Département

Le poignant témoignage de Ginette Kolinka au lycée de Fontaines

Petit bout de femme de 94 ans, Ginette Kolinka a su parfaitement manier l’humour et la dérision pour évoquer un sujet ô combien compliqué : la déportation et les camps d’extermination. Un témoignage qui aura su toucher les élèves du lycée de Fontaines, attentifs au récit d’une survivante.

Ginette Kolinka a su montrer que la vie l'a emporté sur l'horreur.

Surtout, n’allez pas dire à Ginette Kolinka qu’elle est une héroïne. Elle saurait, avec une bonne dose d’humour, vous remettre à votre place et rappeler qu’elle a surtout eu beaucoup de chance. Chance d’avoir survécu à l’enfer des camps de la mort mis en place par le troisième Reich et la folie meurtrière d'Adolf Hitler. Invitée à se rendre au lycée de Fontaines afin de partager son histoire, elle a parfaitement su captiver son auditoire le 3 avril dernier. Quelque 400 élèves ont ainsi pu découvrir le parcours de cette femme ordinaire au parcours extraordinaire au cœur de la seconde guerre mondiale.

Passeurs de mémoires

De sa vie parisienne à son internement au camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau en passant par son arrestation du côté de Drancy, Ginette Kolinka a parfaitement su dépeindre son quotidien fait d’humiliation, de souffrance et d’horreurs. Les épisodes se succèdent à l’image de son épouvantable voyage en train. Ou encore de l’arrivée au camp de travail avec des cheminées qui recrachaient des fumées à l’odeur nauséabonde. « C’était le début de l’enfer. J’ai survécu car j’ai eu de la chance. Lorsque j’étais dans les camps, j’en étais réduite à l’état de loque, de robot ». Entre malnutrition, conditions climatiques extrêmes, maladies et autres violences quotidiennes, les prisonniers en sont réduit à tenter de survivre. Pendant près d’une année pour Ginette Kolinka avant un transfert salvateur dans un autre camp, plus « humain ». Une fois la guerre finie, Ginette Kolinka aura le bonheur de retrouver une partie de sa famille à Paris, même si le passage par les camps lui auront à tout jamais ôté la capacité à verser des larmes.

Et de s’adresser aux élèves avec un message d’espoir. « Après m’avoir écouté, j’espère que vous deviendrez notre mémoire ». Un message qui s’adressait notamment aux 39 élèves qui allaient se rendre, du 9 au 11 avril, non seulement au tristement célèbre camp d’Auschwitz-Birkenau mais aussi dans l’ancien ghetto de Cracovie ainsi qu’à l’usine d’Oskar Schindler transformée en musée.

Vos annonces légales en ligne au meilleur prix
Publiez vos annonces en quelques minutes et obtenez votre attestation immédiatement

Services

Recevoir la newsletter