Viticulture

Autorégulation de l’étiquetage du vin : les producteurs tentent de convaincre le commissaire européen à la santé

Le commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis, s’est rendu dans le sud-ouest de la France le 3 septembre dans la région de Carcassonne où il a visité la coopérative vinicole Foncalieu et une exploitation viticole, Château La Grave, pour observer le processus de production et de mise en bouteille et ainsi évaluer - sur le terrain - l’offre d’autorégulation présentée en mars dernier à la Commission par la filière vinicole de l’Union Européenne pour l’étiquetage des boissons alcoolisées (ingrédients, déclaration nutritionnelle). Une offre sur laquelle le commissaire européen a déjà émis des « doutes sérieux ».

 

« Notre objectif pour l’avenir est de permettre aux Européens d’avoir accès à des régimes alimentaires sains et durables et pour cela il me semble essentiel de les informer, non seulement sur ce qu’ils mangent mais aussi sur ce qu’ils boivent », avait déclaré le commissaire européen avant ce déplacement effectué à l’invitation des professionnels.

Information et compétitivité

« Nous nous engageons à collaborer avec la Commission et les autres institutions européennes, afin de trouver une solution qui nous permettra de fournir des informations pertinentes aux consommateurs tout en assurant la compétitivité de nos producteurs. La collaboration est indispensable et nous souhaitons faire des progrès rapidement », a expliqué lors de cette visite, le vigneron, Thierry Coste, président du groupe de travail vin des organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca).

Pour sa part, Thomas Montagne, le président de la Confédération européenne des vignerons indépendants (Cevi), a jugé « crucial de développer des outils qui soient à la fois gérables par les PME et utiles et faciles à utiliser par les consommateurs ».

Si la proposition d’autorégulation de l’étiquetage soumise par la filière devait être « jugée insatisfaisante », la Commission procéderait à une évaluation d’impact pour examiner d’autres « options disponibles », rappelait récemment le commissaire européen à l’agriculture Phil Hogan. Affaire à suivre donc...

« Contient du lactose »… et 4 kg/ha/an de cuivre en bio !

Est-ce un nouveau effet collatéral du développement du mouvement vegan ? On pensait le monde du vin à l'abris voir même, pour certains pouvant surfer sur ce phénomène à la mode pour produire des vins estampillé vegan (sans collage aux oeufs). Mais c'était sans compter l'inventivité des plus extrêmes qui peut arriver même sous un aspect cartésien... Dans un avis scientifique publié le 3 septembre, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) estime que le lait de vache peut être autorisé en tant que substance active pour le traitement de certaines maladies fongiques, notamment le mildiou sur la vigne. Ce qui impliquerait que le produit soit étiqueté comme contenant… du lactose.

Plus inquiétant et impactant, la Commission européenne envisage de renouveler pour cinq ans l’autorisation d’utiliser le cuivre en agriculture, à raison, s’agissant de l’utilisation de ce fongicide en viticulture biologique, de 4 kg/ha/an sans lissage (contre 6 kg/ha/an avec lissage sur cinq ans actuellement) (5).

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