Elevage

En élevage, faire du bonheur une valeur ajoutée !

Initiée par un vétérinaire, la démarche « Happy » s’évertue à mettre en valeur les pratiques des éleveurs heureux dans leur métier. Une sérénité qui, sur ces fermes, touche aussi les animaux et s’avère bénéfique à tout l’environnement.

"La démarche Happy est un excellent moyen de modifier l’image de l’élevage auprès du consommateur en donnant les moyens aux éleveurs d’être positifs », estime Lionel Reisdorffer.

La démarche « Happy » a été lancée en 2016 par le vétérinaire Lionel Reisdorffer. Ce dernier dirige la société Obione, basée à Mâcon, qui élabore et fournit une gamme d’aliments complémentaires pour vaches laitières et allaitantes. Initiée par des vétérinaires, Obione exerce également une grosse activité de formation et d’audits en élevage. « Spécialisés dans l’alimentation, la nutrition et le management des animaux, nous passons notre temps à régler les problèmes en élevage. De ce fait, nous ne rencontrons pas les éleveurs qui n’ont pas de problème », confie Lionel Reisdorffer qui constate aussi que ces problèmes proviennent finalement assez rarement d’un microbe. C’est le management des animaux qui est en cause dans la plupart des cas, observe-t-il.

Des élevages sans problème

Devant ce constat, Lionel Reisdorffer a voulu s’appuyer sur les élevages « sans problème, en valorisant leurs bonnes pratiques, dans une démarche appelée « Happy ». Un réseau d’éleveurs Happy a été constitué. Lionel Reisdorffer et ses collaborateurs les rencontrent un à un pour s’assurer que leurs exploitations sont dignes de la démarche. Ils sont soumis à 200 questions qui ont donné lieu à 800 enregistrements de pratiques. Ce travail d’enquête a permis d’élaborer une sorte de référentiel des pratiques « Happy ». Dans un élevage Happy, « les rapports aux animaux et à l’environnement sont très positifs et les éleveurs sont heureux de faire leur métier », synthétise Lionel Reisdorffer. « Des éleveurs heureux font des animaux heureux… », résume-t-il.

Vers un signe de qualité

Une démarche qui va jusqu’au consommateur, car les produits porteurs de ce message-là – issus de la démarche Happy – répondent à la demande des consommateurs, explique le vétérinaire. Certifiée par un réseau de vétérinaires signataires d’une charte - les « Happy Vet », et rejointe depuis par d’autres professionnels des filières d’élevage (fournisseurs, etc…), la démarche Happy a pour vocation d’être reconnue officiellement. Telle un signe de qualité qui permettrait « de faire du bonheur une valeur ajoutée de l’éleveur au consommateur », argumente Lionel Reisdorffer.

150 éleveurs heureux !

Aujourd’hui, le réseau Happy compte 150 éleveurs de bovins « heureux » dans toute la France. Des élevages qui ont souvent en commun une bonne ambiance en bâtiments, la propreté des animaux, la bonne disponibilité de l’alimentation et de l’eau, un état corporel satisfaisant, pas de maladie chronique, des animaux calmes et curieux… « Ces élevages présentent aussi une bonne interaction entre les animaux et les hommes avec des éleveurs sereins, qui parviennent à prendre des vacances et dont les objectifs financiers sont atteints… », décrit Lionel Reisdorffer.

Du bon sens

« Il existe des élevages où les veaux ne meurent pas ! », lance le vétérinaire qui ajoute que le taux de mortalité moyen chez les 150 éleveurs « Happy » est de seulement 3%.

C’est pour pouvoir faire partager leurs recettes que le réseau Happy a été constitué. Des pratiques qui, finalement, sont pleines de bon sens. Mais dont la mise en œuvre peut s’avérer très compliquée selon le contexte des exploitations, reconnait le vétérinaire. Régler un problème d’humidité lié à un bâtiment, par exemple. « Il faut savoir que les vaches n’ont jamais froid », assure-t-il. D’ailleurs, l’amélioration de l’ambiance passe parfois par du gros œuvre, fait-il remarquer.

« On aimerait désormais fédérer une cinquantaine de fermes « Happy » dans le bassin charolais. La démarche Happy est un excellent moyen de modifier l’image de l’élevage auprès du consommateur en donnant les moyens aux éleveurs d’être positifs », conclut Lionel Reisdorffer.

Happy : diagnostics et formations Vivéa

Pour améliorer les choses, la démarche Happy s’est dotée d’outil pour réaliser des diagnostics. Elle a mis au point un programme de formations destiné aux éleveurs. « Le premier objectif est de les convaincre que la solution à leur problème n’est pas un médicament ou un vaccin et qu’il existe des pratiques qui s’avèrent bénéfiques pour leurs troupeaux », explique Lionel Reisdorffer. Ces formations comprennent des échanges avec d’autres éleveurs et prévoient des visites en élevages. Elles viennent d’être accréditée par Vivea.

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