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Face aux difficultés, Elva Novia entend maintenir le cap

Nouvelle année compliquée pour la coopérative Elva Novia, qui a vu son volume d’activité "Insémination" reculer de -11 %, en raison d’une concurrence accrue et d’éléments conjoncturels particulièrement pénalisants. Retour sur son assemblée générale du 7 décembre dans le Puy-de-Dôme.

Robert Chaumont, président d’Elva Novia.

« Après cinq années d’existence, est venu le temps pour Elva Novia de se poser et de réaffirmer ses valeurs bâties autour des éleveurs, de l’emploi et des territoires ». C’est en ces termes que s’est exprimé, le 7 décembre dernier, le président de la coopérative d’élevage et de génétique, Robert Chaumont, devant les adhérents réunis à Lempdes, dans le Puy-de-Dôme, à l’occasion de l’assemblée générale. La concurrence féroce des Bretons, à l’œuvre depuis bientôt deux ans dans la Creuse, le Puy-de-Dôme et l’Allier, les débauchages à répétition d’inséminateurs, la démission de certains administrateurs ont sans aucun doute accéléré la remise en question de la structure.

Très concrètement, Elva Novia termine son exercice 2016-2017 avec une baisse de -11 % du volume des inséminations, son activité majeure. Les actes sont en recul de -7 % en vaches laitières et de -15 % en vaches allaitantes. Du jamais vu.

« La conjoncture laitière encore difficile peut expliquer la baisse du nombre d’insémination. En allaitant, nous avons été particulièrement pénalisés par la multiplication des anoestrus », expliquait le directeur, Luc Chopart. Il y a un an, juste avant l’hivernage, les bêtes ont en effet pâti d’un fourrage de piètre qualité sur la quasi-totalité du secteur d’activité d’Elva Novia, ce qui a eu pour principale conséquence une diminution des chaleurs, et donc un retardement de la fécondation. Au final, la coopérative a procédé à environ 200.000 inséminations bovines, dont 73.000 en races allaitantes (et 61.000 rien qu’en race charolaises), 3.900 inséminations ovines et 1.500 caprines.

L’heure est à la remobilisation

Le résultat de la coopérative a évidemment été impacté par ces défaillances. « Un travail important sur les charges nous a permis de limiter les dégâts », mettait en avant Robert Chaumont. La bonne tenue des autres activités a compensé en partie les pertes. « Les échographies ont progressé de +30 %, l’activité repro-fournitures se porte bien (Généform), tout comme l’activité hygiène (Saphir) », détaillait le directeur.

Au premier trimestre 2017, à l’heure d’élaborer son projet coopératif pour 2020, Elva Novia avait ainsi réuni ses administrateurs, ses cadres, ses inséminateurs. Objectif : remobiliser les troupes pour continuer à être moteur sur les projets au service des éleveurs. Dispositif de fidélisation des éleveurs, investissement dans un logiciel expert (Cap Repro+), application web en cours de développement, dispositif de monitoring de troisième génération (Moocall), création d’une gamme d’aliments à la carte combinant matières premières et minéraux… sont autant de projets actuellement développés au sein d’Elva Novia.

« La réponse à l’adversité, c’est la résistance et la capacité à innover », estimait le président, qui, sans nier la concurrence, invitait chacun à faire preuve de loyauté. « Les tarifs de nos concurrents peuvent paraître alléchants, mais pour combien de temps et avec quels services ? ».

Sophie Chatenet

 

« Le résultat d’exploitation de la coopérative est mauvais », notait Robert Chaumont, président d’Elva Novia. « Si le président ne peut s’en satisfaire, l’éleveur que je suis ne comprendrait pas que la coopérative ne traverse pas des difficultés, alors que les éleveurs en traversent tous ».

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