Culture Actualité

Blé dur : la France parmi les grands exportateurs potentiels

Le Conseil céréales de FranceAgriMer du 16 mai, a augmenté de 200.000 tonnes, à 1,200 millions de tonnes, sa prévision d’export de blé dur français à l’Union Européenne, réduisant ainsi de 140.000 tonnes l’estimation de stock de report commercial. Mais le stock à la ferme demeure pléthorique.

Le Conseil spécialisé céréales de FranceAgriMer avait inscrit au programme de sa réunion du 16 mai, un « focus » blé dur dont on pouvait penser qu’il aborderait quelques problèmes de fond, tel le plan de relance. En définitive, il a s’agit d’un exercice statistique, consistant entre autres, à situer la production et le marché français dans le contexte international. Dans ses dernières projections pour la campagne 2018/2019, le CIC (Conseil international des céréales) prévoit une production mondiale de 38,5 millions de tonnes (Mt), dans laquelle la France interviendrait pour 1,9 Mt, loin derrière l’Italie (4,5 Mt) dans l’Union Européenne (UE), l’offre mondiale étant dominée par le Canada avec 5,8 Mt (toujours selon ces projections). La Turquie, le Mexique, les Etats-Unis, les pays du Maghreb, figurent parmi les autres grands producteurs. La consommation mondiale correspondrait à peu près à la production en 2018/2019, mais parmi les pays producteurs certains, comme ceux du Maghreb sont importateurs nets, d’autres, comme le Canada ou le Mexique consacrent une part importante de leur récolte à l’exportation et les échanges internationaux portent, sur plus de 8 Mt. La France a été gratifiée, dans les bilans prévisionnels de FranceAgriMer, pour l’actuelle campagne, d’une prévision d’exportation de 1,530 Mt, dont 1,2 Mt à destination de l’U.E, soit 200 000 t de plus que prévues en avril. Ce qui peut sembler beaucoup si l’on considère l’apathie actuelle du marché, illustrée par le manque de cotations, mais permet de ramener le stock de report commercial à 145 000 t contre 284 000 t annoncé en avril. En revanche le stock à la ferme est encore alourdi, à 218 000 t soit 113 % de plus qu’à l’issue de la précédente campagne. Un stock qu’il va falloir dégager avant la prochaine moisson pour éviter une grosse pression sur les prix.

Une baisse des surfaces à relativiser 

La moisson s’annonce belle malgré une réduction des surfaces de 2,6 % des emblavements par rapport à 2017, à 364 000 ha, mais encore supérieurs de 5,2 % à la dernière moyenne quinquennale, grâce aux effets du plan de relance les deux années précédentes. Cette réduction des surfaces n’est ni générale, ni inéluctable. Si la régression est quasi régulière en région PACA depuis 10 ans, on peut la juger conjoncturelle dans le Centre où d’importants incidents de récolte, l’an dernier et des prix bas pour les blés de médiocre qualité qui en ont résulté, ont découragé nombre de producteurs. Une bonne récolte 2018 relancerait sans doute cette culture dans une grande région céréalière exploitée par des producteurs techniquement pointus. En Occitanie, la reprise de production s’effectue lentement depuis 3 ans, alors que la région Ouest-Océan confirme son dynamisme se rapprochant des plus hauts niveaux de 2010 avec une superficie de 82 000 ha après être tombé à quelque 50 000 ha en 2014.

Dégager les stocks 

A l’issue de Conseil céréales son Président, Rémi Haquin, affirmait le bon potentiel cultural et économique du blé dur, rappelant sa confiance dans le plan de relance. Dans l’immédiat, pour assurer l’équilibre de la prochaine campagne, il faut dégager les silos avant la récolte, au risque, sinon, de les voir lourdement peser sur les cours ; les collecteurs mènent une campagne dans ce sens auprès des détenteurs de stocks à la ferme. 

La culture du soja décolle en Île-de-France

La culture du soja remonte de plus en plus vers le nord de la France. Partie du Sud-Ouest dans les années 1990, elle s’est développée en Bourgogne et Franche-Comté, et décolle maintenant en Ile-de-France, avec 400 hectares, a indiqué Charlotte Canale, chargé d’études à l’interprofession des huiles et protéines végétales (Terres Univia), le 10 juillet en Seine-et-Marne. Dans ce département, les surfaces sont passées de 30 à 340 hectares en quatre ans. Cette expansion s’explique par la forte demande en protéines, pour laquelle la France est fortement déficitaire. Et par la recherche de diversification de la part des producteurs de grandes cultures, le prix du blé étant durablement soumis à la concurrence russo-ukrainienne. « Il faut de nouvelles cultures peu exigeantes en engrais et en phytos. Or le soja ne nécessite que 200 €/ha d’investissements en intrants, contre plus de 500 €/ha pour le blé », a précisé Philippe Brayer, céréalier qui cultive 65 ha de soja sur son exploitation de 380 ha, à Rebais en Seine-et-Marne.

Moissons 2018 : léger recul du blé tendre, plus marqué en blé dur et colza (ministère)

Selon les dernières estimations au 1er juillet, la production française de blé tendre atteindrait 36,1 millions de tonnes (Mt), en léger recul de 1,3% par rapport à l'année précédente, annonce le ministère de l'Agriculture dans une note de conjoncture le 10 juillet. La baisse est notamment due à un rendement moyen de 73 q/ha en léger recul (-0,6 q/ha). La production d'orges est annoncée stable à 12,1 Mt, «grâce à un rendement estimé en hausse à 65 q/ha et malgré une baisse des surfaces par rapport à 2017». La production de colza est en net recul (-14,5%) à 4,6 Mt, «du fait de conditions de culture difficiles» - le rendement moyen atteint 30,8 q/ha (-7,5 q/ha). La production de blé dur baisserait de 12,1% sur un an à 1,8 Mt, surtout en raison d'une baisse des rendements (-9,6%). La production de protéagineux est attendue en léger recul (-0,6%), «essentiellement du fait d'une baisse des surfaces». Par ailleurs, les surfaces de tournesol serait en baisse (-3,2%), celles consacrées en betteraves sucrières «stagneraient» à 484000 ha, et celles en pommes de terres de conservation et de demi-saison seraient en forte augmentation (+11,8%).

Services

Recevoir la newsletter