Volailles Valorisation Economie

AOP Volaille de Bresse à la découpe : les voyants sont au vert pour le printemps 2020

De la volaille de Bresse vendue en morceaux… Après validation par le ministère de l’agriculture et l’Europe, cela devrait être possible au printemps 2020 !

Georges Blanc et Cyril Dégluaire, président et vice-président du CIVB.

Après des années de démarches et révision du cahier des charges de l’AOP, la filière volaille de Bresse est en passe de pouvoir commercialiser la reine des volailles en morceaux. Ce qui a soulevé nombre de débats, y compris en interne de la filière...

Validée en novembre dernier par l’institut national de l’origine et de la qualité (Inao), la modification du cahier des charges porte sur deux volets majeurs : une nouvelle présentation du produit - découpe de poulets dans la zone AOP uniquement et poulardes prêtes à cuire - ainsi que l’alimentation avec la possibilité d’associer des légumineuses à graines aux céréales. « Le dossier est en cours d’homologation au ministère de l’agriculture. Il sera ensuite transmis à la commission européenne, avec un délai de six mois pour sa validation, plus trois mois de procédure d’opposition. Si tout se passe bien la vente en morceaux du poulet de Bresse pourra débuter au printemps 2020 », explique Cyril Dégluaire, vice-président du comité interprofessionnel de la volaille de Bresse (CIVB).

Transparence totale pour le consommateur

Les morceaux devront être vendus avec la peau. La filière est en discussion avec ses partenaires abattoirs afin de mettre en place une stratégie de communication et d’identification, avec une étiquette sur le produit présentant un code que le consommateur pourra scanner avec son smartphone. Redirigé vers le site du CIVB il pourra notamment être informé sur le nom de l’éleveur et les conditions de production. Une satisfaction pour président du CIVB, Georges Blanc : « On ne peut pas rester figé sur une tradition. Nous avions déjà évolué avec la vente de volailles prêtes à cuire. Si la garantie sur la traçabilité est assurée, pourquoi pas ? Le poulet de Bresse reste une belle histoire à raconter, à pérenniser dans le temps, c’est une fierté. Nous sommes privilégiés d’avoir un tel produit qui est tout à fait dans l’air du temps ». Quant aux prix pratiqués, impossible pour l’heure d’en savoir plus. « Ce sont les transformateurs qui vont établir le prix », ajoute le chef étoilé. Mais en tant que seule volaille AOP au monde, son positionnement doit clairement être au dessus des autres !

Une production qui reste stable

En 2018 près de 904.500 poussins ont été mis en place, en légère diminution par rapport à l’exercice précédent (938.510). Les 159 éleveurs de la zone AOP sont en majorité de l’Ain (51,57 %), suivis par la Saône-et-Loire (44,65 %) et le Jura (3,78 %). Mais c’est en Saône-et-Loire que le nombre de mises en place reste le plus important : 53,90 %. Une production qui attire toujours les jeunes, avec huit projets d’installation pour l’année en cours. L’enjeu est d’autant plus important que 50 éleveurs ont plus de 55 ans et qu’ils représentent 21,4 % de la production totale. A noter enfin que la volaille de Bresse s’exporte de plus en plus (+ 8 %), essentiellement en Europe, surtout dans les pays scandinaves, la Suisse et la Belgique, mais aussi au Japon…

Patricia Flochon

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