusion de critères environnementaux dans les attributions des aides. Mais elle espère aussi voir les aides à la modernisation s’appliquer aux machines agricoles, quel que soit le statut de l’utilisateur. Le congrès se déroulera du 31 mai au 2 juin 2018 à Ajaccio en Corse.

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