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Transition écologique La FNSEA rappelle l’engagement des agriculteurs

Renouant avec une ancienne habitude, la FNSEA s'est exprimée la veille de l’ouverture du Space, le 9 septembre. Sur une exploitation à quelques kilomètres de Rennes, les représentants nationaux et régionaux ont évoqué les différents sujets d’actualité, notamment la question des distances minimales d’épandage, évoquant plus largement la volonté d’un dialogue apaisé entre citoyens et agriculteurs et demandant au ministre un peu plus de soutien sur cet aspect.

En dépit de la médiatisation de l’arrêté pris par le maire de Langouët en vue d’interdire les épandages de pesticides à moins de 150 mètres des habitations, le projet d’arrêté du gouvernement, mis à la consultation, préconise finalement des distances minimales de 5 mètres pour les cultures basses et de 10 mètres pour les cultures hautes, se basant sur les recommandations de l’Anses. Si cette mesure rassure la FNSEA, « nous travaillons pour que les chantiers locaux permettent de faire au cas par cas », explique Christiane Lambert. Ainsi, les chartes riverains prévues dans le cadre de la loi Egalim sont en négociation au niveau départemental pour garantir avant tout la sécurité des riverains, la distance minimale de traitement n’étant pas le seul moyen de protection. D’autres solutions peuvent et doivent être évoquées : murs, haies, technologies de précision comme les buses anti-dérives, les panneaux récupérateurs en arboriculture et viticulture, désherbage mécanique, voire de nouvelles techniques en développement. « La recherche avance, il faut laisser le temps aux scientifiques de faire leurs découvertes », insiste Thierry Coué, président de la FRSEA Bretagne. « Les agriculteurs d’aujourd’hui ont un vrai degré de précision, il n’y a pas de dérive de produit », insiste la présidente de la FNSEA, illustrant son propos de photos montrant que juste à côté des parcelles traitées, les adventices poussent sans aucun problème, signe de l’absence de dérive de pesticides. Malgré les initiatives d’une trentaine de maires inspirés par l’exemple de Langouët, sur le terrain la discussion reste heureusement plus apaisée, indiquent les représentants de la FNSEA. L’objectif de 30 chartes riverains signées devrait être atteint fin septembre, et la totalité des chartes (départementales) devraient être signées avant la fin de l’année, précise Thierry Coué. Sans oublier, le Contrat de solutions proposés par la profession avec tous les instituts techniques.

L’agriculture veut des preuves d’amour

Pourtant, l’agriculture, qui est l’un des secteurs les plus impactés par le changement climatique, a déjà bien amorcé sa transition, rappelle Christiane Lambert, chiffres à l’appui : « -77 % d’utilisation des antibiotiques en 5 ans, 90 % des plastiques qui sont recyclés... ». Néanmoins, montrée du doigt dans les médias, l’agriculture est de plus en plus attaquée et les intrusions par des militants environnementalistes dans les exploitations, notamment en Bretagne, se font de plus en plus fréquentes. Cette situation a d’ailleurs fait l’objet d’un rendez-vous entre la FNSEA et le ministre de l’Intérieur, le 4 septembre. Un soutien plus appuyé du gouvernement est donc attendu par les agriculteurs qui ne comprennent pas, d’ailleurs, la volonté des dirigeants de ratifier les traités de libre-échange. « L’agriculture canadienne, c’est des exploitations de 1.200 vaches en moyenne contre 60 en France, des farines animales autorisées dans l’alimentation, plus de 40 pesticides qui sont interdits en France... » rappelle Christiane Lambert. Et si le président de la République a fait marche arrière en ce qui concerne l’accord avec les pays du Mercosur (le Ceta ayant été, lui, ratifié en juillet), il n’en reste pas moins que « fondamentalement, ces accords commerciaux sont totalement contraires aux Etats généraux de l’alimentation », rappelle Christiane Lambert. Des Etats généraux qui prônaient la montée en gamme et qui, pour le moment, n’ont pas tenu leurs promesses de meilleure rémunération des agriculteurs, alors que les nouvelles négociations commerciales avec la grande distribution vont recommencer le 1er octobre. Au ministre de l’Agriculture qui vient inaugurer le Space le 10 septembre, les agriculteurs demandent donc « des preuves d’amour », souligne Cédric Henry, président de la FDSEA d’Ille-et-Vilaine. « Nous avons besoin d’un ministre fort, qui réconcilie les agriculteurs et la politique, et qui fasse entendre la voix des paysans », ajoute-t-il. « Nous voulons des actes », résume de son côté Thierry Coué.

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