Département Ruralité

Territoires : Le numérique une chance pour les zones rurales ?

Les campagnes pourraient retrouver leur attrait grâce au numérique. Des exemples concrets montrent que le développement des réseaux numériques dans les zones rurales favorise une demande sociétale davantage en phase avec la vie à la campagne que dans les grands centres urbains comme le télétravail.

Etat comme collectivités locales (Département, Région...) financent le déploiement des technologies Internet (fibre optique, 4G, 5G...) mais cela ne doit pas oublier les autres infrastructures de base : électricité, routes...

De la même façon que la révolution industrielle au XIX ème siècle, la révolution numérique que nous vivons aujourd’hui change les rapports sociaux, a estimé Valérie Jousseaume, géographe et chercheuse au CNRS, au colloque organisée par Sol et Civilisation et Agridées, sur le thème « Numérique et ruralité, nouveaux liens et mutations dans les territoires », le 7 novembre à Paris.

D’une société paysanne, nous sommes ainsi passé à une société urbaine à partir du XIXème siècle. En effet la population s’est concentrée dans les zones industrielles, alors qu’elle était disséminée dans les campagnes auparavant. La nouvelle ère dans laquelle nous sommes entrés à l’aube des années 1990 que Valérie Jousseaume appèle « la noosphère », c’est-à-dire l’ère de la pensée humaine connectée, porte en germe une nouvelle société dont on peut déjà observer les prémices. Ainsi en est-il de la modification de nos rapports à l’écologie, de la demande plus prégnante de justice sociale de la part citoyens, du souhait de réhumanisation des rapports sociaux contre la marchandisation de tous les biens et services, de la remise en cause de la place du travail dans la société et de la contestation de la hiérarchie dans l’entreprise pour aller vers des rapports sociaux plus collaboratifs.

Ainsi alors que l’industrialisation avait vidé les zones rurales, on observe depuis quelques décennies un renversement des flux migratoires. Désormais, la population augmente en dehors des grands centres urbains. Et la révolution numérique y est pour une part dans cette évolution.

C’est par exemple le cas en Estonie, un petit pays de 1,3 million d’habitants, peu peuplé (28 habitants au km2, contre 117 en France, lui même peu dense par rapport à l'Allemagne), évoqué par Violène Champtier de Ribes, entrepreneurs française et "e-résidente" estonienne. Dans ce pays, la couverture numérique sur tout le territoire, initiée par les pouvoirs publics, a favorisé l’accès aux services publics dans les espaces ruraux et fixé la population. Ainsi, l’Estonie est devenue aujourd’hui l’un des pays au monde où se développe le plus de starts up.

Nouveaux services

Plus près de nous dans le Cantal, la mobilisation du Conseil départemental dans le numérique, (le plan CyberCantal) a favorisé le développement de la télémédecine, la mise en place de classes partagées virtuelles dans les établissements scolaires, la diffusion du télétravail avec même la création de lieux d’accueil pour les télétravailleurs dans les zones rurales.

Dans l’Aveyron, la petite commune d’Arvieu (840 habitants) s’est mise à l’heure du numérique. Initié par des jeunes et des élus, le développement du réseau numérique a attiré 30 nouvelles familles et a permis de revitaliser le territoire et de créer de nouveaux liens sociaux.

La Poste n’est pas en reste : elle offre de nouveaux services aux ruraux pour pallier l’effondrement du courrier. En effet, le nombre d’envois de lettres a été réduit de moitié en dix ans (de 18 milliards de plis en 2018, l’année record, à 9 milliards en 2018). Ainsi a-t-elle mis en place des formations au numérique sanctionnées par des certifications , développé des services aux équipements en numérique des personnes agées, associé professionnels de santé pour héberger les données médicales des patients... Il est même possible de passer son code de la route sur internet grâce la poste. « Le messager est devenu médiateur », a résumé Guy-Pierre Sachot, directeur du développement territorial au groupe La Poste.

Il n’en reste pas moins que la diffusion de toutes ces données numériques n’est pas sans risque pour la liberté individuelle et notre souveraineté. Aussi convient-il d’être vigilant sur la gouvernance. Jean-Luc Sallaberry, chef du département numérique à la Fédération des collectivités concédantes et régies, plaide pour la mise en place d’un service public des données numériques pour d’échapper à la tutelle des géants du numérique, les fameux GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft).

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