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Envie d’œufs a besoin d’éleveurs de poules pondeuses !

Méconnu des éleveurs, l’élevage de poules pondeuses est possible en Saône-et-Loire. Implanté dans le sud-est de la France, le groupe Envie d’Oeufs Sud-Est veut développer une production locale plein air et bio. Une possibilité de diversification intéressante avec un revenu garanti.

« Nous avons besoin de 300.000 poules supplémentaires en alternatif », informe David Lecouffe d'Envie d'Oeufs Sud Est.

Envie d’Oeufs Sud-Est appartient au groupe coopératif Dauphinoise et représente 24% du chiffre d’affaires du groupe. Envie d’Œufs Sud-Est commercialise un milliard d’œufs dans le sud-est de La France. La zone de production s’étend entre Moulin dans l’Allier, Thonon en Haute-Savoie et Bollène dans le Vaucluse. Envie d’œuf compte six centres de conditionnement – dont le Domaine de Sommery à Vaudebarrier et une casserie à Montceau-les-Mines. C’est là que sont transformés les œufs destinés à l’industrie agroalimentaire, explique David Lecouffe d’Envie d’œufs Sud-Est. La production du groupe est assurée par 77 éleveurs de poules pondeuses détenant 130 bâtiments, auxquels s’ajoutent 23 éleveurs de poulettes fournissant les 2,4 millions de jeunes poules nécessaires à la production d’œufs.

Un centre de conditionnement près de Charolles

En France, le marché de l’œuf progresse de 2%. Si, sous la pression des associations et de la grande distribution, l’œuf standard ou cage stagne, en revanche, les œufs plein air, bio et sol (en liberté mais fermé) progressent en volume. Une tendance de fond qui avait été anticipée au sein d’Envie d’Oeufs Sud-Est qui mise aujourd’hui sur la qualité, la proximité et le bien-être animal, comme le confirme David Lecouffe : « nous souhaitons maintenir une production au cœur de notre région. Nous voulons redévelopper une production d’œufs de proximité autour de nos six centres de conditionnement. Notre objectif est de favoriser notre économie locale en conditionnant des œufs proches de nos clients ». En plein Charolais, le Domaine de Sommery s’inscrit dans cette orientation. « Nous recherchons des éleveurs autour de Sommery pour faire du plein air et du bio. L’objectif étant de lancer une production d’un œuf typiquement de la région », annonce David Lecouffe.

Six élevages de l’Allier sont déjà engagés dans ce schéma. En Saône-et-Loire, deux élevages fournissent le Domaine de Sommery dont le dernier en date (poules pondeuses bio) a été mis en service en juillet dernier à Beaubery.

Des éleveurs bien accompagnés

Au sein d’Envie d’œufs Sud-Est, « les Fermiers du Sud-Est » est la structure qui se charge de l’organisation de la filière. C’est avec elle que les producteurs sont en relation soit en intégration soit en rachat d’œufs. 90% des élevages font cependant le choix de l’intégration pour la facilité de trésorerie, confie David Lecouffe. « Les Fermiers du Sud-Est » fournissent les poulettes et l’aliment. Les éleveurs financent, quant à eux, le bâtiment, l’eau et l’électricité.

Tous les éleveurs de poules pondeuses bénéficient d’un accompagnement technique très poussé. Cela commence par une formation complète au moment de l’installation, avec visite d’autres élevages, formation qualité et administratif, plan de biosécurité, etc… Le nouvel éleveur bénéficie d’un suivi à la mise en place du premier lot. Le technicien lui rend visite une fois par semaine au début puis tous les quinze jours. La gestion technique des élevages est complétement encadrée. Les éleveurs enregistrent leurs résultats techniques en permanence via l’extranet. Une coordinatrice élevage décharge les éleveurs de toute la partie administrative, fait valoir David Lecouffe.

Trois à cinq heures de travail quotidien

Dans un élevage de poules pondeuses, le temps de travail est estimé à environ 3 à 5 heures par jour, sans contraintes d’horaire, précise-t-on. Outre la surveillance, le quotidien est rythmé par le ramassage, le tri, la mise en alvéole et la palettisation des œufs. A la fin de chaque lot, il faut aussi prévoir le chargement des pondeuses réformées, le nettoyage et la désinfection du bâtiment ainsi qu’un vide sanitaire. « Contrairement à d’autres productions, un éleveur de poules pondeuses peut facilement se faire remplacer », fait valoir David Lecouffe qui évoque les automatismes mis en œuvre dans le bâtiment, l’encadrement technique et de conditions de travail agréables (une salle de ramassage saine et chauffée).

Revenu garanti sur 15 ans

« Un bâtiment poules pondeuses est une source de diversification intéressante procurant un revenu garanti supplémentaire », argumente le technicien. Une solution pour installer un associé sans agrandissement ou changer d’activité. « Le revenu n’est pas indexé sur le cours de l’œuf. Garanti sur une durée de 15 ans - le temps de remboursement du bâtiment - ce revenu atteint 1.000 à 2.500 € par mois, déduction faite du bâtiment et de la MSA. C’est ce qui explique que les banques suivent », fait valoir David Lecouffe. A noter l’existence d’une possibilité de co-financement avec le groupe Dauphinoise.

 « Nous avons besoin de 300.000 poules supplémentaires en alternatif », annonce le technicien. Une vingtaine de projets sont en cours sur la zone d’Envie d’œufs Sud-Est.

Plein air, bio : bâtiment avec parcours

Mises en place à 17 semaines d’âge, les poules pondeuses produisent pendant environ un an. En plein air, les bâtiments vont de 10.000 à 30.000 poules à raison de 9 poules par mètre carré à l’intérieur plus 4 mètres carrés par poules de parcours extérieur. En bio, les bâtiments vont de 9.000 à 12.000 poules à raison de 6 par mètres carrés intérieur + 4 mètres carrés de parcours. Non chauffés, ces poulaillers vont de 1.500 à 2.500 mètres carrés pour des longueurs comprises entre 85 et 130 m, indique David Lecouffe. Il faut prévoir plusieurs hectares de parcours ; au moins 6 hectares pour 15.000 poules, par exemple. « Tous les types de terrain conviennent », assure le technicien, « pourvu qu’il y ait de l’eau, de l’électricité, des accès routiers ». Le coût du bâtiment s’élève entre 42 et 50 € par poule pour un plein-air et 65 à 70 € par poule pour un bio.

Problèmes sanitaires rares

« Les problèmes sanitaires sont rares en poules pondeuses ; les poulettes ont été vaccinées », assure David Lecouffe qui fait valoir que les élevages Envie d’œufs Sud-Est parviennent à se passer d’antibiotiques. En cas d’apparition de salmonelle, un système d’indemnité pour perte d’exploitation protège les éleveurs.

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