Viticulture

Tous les cépages et toutes les régions viticoles françaises sont concernés par l’Esca

Certains cépages se montrent beaucoup plus sensibles que d’autres. Par exemple, la syrah et le pinot noir expriment peu la maladie. Par contre le sauvignon, le riesling et le trousseau N sont extrêmement sensibles. Le chardonnay et le gamay se classent parmi les cépages moyennement à fortement sensibles.

Mais d’autres facteurs interviennent car le chardonnay dans l’Yonne et la Saône-et-Loire présente davantage de symptômes que le chardonnay de la Marne.

On note aussi de fortes disparités dans une même région, pour un même cépage et des parcelles du même âge. Par exemple en Bordelais, les ceps improductifs en 2008 sur Sauvignon variaient de 15 à 54 % selon les parcelles.

Un autre constat, l’Esca est de plus en plus présent sur jeunes vignes. Les fréquences élevées de présence de l’Esca correspondent à un âge moyen oscillant entre 15 et 25 ans. (Grosman et Doublet, 2012).

L’observatoire national des maladies du bois estime que les ceps improductifs, c’est-à-dire, l’ensemble des ceps altérés au niveau du bois et les plus symptomatiques au niveau foliaire, représentaient 13 % en 2013 contre 6% en 2003.

Certains attribuent la recrudescence de l’Esca à l’arrêt de l’utilisation de l’arsenite de sodium mais on constate cette progression même dans les pays qui n’ont jamais utilisé ce produit comme la Suisse.

Le changement climatique est une des raisons de cette augmentation des symptômes. Il est reconnu que les longues périodes de sécheresse sont des périodes de stress pour la vigne. Et de manière globale on peut dire que tout ce qui perturbe la mise en réserve et les flux de sève vont être propices à l’Esca. Par exemple, on peut citer l’excès ou le déficit de vigueur, les rendements élevés, les carences, les gelées printanières, la grêle, les ceps montés trop rapidement, les plaies de taille …

Un autre facteur extrêmement important est la qualité du matériel végétal et la qualité de la plantation. La qualité de la soudure et de l’enracinement des greffés soudés jouent un rôle essentiel sur la vie du futur cep. La forte demande de plants que l’on a connue à partir des années 2000 s’est sans doute traduit par la vente de plants moins qualitatifs.

Il est impératif de vérifier la soudure des greffés soudés et de bien les conserver entre la réception et la plantation. Il faut éviter les plantations tardives pendant les fortes chaleurs et arroser les jeunes plants en fonction de la saison.

Après plantation, il est impératif de bien former les troncs des jeunes ceps et éviter les déséquilibres d'appels de sève. Dès la première année on peut donner un coup de sécateur fatal pour le cep.

Il faut laisser le jeune plant s’implanter correctement en évitant d’entrer trop tôt en production.

Il est recommandé de tailler par temps sec et éviter les plaies trop rases souvent facilitées par l'usage du sécateur électrique. Il est préférable de laisser des « chicots » ce qui minimise les cônes de desséchement.

Il faut respecter les flux de sève en choisissant une taille dite non mutilante comme le Guyot Poussard.

Catherine Tournemelle

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