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Le paysage culturel de l’élevage bovin charolais, candidat au patrimoine de l’Humanité

Le 25 mars, le Rotary Club de Mâcon accueillait Dominique Fayard, chargée de mission au Pays Charolais-Brionnais, pour une conférence sur le projet d'inscription du paysage culturel de l'élevage bovin charolais au patrimoine national de l'Unesco.

Les 33 rotariens présents ont été captivés par cette intervention. Dans l’assistance, plusieurs membres originaires du Brionnais ou y ayant des attaches familiales ou amicales ont apporté leur témoignage sur la qualité du paysage de cette petite région agricole et de l'élevage qui y est pratiqué. C’est d’ailleurs cette dernière activité qui a façonné au fil des années ces magnifiques paysages.

A l'issue de la présentation et des échanges riches et nombreux qui ont suivi, les rotariens étaient unanimes pour encourager et soutenir cette démarche qui vise à valoriser le patrimoine local et à promouvoir un mode d’élevage traditionnel respectueux des animaux et de l’environnement.

La démarche, initiée en 2012 par les élus du Charolais-Brionnais, a connu une première validation en 2018 avec l'inscription sur la liste indicative de la France. Le Comité français des Biens a reconnu que cette candidature « constitue un véritable enjeu à la fois scientifique et sociétal, en raison de son intérêt pour l’histoire de l’alimentation mondiale et pour celle des relations entre un territoire, son élevage et ses éléments constitutifs ».

Le grand absent !

Le paysage culturel de l’élevage bovin charolais est le premier paysage rural de bocage associé à l’élevage bovin à candidater au patrimoine mondial. Alors que les paysages ruraux sont très peu représentés sur la Liste, les seules activités agricoles qui s'y trouvent sont les vignes, les productions tropicales et l'élevage ovin. L’élevage des bovins, pratique humaine immémoriale, est le grand absent.
Dès le XVIIIe siècle, l’élevage et l’embouche (engraissement à l’herbe) des bovins ont contribué à façonner en Charolais-Brionnais un paysage bocager et herbager, mettant à profit ses caractères géologiques comme sa proximité avec les débouchés urbains de sa production. L'élevage de la race charolaise s'est transformé mais ses évolutions n'ont jamais induit de changements profonds dans les traits essentiels du paysage.


Reconnaissance et agrotourisme


La candidature au patrimoine mondial proposée par le Charolais-Brionnais porte à la fois des enjeux patrimoniaux et économiques. Elle a pour objectifs de préserver un paysage de bocage et un patrimoine bâti remarquables, qui font l’admiration des visiteurs, de contribuer à la diversification économique du territoire, notamment touristique et agrotouristique, et de fédérer la population autour d’un projet ambitieux. En outre, elle participe à renforcer le label Ville et Pays d’art et d’histoire obtenu par le Pays Charolais-Brionnais en 2007.

La démarche n’a pas pour objectif de mettre « sous cloche » le territoire mais de favoriser son développement tout en veillant à ce que celui-ci ne porte pas atteinte à la qualité de ses paysages et à la valeur universelle exceptionnelle du Bien proposé en mettant en œuvre un plan de gestion co-construit et partagé avec les habitants.

La candidature est une formidable opportunité de valoriser les productions agricoles locales, l’élevage charolais à travers tous les maillons de la filière, la race charolaise et son mode d’élevage à l’herbe et de véhiculer une image attractive du territoire. Elle est aussi génératrice de retombées touristiques et économiques.

Le projet, désormais porté conjointement par le PETR du Pays Charolais-Brionnais et les services de l’Etat, avec le soutien du Département et de la Région, est en bonne voie.

Dominique Fayard

A co-construire avec l’agriculture

Lundi en bureau FDSEA, le sujet de la candidature à l’Unesco des paysages du bocage et de l’élevage bovin du Charolais-Brionnais était à l’ordre du jour. Si évidemment, à l’image de la chambre d’Agriculture qui a déjà signé et manifesté son soutien, la profession veut être partenaire pour « maintenir un territoire vivant, attaché à ses bâtiments, son bocage et évidemment son élevage ». Pour autant, FDSEA et JA seront attentifs à « ne pas voir de nouvelles contraintes » s'abattre sur l'agriculture en cas de futur classement. Bien sûr un territoire reconnu, touristique… permettant de développer l’activité économique rural est à souhaiter mais de façon « co-construit » avec la profession agricole « pour ne pas écarter les questions des jeunes producteurs » notamment. Finalement, l’agriculture qui est à l’origine des paysages demande simplement à prendre part à son avenir et est totalement légitime pour le faire dans ce dossier. « Il n’y a que par la qualité que l’on pourra valoriser nos élevages ». Et l’Unesco est clairement une reconnaissance mondiale en la matière. Une pierre de plus à l’édifice.

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