Lait

Filière laitière mondiale Rééquilibrage des marchés sur fond de tensions géopolitiques

Le 5 juin à l’occasion de la conférence « Marchés mondiaux du lait », organisée par l’Institut de l’élevage, les participants ont présenté l’état du commerce laitier en Europe et dans le monde. Un marché qui semble s’assainir après une année 2017 complexe.

En introduction de la conférence « Marchés mondiaux du lait 2019 », le 5 juin, Philippe Chotteau, chef du département économie de l’Institut de l’élevage, a décrit une situation mondiale complexe et non favorable, en raison d’instabilités géopolitiques grandissantes. « Certains parlent même de nouvelle guerre froide commerciale », précise l’économiste. Concernant le marché laitier, les échanges se sont rééquilibrés, après une année 2017 marquée par une pénurie de beurre et une surabondance de poudre de lait. La Chine, en dépit d’une croissance économique ralentie, est ainsi resté le principal acheteur mondial de produits laitiers. La guerre commerciale, que le pays entretien avec les Etats-Unis, l’a d’ailleurs poussée à se détourner des produits étatsuniens et à se tourner davantage vers la Nouvelle Zélande et l’Europe. La Chine a ainsi absorbé la majorité des échanges supplémentaires. Au niveau mondial, la production laitière (toutes espèces confondues) a peu évolué. Elle s’est établie à 843 millions de tonnes, soit une croissance de 1,8 % en glissement annuel. Ainsi, la production des cinq principaux bassins de production exportateur (USA, Argentine, Australie, Nouvelle Zélande, Union Européenne) a subi un ralentissement voire un arrêt de croissance.

Assainissement du marché

Ils ont fourni plus de 80 % des produits laitiers échangés en collectant plus de 3 millions de tonnes supplémentaires qu’en 2017, soit 20 % de la croissance de la production laitière, alors qu’ils réalisent 37 % de la production mondiale. L’UE n’a contribué qu’a 40 % de l’augmentation réalisée par les 5 grands bassins, alors qu’elle avait participé au 2/3 de l’augmentation en 2017. Au sein de l’Union Européenne ce ralentissement « a permis d’écouler les stocks abondants de poudre de lait », explique Gérard You, du service économie des filières à l’Institut de l’élevage. Les marchés se sont donc assainis. En 2018 les échanges mondiaux, tous produits confondus, ont progressé de 2 millions de TEL. Ils sont restés stables pour les fromages et ont fortement progressé pour le beurre, les matières grasses et les ingrédients laitiers à base de protéines laitières. Gérard You souligne que l’Union Européenne s’est particulièrement démarquée en augmentant ses exportations de préparations infantiles, en 1 an elles ont progressé de 11 % (elles ont doublé en 10 ans). Elle se place ainsi loin devant la Nouvelle Zélande sur ce segment de marché. La Chine n’est pas le principal importateur. En 2019, les économistes de l’Institut de l’élevage prévoient une poursuite de la reprise de la croissance dans l’Union Européenne et un ralentissement aux Etats-Unis.

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