Viticulture Actualité

Les valeurs d’un métier par "passion" chez les Vignerons indépendants de Saône-et-Loire

Le 8 mars à Montagny-lès-Buxy, la Fédération des Vignerons indépendants de Saône-et-Loire a fait un point sur l’année écoulée à l’occasion de son assemblée générale. Une activité soutenue qui va des services à l’adhérent jusqu’à la défense syndicale au national.

Représentant la mairie de Montagny-lès-Buxy, Stéphane Aladame, vigneron, accueillait les Vignerons indépendants venus de toute la Saône-et-Loire en rappelant cette fréquente vérité : « les caveaux sont souvent les derniers commerces qui restent dans nos villages et les seuls à même de faire venir des touristes ». Un fait que le président du Grand Chalon, Sébastien Martin reconnaissait. Pour amplifier ce « levier d’attractivité » qu’est l’œnotourisme, l'élu rappelait le travail - « pas toujours évident » - en cours pour constituer une « route unique des vins de Saône-et-Loire, avec l’ensemble des appellations ». Les routes actuelles passent déjà forcément via les 1.734 hectares de vignes d’un des 145 adhérents que compte la Fédération. Ici, le président David Deprès, vigneron à Mercurey, lançait un appel à ses confrères de la Côte chalonnaise à venir équilibrer la « représentativité » interne à la Fédération, constituée, pour l'heure, au deux tiers de vignerons du Mâconnais et du Beaujolais.

La passion des métiers

Dans son rapport d’activités très complet et dense, la secrétaire générale, Muriel Denizot, rappelait les nombreux avantages à adhérer. En premier lieu desquels, les lettres d’informations, envoyées mensuellement par l’animatrice, Marylène Martin. L’occasion de recevoir également les offres du club des partenaires, notamment en terme d’achats groupés (sécateurs, capsules...). Communication toujours, mais cette fois en direction des consommateurs, le site web et les réseaux sociaux permettent d’annoncer les événements collectifs, tels que le concours des vins, le pique-nique du weekend de la Pentecôte ou encore la Marche gourmande, qui a séduit 570 participants l’an dernier à Rully et qui compte mettre cette année à l’honneur l’AOC pouilly-fuissé, le 17 juin prochain.

Autre événement cette fois-ci professionnel, les Rencontres nationales. Elles se tiendront les 11 et 12 avril dans le Rhône sur le thème de "la passion". A ce propos, la trésorière, Sylvie Bataillard-Dalsac,e espérait pouvoir reproposer la visite « fort intéressante » organisée dans la tonnellerie Dargaud & Jaegle à Romanèche-Thorins.

Etiquetage par appellation

En charge des questions syndicales au national, Thierry Mothe passait ensuite en revue les nombreux sujets d’actualité. A commencer par la « grande messe » des Etats généraux de l’Alimentation qui a faillit ne pas aboutir sur la remise du plan de filière Vin, suite à la polémique née des propos de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. La situation s’est « débloquée » en marge du Salon de l’agriculture, où de nombreux parlementaires ont ainsi été sensibilisés sur les futures demandes des Vignerons indépendants, notamment en terme d’étiquetage nutritionnel (voir ci-contre), la Fédération entend les « dématérialiser » « par appellation » « avec une fourchette » moyenne pour chaque indicateurs. « Cela nous semble le plus simple car cela éviterait de faire, par chacun, des analyses pour chaque cuvée qui aurait engendré des frais supplémentaires », jugeait le vigneron icaunais.

Nouveau Tesa

Autre « gros dossier », la fiscalité : délai d’option à la moyenne triennale, augmentation des seuils fiscaux sur l’activité œnotouristique, réserve de précaution financière, allègement des transmissions d’entreprise… « Tout n’est pas encore bien calé » en vue de la prochaine Loi de finances. Bien souvent, tous ces dossiers sont portés en commun avec la FNSEA.

En terme d’emploi, les vignerons présents riaient jaune lorsque l’administration évoquait à nouveau de « simplifier » le Tesa (titre emploi simplifié agricole) pour notamment les « courtes durées à la journée ».

Présent à Montagny-lès-Buxy, le président de la MSA de Bourgogne, Dominique Bossong invitait chacun à s’inscrire « avant le début du trimestre » pour pouvoir utiliser le nouveau Tesa qui sera mis en place le 3 avril. Les vignerons ne manquaient pas l’occasion de l’interpeller sur les disfonctionnements qu’ils rencontrent avec la caisse de MSA. Des « difficultés » qui peuvent parfois s’expliquer par le fait que les 500 agents de la caisse « doivent connaître quatre législations pointues ». Loin de sous-estimer le ressenti du terrain, Dominique Bossong s'est engagé à remonter les points à améliorer tout en assurant que les « salariés de la MSA ont de vraies consciences professionnelles », histoire de dire que l’herbe n’est pas plus verte à côté, pointant le régime général.

La valeur des démarches

La dématérialisation de nombreux services publics était également pointée du doigt par des vignerons croulant sous les démarches administratives. « On fait le boulot de tout le monde ». Récemment arrivé à la CAMB, David Buiret présentait alors la nouvelle prestation de service de la coopérative pour faire certifier son domaine HVE (Haute valeur environnementale), tel que promu par la Fédération nationale. Cette certification se développe dans toutes les filières agricoles (boulangeries Intermarché, McDo…). « Cette traçabilité est un moyen de certifier vos démarches vertueuses et de rechercher une valorisation supplémentaire ». Reste à savoir si les clients - grand public ou professionnels - reconnaitront ses vertus, valeurs et valorisation. Ce que le logo de Vigneron indépendant sur le col des bouteilles a réussi à apporter.

Changement climatique : pas de tendances fortes en Bourgogne

Doctorant à l’Université de Bourgogne, Sébastien Zito cherche à « étudier l’impact du changement climatique sur les maladies de la vigne dans le nord-est de la France via l’utilisation d’observations et de modèles informatiques ». En clair, ce scientifique a récupéré énormément de données (climatiques, phytosanitaires, fréquences de traitements…) auprès des vignerons, des interprofessions, des chambres d’Agriculture… avant de les analyser dans tous les sens. L’objectif est de créer des modèles de prévision validés scientifiquement pour créer un ou des outils d’aide à la décision (OAD) utiles aux vignerons pour essayer d’anticiper et d’adapter les vignobles et les pratiques au changement climatique. « On essaye de vérifier que ces premiers résultats correspondent bien à la réalité passée », analyse-t-il toujours. Il a ensuite découpé le futur en « blocs » de vingt années (2045-2065 ; 2081-2100) car le « réchauffement n’est pas prévu de façon homogène » partout et au fil des années. En Bourgogne, les premières prévisions dans le cas où les températures moyennes augmenteraient de +4°C pour les maximales auraient tendance à « diminuer l’humidité relative dans l’air », ce qui ne serait pas négatif pour certains facteurs mais en abaisserait d’autres, comme la pression oïdium. Reste que notre climat tempéré « pose beaucoup de problème à simuler », notamment en terme de précipitations futures. Pour l’heure, il n’y a « pas de tendances très fortes ». Et donc de conclusion concrète ou définitive…

Services

Recevoir la newsletter