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Pour Emmanuel Macron, l’agriculture au début d’une mutation

Jeudi 7 février, en amont de son après-midi à Étang-surArroux avec les jeunes du département, Emmanuel Macron a rencontré des dizaines d’élus dans les salons de la mairie d’Autun. L’exercice désormais rodé avait une forme plus ramassée : une heure de questions et d’interpellations, une heure de réponses et d’amorce de solutions.

Photo Autun-info.com

Venus des chefs lieux de cantons de tout le département, les maires et parlementaires ont interpellé le président de la République sur de nombreux sujets préoccupant leurs administrés et touchant leurs territoires. Très cadrés, chacun n’avait que trois minutes maximum pour poser les pierres du débat. Prenant des notes, Emmanuel Macron a ensuite répondu point par point aux sujets évoqués et polémiques soulevées.
En s’arrêtant ainsi au cœur de l’Autunois-Morvan, le chef de l’État n’imaginait certainement pas échapper à des questions sur l’agriculture. Emmanuel Macron a ainsi rappelé sa vision de l’agriculture de demain : « 1, une production plus intensive pour l’export. 2, une différenciation par la marque avec la possibilité de montée en gamme par les AOC-AOP. 3, le bio car avec un milliard de produits importés, la demande est loin d’être pourvue par des produits français. 4, le circuit-court via notament la restauration et la réglementation incitative ».
Si le président souhaite que l’agriculture soit « collectivement portée différemment », il estime qu’on « est au début d’une mutation ». Évidemment, dans la droite ligne des ÉGAlim, il a redit sa volonté de s’assurer que chaque agriculteur vive dignement de son travail grâce à la justesse du prix payé.
En une heure de temps consacrée à l’ensemble des interpellations des élus, Emmanuel Macron n’a cependant pas plus développé que cela la question agricole.

Considérés comme des startups

Le premier maire qui l’avait interpellé sur le sujet était Fabien Genet : « il y a une véritable crise de confiance chez les agriculteurs qui se traduit par une baisse des installations. Nous avons besoin d’une vraie mobilisation du gouvernement et du pays derrière l’agriculture. Croyez dans les territoires ruraux comme vous le faites dans les startups et les entreprises innovantes », l’a ainsi interpellé le maire de Digoin.
Un retour de confiance et de considération plusieurs fois rappelé par d’autres élus. À l’image de Marie-Claude Jarrot qui a prôné « un retour à un dialogue franc et équilibré. Nous voulons peser dans la décision », a insisté la maire de Montceau-les-Mines et présidente des maires de Saône-et-Loire.
Montré du doigt également le détricotage des communes rurales depuis une décennie, phénomène accentué par la Loi NOTRe de 2015 qui a amplifié le transfert de compétences des communes aux interommunalités. « Nous souhaiterions que vous considériez les urbains et les ruraux à égalité », a appelé Jean-François Farenc, maire de Blanot et président de l’association des maires ruraux de Saône-et-Loire, en référence à la dotation globale de fonctionnement (la DGF) « de 1 € pour un habitant urbain contre 0,50 € pour un rural » .

Les mécaniques effroyables

Outre les problèmes de décentralisation, de gestion de l’eau, d’accès aux soins, de lourdeur administrative, le problème des ZDS a aussi été abordé. Marie-Claude Barnay, maire de la Grande Verrière a demandé à ce que le cas des communes de l’Autunois Morvan dont le dossier est en suspend mais qui entrent malgré tout dans les critères européens soit étudié rapidement. Sur ce point, Emmanuel Macron s’est retranché derrière l’Europe : « nous n’avons pas tous les leviers pour résoudre le problème. C’est un sujet indébrouillable, dans une mécanique effroyable ».
Enfin la question des retraites agricoles sera « intégrée à la réforme qui vient ». Sans nier les difficultés financières des retraités, Emmanuel Macron ne s’est engagé à aucune solution simple et facile : « nous devrons être juste aussi vis-à-vis de ceux qui ont cotisé. C’est un continent devant nous ».
Entre les enjeux économiques du pays et les parcours individuels, « notre pays a besoin de retrouver un grand récit » a conclu le président.

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