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Glyphosate, biodiesel... L’incompréhension de la FOP et de son homologue allemand

A l’occasion d’une réunion entre la FOP (fédération des producteurs d’oléagineux) et l’UFOP (son équivalent allemand) les filières allemandes et françaises ont exprimé leur colère sur la remise en cause de l’utilisation du glyphosate et sur des décisions prises par l’Union européenne, notamment la fin des mesures anti-dumping sur le biodiesel argentin. 

Le 14 septembre, une réunion s’est tenue entre Arnaud Rousseau, président de la FOP (fédération des producteurs d’oléagineux) et Wolfgang Vogel, président de l’UFOP (équivalent de la FOP en Allemagne) afin d’évoquer trois sujets brulants touchant la filière. L’objectif premier de cette réunion était pour les deux organisations de « réaffirmer ensemble ce qui était important pour la filière au niveau européen ». Premier point d’incompréhension pour les Allemands et les Français, la limitation de leurs moyens de production.

Le débat sur le glyphosate a ainsi provoqué la colère des deux syndicats qui condamnent la décision d’interdire le produit qu’ils estiment être un facteur indispensable à leurs productions. Wolfgang Vogel a ainsi comparé le glyphosate « aux médicaments que l’on prend quand on est malade sans forcément en chercher l’origine », pour lui « le glyphosate permet aux agriculteurs d’avoir des plantes en bonne santé ». Arnaud Rousseau rappelle que « sans moyens de substitutions efficaces, éprouvés et moins dangereux, l’utilisation du glyphosate est nécessaire ». Il a aussi rappelé qu’il n’y avait « pas d’étude sérieuse prouvant la toxicité du glyphosate pour la santé humaine ».

Concernant les moyens de production, Arnaud Rousseau demande aussi à l’Europe d’avoir « une vision sur le long terme de sa stratégie » afin de favoriser la recherche sur les semences qui prend entre 10 et 15 ans entre le début des recherches et la mise sur le marché. Pour le président de la FOP « si l’on veut répondre aux attentes sociétales il faut donc que l’Europe se fixe des caps clairs afin d’orienter au mieux la recherche ».

Les deux syndicats s’accordent aussi pour dénoncer la directive européenne Red 2 qui vise à faire passer l’incorporation des biocarburants première génération de 7 % à 3 % en 2028. Arnaud Rousseau met ainsi en garde l’Europe qui en prenant cette décision « ne se donne pas les moyens de ses ambitions en matière d’énergies renouvelables, cette mesure entraînera la diminution d’utilisation biocarburants d’origine européenne ». Cette mesure menace potentiellement 20 000 emplois en France et 200 000 en Europe. Le président du syndicat allemand le confirme en affirmant que « cette mesure met en péril la culture de colza au niveau européen ». En effet pour lui « la fin de l’utilisation des carburants de première génération entraînera la mort des champs de colza ».

Importation massive de biodiesel argentin

Autre source d’inquiétude des deux pays pour l’avenir de la filière, la fin des mesures anti-dumping sur le biodiesel argentin. L’Union européenne a en effet voté, en fin de semaine dernière, la fin des taxes supplémentaires, les droits de douane vont donc passer de plus de 20 % (entre 22 et 25) à moins de 10 % (entre 4,5 et 8.1 %) à compter du 28 septembre, et ce, afin de ne pas être condamnée par L’OMC qui a été saisie par les Argentins. Pour Arnaud Rousseau, là encore en prenant cette décision, l'Union européenne ne « se donne pas la capacité pour réaliser ses ambitions » et il faut s’attendre « à une importation massive et rapide du biodiesel ». Il affirme même que « des bateaux argentins sont déjà affrétés pour exporter du biodiesel vers la France ». La production de biodiesel argentin a oscillé en 2017 entre 2 et 2,7 millions de tonnes (hors HVO). Avant l’introduction des droits antidumping, sur le biodiesel argentin et indonésien, l’Union européenne importait 2,5 millions de tonnes de biodiesel, la mise en place des mesures avait rapporté cette quantité à 0.5 millions. Il faut donc, pour le président de la FOP, que « L’union européenne ouvre ses portes quand les États-Unis et le Pérou, par exemple, ont pris des mesures fortes pour lutter contre l’importation massive de biodiesel argentin ». Les syndicats des deux pays réclament ainsi que la Commission européenne engage une procédure anti-subvention des exportations (interdites par l’OMC). Cependant la mise en œuvre de cette mesure peut prendre plusieurs mois. L’importation massive va peser fortement sur la filière européenne d’autant plus qu’il est généralement moins cher que la matière première Européenne.

Pour assurer leur avenir, les filières allemandes et françaises souhaitent donc que l’Europe se fixe des objectifs, des ambitions et donnent aux acteurs le moyen de les réaliser, et ce, dans tous les domaines, recherche, moyens de production, commerce intérieur et extérieur.

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