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Le Président du Sénat, Gérard Larcher, à la rencontre des agriculteurs de Saône-et-Loire

A l'invitation des sénateurs du département, Gérard Larcher, le Président du Sénat, était en Saône-et-Loire ce lundi 11 juin. Une opportunité à l'heure de l'examen du projet de loi des Etats généraux de l'Alimentation et de l'agriculture. Le projet de loi EGAlim a débuté en commission des affaires économiques au Sénat ce 12 juin. La FDSEA de Saône-et-Loire et les Jeunes Agriculteurs du département ont organisé, en partenariat avec la chambre d'Agriculture, une visite d'exploitation dans le Charollais afin que les agriculteurs puissent lui faire part de leur ressenti, leurs attentes, leurs demandes...

Clément et Jean-Charles Blanchard, qui accueillaient la visite sur leur exploitation, ont alerté le Président du Sénat sur l'avenir de leur exploitation quand Jean-Charles prendra sa retraite prochainement... Un témoignage qui est un exemple représentatif de nombre de situations critiques. Sur la commune de Charolles, peu de jeunes cherchent à s'installer et la question de la reprise des exploitations se pose. Sur le département, plus de la moitié des agricutleurs ont plus de 52 ans... Le renouvellement des générations en agriculture ne sera possible que si le métier est attractif... Le président des Jeunes Agriculteurs du département, Joffrey Beaudot, précisait que "le point installation reçoit beaucoup d'appels, plus de 400 par an, et pourtant seul un tiers des personnes s'installent au bout d'un an..." Les agriculteurs sont inquiets de l'avenir, sans réelles perspectives... Entre les annonces sur le futur budget de la Pac, un possible accord avec le Mercosur, Luc Jeannin, secrétaire général de la FDSEA, a joué de sincérité en alertant le Président du Sénat, "sur la découragement qui gagne les campagnes"

Et oui, les agriculteurs ont eux aussi besoin que les EGAlim aboutissent sur du concret : un revenu décent, une reconnaissance du travail et de l'atout que représente l'agriculture pour le pays. Sans nier les attentes sociétales quant au bien être animal ou à l'environnement, "la question du revenu reste primordiale si demain nous voulons encore des agriculteurs sur le territoire" soulignait Christian Bajard, président de la section bovine. En effet, la profession milite pour la prise en compte du coût de production dans le calcul du prix payé aux producteurs. Le Sénateur, Jean-Paul Emorine a précisé que pour lui "cette disposition se doit d'aboutir et d'être objective en étant gérée par FranceAgriMer, par exemple".  Louis Accary, représentant de la section avicole, a rappelé "l'importance de conserver les indicateurs des contrats d'intégration dans la succesion des contrats de la chaîne d'approvisionnement". Mais, les aviculteurs se demandent jusqu'où ira le gouvernement concernant les poules pondeuses en cages... Comment alors reprendre l'exploitation de ses parents ou moderniser son bâtiment, si la loi débouchait sur une telle interdiction ?

Gérard Larcher a aussi échangé à bâtons rompus avec les agriculteurs présents sur divers sujets : environnement, taxe sur le foncier non bâti, AOC, etc... des échanges qui montrent que les inquiétudes des agriculteurs sont nombreuses. L'agriculture a besoin de visibilité sur l'avenir, pour continuer à évoluer, investir, et tout simplement produire.

Jérémy Decerle, président des Jeunes agriculteurs, a rappelé que "sans reconnaissance ni revenu, les agriculteurs ne pourront relever les défis qui se présentent". D'où l'urgence de mettre au premier plan du projet de loi la rémunération des agriculteurs. Si l'Etat ne légifère pas sur ce sujet, les agriculteurs resteront la variable d'ajustement dans les négociations commerciales. Et ce n'est pas acceptable !

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