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Mouton Charollais : la vente des agneaux de station se profile

Le grand rendez-vous du mouton charollais aura lieu le vendredi 3 août prochain à Charolles. Le concours national ouvrira la journée avec environ 300 reproducteurs mâles et femelles en compétition. Il sera suivi de la vente des agneaux de station de contrôle individuel (SCI). Entre 70 et 80 des meilleurs jeunes reproducteurs de l’année seront ainsi proposés à la vente aux enchères.

Chaque année, l'OS Mouton Charollais sélectionne les meilleurs agneaux de l'année pour être évalués à la station de contrôle individuel. Les 80 meilleurs d'entre-eux sont vendus aux enchères lors du concours national.

La vente des agneaux de SCI est un évènement important du schéma de sélection de la race Mouton Charollais. Chaque printemps, l’OS sélectionne deux bandes de très jeunes agneaux : un lot de 70 sujets nés en janvier et un autre lot de 70 sujets nés en février. L’OS présélectionne les meilleurs animaux de la race sur les index et leur phénotype. Après une pesée à leur arrivée à la station raciale de Palinges, les agneaux ont quinze jours pour s’habituer à leur nouveau cadre de vie et subir les vaccinations et autres précautions sanitaires. Puis démarre la phase de contrôle proprement dite, d’une durée de huit semaines, avec une première pesée de début de contrôle.

Epaisseur de gras évaluée par échographie

A quatre semaines de contrôle, les agneaux subissent une nouvelle pesée dite de mi-contrôle. Ils sont également tous échographiés « pour évaluer le gras de la partie dorsale, au niveau de la côtelette », détaille la directrice de l’OS, Aline Bonnot. Quatre semaines plus tard, c’est la pesée de fin de contrôle ainsi qu’une seconde échographie pour évaluer l’évolution de l’épaisseur de gras. L’objectif étant de valoriser « les meilleures croissances sans trop de dépôt de gras », résume la directrice. Les agneaux subissent en outre un pointage individuel réalisé par un groupe d’éleveurs-sélectionneurs adhérents à l’OS. Ils attribuent des notes à la largeur et l’épaisseur du dos ; largeur et épaisseur du gigot ; sa descente et son rebondi…

Qualification suprême « AMBO »

Toutes les valeurs de pesée, évaluation du gras, pointages sont combinées dans un index de synthèse station. Cet index se décompose en notes (croissance, poids âge type, gras, conformation) comprises entre 80 et 120, explique Aline Bonnot. Les 20% d’agneaux dont les notes sont les moins bonnes ou qui ont des défauts d’aplombs sont éliminés. Les 14 meilleurs agneaux du millésime sont sélectionnés pour le centre d’insémination national. Leur semence sera diffusée et permettra de tester ces jeunes reproducteurs sur descendances. Chaque jeune bélier donnera lieu ainsi à 50 produits qui seront eux-mêmes évalués sur la qualité de leurs carcasses. Les meilleurs géniteurs obtiendront la qualification suprême « AMBO » pour Améliorateur Boucher. Seulement 5 ou 6 sujets sur les 140 entrés en station au départ obtiennent une telle qualification.

La qualification « RDM » pour « recommandés mixtes » est attribuée aux agneaux dont l’index de synthèse station est supérieur à 100 et dont la mère est une mère à agnelles ou à béliers ; autrement dit de mère bien indexée sur les qualités maternelles, explique Aline Bonnot. Ces animaux qui allient un bon potentiel boucher avec des qualités maternelles sont recherchés par les éleveurs-sélectionneurs, indique la directrice. Ils font partie des meilleures ventes de la station.

La qualification « RDT » pour « recommandé terminal » désigne les sujets supérieurs à 100 dont les mères ne sont ni mères à bélier ni mères à agnelles, mais dont le père est qualifié « AMBO ». Ce sont les meilleurs pour le croisement.

« RDC » recommandés pour le croisement

Enfin, la qualification « RDC » pour « recommandé croisement » est acquise pour tous les autres agneaux proches de 100. Ces jeunes reproducteurs ont subi la même sélection que les autres. Ils ont passé l’épreuve de contrôle avec succès. « Ce sont de bons agneaux que l’on recommande pour le croisement viande », fait valoir Aline Bonnot. Des agneaux qualifiés « RDC » que l’OS aimerait promouvoir davantage auprès des producteurs de viande. La race charollaise étant la première race diffusée en France pour le croisement, les éleveurs utilisateurs sont invités à venir se fournir à la vente nationale. « La vente est d’ailleurs ouverte à tout éleveur et il ne faut pas craindre le mode de commercialisation aux enchères », conclut la directrice.

Concours national à Charolles : une journée charollaise non stop !

Le concours national de moutons charollais aura lieu le 3 août prochain sous la halle de Charolles. Près de 600 ovins sont attendus pour l’occasion. Organisé conjointement à la vente des agneaux de station, le concours national demeure, pour l’OS et les éleveurs-sélectionneurs, un outil incontournable de promotion de la race. Plusieurs nationalités seront représentées parmi les visiteurs : espagnole, autrichienne, belge, suisse, irlandaise… Un éleveur espagnol officiera d’ailleurs dans le jury du concours. Dans chaque ring, un juge adhérent à l’OS opérera en compagnie d’un éleveur étranger, d’un technicien d’organisation de producteurs ou d’un jeune. Le concours ouvrira la journée dès 6h30. Le déjeuner sera servi par des bénévoles de l’association du Syndrôme de Poland.

Et aussi une vente d’agnelles

La vente des agneaux de station débutera à 14h. Elle sera suivie de la vente aux enchères d’une quinzaine d’agneaux de prestige et de béliers. Enfin, la journée se terminera par une vente aux enchères d’une dizaine de lots d’agnelles ayant toute concouru le matin. La remise des prix et le vin d’honneur clôtureront cette journée qui se veut plus animée que jamais.

Retour sur l’assemblée générale délocalisée dans le Lot

Cette année, l’assemblée générale du mouton charollais s’est délocalisée dans le Lot.

Le 31 mai dernier, l’OS Mouton Charollais avait organisé son assemblée générale dans le Lot. Si 50 % des éleveurs adhérents se trouvent en Bourgogne, l’organisme de sélection tient à aller à la rencontre des 50% d’adhérents hors berceau en délocalisant son assemblée générale une année sur trois.

S’il compte un seul éleveur adhérent à l’OS, le Lot détient le plus grand élevage inscrit avec 228 brebis charollaises élevées par Céline Lamothe. Ce département est aussi le berceau de la race allaitante Causse du Lot. « Une race au schéma de sélection bien différent du nôtre avec une structuration ultra collective dans un département très dense en ovin », rapporte la directrice Aline Bonnot qui ajoute que la base de sélection de la Causse du Lot compte 35.000 brebis et 70 éleveurs. Le département du Lot avait également été retenu par l’OS Charollais pour ses attraits touristiques. Une trentaine de personnes dont 20 éleveurs du berceau sont partis de Gueugnon pour le Lot. Sur place, ils ont été rejoints par une dizaine d’éleveurs d’autres départements (Creuse, Indre, Vienne, Corrèze, Pyrénées Atlantiques, Charentes). Accueillis sur place par les responsables locaux, les participants ont séjourné au Grand Couvent de Gramat. Le lendemain de l’assemblée, les participants ont visité l’élevage charollais de Céline Lamothe ainsi qu’un élevage de Causse du Lot avec présentation de la coopérative Capel.

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