Viticulture

La viticulture à l'aube du sans phyto

L’assemblée générale du BIVB du mardi 18 décembre à Beaune a été l’occasion de refaire le point sur la charte de « bonnes conduites » et sur les alternatives se présentant en remplacement de certains produits phytosanitaires.

Au cinéma de Beaune, devant l’écran géant, le viticulteur dijonnais témoigne avec conviction : « cela fait maintenant huit ans qu’on ne désherbe plus, sept ans qu’on ne passe plus d’antipourriture, cinq ans sans insecticide. Et nous ne ferons pas marche arrière ». Cerné par les habitations sur sa commune de Marsannay-la-Côte (21), Martin Bart n’a pas eu d’autre choix que de s’adapter aux attentes de ses voisins, et de la société en général, pour pouvoir continuer son activité.
Cependant, il s’est montré rassurant face à l’assistance composée de ses collègues viticulteurs de la région : « 2018 était notre deuxième année sans CMR*. 2017 fut une bonne réussite... et cette année également ! » La recette de la bonne récolte réside malgré tout dans l’investissement dans un équipement adapté.  « Ce qui a un coût », concède Martin Bart, avant de rajouter, toujours rassurant, que « la palette de produits non CMR est à mon sens suffisante aujourd’hui… En sachant que par ailleurs, il ne faut pas viser le risque zéro vis-à-vis des attaques sanitaire ! ».

Casser l’image des pulvé

Reste qu’il faut communiquer sur ces pratiques nouvelles et futures car elles nécessitent toujours malgré tout le passage des pulvérisateurs dans les rangs de vignes. C’est cette image-là qui passe de moins en moins facilement auprès de la population car cet équipement est immédiatement associé à la notion de « produits poison ». « C’est le rôle des organismes - tels que les chambres d'Agriculture ou le BIVB - de nous soutenir en communiquant auprès du grand public », conclue le presque Dijonnais.
C’est donc dans ce cadre qu’a été initiée la charte régionale Engager nos terroirs dans nos territoires signée en juillet 2017. Fortement inspirée d’une démarche née dans la Saône-et-Loire sous l’impulsion des instances locales professionnelles, institutionnelles et territoriales**, cette charte des vins de Bourgogne est une première aide au dialogue entre pro et société civile.
Pour rappel, ce document vise à expliquer le métier de viticulteur et à réussir le bien vivre ensemble. Il rappelle à chaque viticulteur les notions de responsabilité quant à son usage des produits phytosanitaires. Enfin, la charte est prévue pour être un support mettant en œuvre des actions pour limiter les dérives. « Nous avons déjà mis en place un programme sans CMR ni désherbage chimique qui teste enherbement, couvert végétaux et engrais verts », souligne Jean-Hugues Goisot, président de la commission technique de la CAVB. Des actions qui vont se développer en 2019.

Une plateforme et des haies

Mais Frédéric Barnier, président de la commission technique et qualité du BIVB, l’a bien rappelé : « ne pas traiter nos vignes, c’est ne pas récolter ». Alors pas d’autres choix que d’accompagner les professionnels sur de nouvelles pratiques et alternatives. « Dans ce cadre, nous avons mené deux projets en 2018 : Demat’Vigne et Pangolin. Demat’Vigne, présente-t-il, est une plateforme pour tester des itinéraires sans CMR ni pesticides, pour en tirer une méthode et des alternatives qui fonctionnent. Pangolin vise à tester l’efficacité des haies en bordure de zones sensibles. Cette étude sera prolongée en 2019. »
Tout ceci fera l’objet de la mise en place d’une méthodologie précise, permettant d’en conclure un guide, des indicateurs et un référentiel commun. « Pour que tout le monde s’investisse et obtienne des résultats, il nous faut des repères et un guide nous permettant d’expliquer et prouver les résultats obtenus ».
À l’issue de ces présentations, François Labet est revenu sur le fait qu’il « n’y a pas de démarches multiples en Bourgogne. Il n’y a que des AOP pour éviter tout soupçon de mélange ». Et le président du BIVB d’insister : « tout ceci prouve notre volonté de viser l’excellence ». L’actuel programme d’accompagnement vers de nouvelles pratiques est dans cette même veine d’authenticité et de terroir.

* CMR pour cancérogène – mutagène - reprotoxique
** la charte départementale des bonnes pratiques agricoles et viticoles pour l’usage des produits phytopharmaceutiques à proximité des établissements sensibles, signée en juillet 2016

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