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Charolais Horizon se met en route pour un nouveau chapitre

Pour ses vingt ans, la coopérative Charolais Horizon dévoile un nouveau chapitre de sa démarche de structuration de filière. Avec toujours en ligne de mire la valorisation de la viande des adhérents par un positionnement au plus près des attentes des consommateurs.

En 2017, Sicarev a fusionné avec Sicavyl. A l’aval, toute l’activité viande du groupe est désormais regroupée sous une seule et même entité. A l’amont, les six coopératives adhérentes de Sicarev n’en feront bientôt plus qu’une seule.

La coopérative Charolais Horizon a vingt ans. C’est en effet en 1998 que les groupements de Saint-Christophe et de Paray décidaient de s’unir. Au sortir de la première crise de la vache folle, la nouvelle coopérative naissait en plein essor de la traçabilité et des filières de qualité. Et ses fondateurs avaient déjà cette conviction qu’il fallait s’impliquer dans la filière jusqu’au produit fini, d’où les relations renforcées avec le groupe d’abattage Sicarev. « La maitrise complète de la chaîne de production des fermes jusqu’à la barquette nous a permis de développer tout un dispositif de contractualisation qui porte aujourd’hui ses fruits », rappelait le président Guy Fonteniaud. « Les démarches label, IGP, AOC, Casino, Moy Park, Carrefour, etc… génèrent de la valeur ajoutée redistribuée aux adhérents en toute transparence », faisait-il valoir.

Lors de sa dernière assemblée générale qui s’est tenu le 31 mai dernier à Digoin, Charolais Horizon a une nouvelle fois exposé son choix de filière à travers une structuration complète de l’éleveur au consommateur. Une version coopérative du circuit court, comme l’argumentait habilement le président du groupe Sicarev Philippe Dumas.

Profiter du plan de filière

Pour les responsables de Charolais Horizon, cette « structuration » est toute indiquée pour le déploiement du plan de filière issu des Etats Généraux de l’Alimentation. Bien que jugé fort « ambitieux », ce plan prévoit notamment le rééquilibrage des relations commerciales, une montée en gamme à travers les signes de qualité et la contractualisation ainsi que la prise en compte des coûts de production. Des impératifs qui ne sont pas pour déplaire aux responsables de la coopérative. Les premiers effets de ce plan de filière se font d’ores et déjà fait ressentir à Sicarev où un fort développement du label Rouge a eu lieu ces derniers mois, rapportait Guy Fonteniaud.

« Reste la question ardue de définir le niveau de prix afin de permettre de rémunérer les efforts de qualité et de développer les volumes », admettait le président. Le groupe espère également des effets du plan de filière sur les démarches IGP Charolais de Bourgogne, bio et AOP Bœuf de Charolles. Depuis l’année dernière, l’abattoir Charollais Viande de Paray-le-Monial est une filière de Sicarev. Inscrit dans le créneau haut de gamme, l’outil dont l’approvisionnement a été revu, a « presque doublé son activité aux dépends de certains groupements et opérateurs privés », se félicitait Guy Fonteniaud.

Regroupement de l’activité viande

Depuis vingt ans, Charolais Horizon et le groupe Sicarev ne cessent de peaufiner leur structuration. En 2017, Sicarev fusionnait avec Sicavyl donnant naissance à une zone de collecte couvrant tout le grand bassin allaitant. A l’aval, le groupe travaille aussi à un regroupement de toutes ses activités viande jusqu’alors réalisées par plusieurs sociétés différentes. C’est ainsi que « Tradival a déjà absorbé Soviber et sera bientôt rejoint par MVPE et la partie viande de Sicarev », détaillait Guy Fonteniaud. A l’exception de deux chevilles traditionnelles qui demeureront des filiales (Charollais Viande et VLF), toute la viande du groupe sera désormais traitée par une seule et même entité. Et cette dernière sera en mesure de fournir tous les produits en bœuf, veau, porc, agneau, expliquait le président.

Fusion des six coopératives de Sicarev

La structuration entreprise par le groupe touche aussi l’amont. Le projet est de fusionner les six coopératives adhérentes de Sicarev en une seule. Covido-Bovicoop, CEBM, Cialyn, Actis Bovin, Dauphidrom et Charolais Horizon s’uniraient en une seule et même structure dotée de onze sections. Charolais Horizon deviendrait l’une de ces sections avec un conseil de section et son assemblée de section. « La nouvelle coopérative deviendrait la maison mère du groupe », argumentait Philippe Dumas. Avec l’assurance que ce sont bien les éleveurs « qui gardent le contrôle sur tout », poursuivait-il. La création de cette nouvelle coopérative pourrait avoir lieu dès cet été, annonçait-on.

Positionner le produit au plus près du consommateur 

Ces évolutions répondent à la baisse du cheptel en cours et à la forte demande de services de la part des adhérents, justifiait Guy Fonteniaud. « La recherche permanente de valorisation nécessite de poursuivre les investissements dans nos outils de transformation. Il faudra aussi mettre un coup d’accélérateur à la fabrication de produits élaborés », estimait le président. Persuadés que « ce qui compte, c’est le choix commercial que l’on va faire ; positionner le produit au plus près du consommateur », les responsables de Charolais Horizon et de Sicarev entendent, par cette nouvelle structuration, gagner en lisibilité pour mieux communiquer et développer les marques Sicarev. C’est ainsi qu’ils projettent d’adapter leur offre à une société qui évolue à travers un grand plan marketing. C’est ce plan qui était ensuite présenté par la directrice marketing de Sicarev Fabienne Frebot (lire encadré).

Sicarev aiguise son plan marketing

Pour bâtir son plan marketing, le groupe Sicarev est parti du constat que les habitudes de consommation et les attentes des consommateurs ont beaucoup changé. Ces attentes nouvelles, certes parfois confuses, sont la qualité (naturalité, saveur, plaisir…) ; la transparence (traçabilité, origine, proximité, certification…) ; l’éthique (bien-être animal, soutien aux agriculteurs, alimentation durable, gaspillage alimentaire…) ; la nutrition (santé) ; la praticité (emballage, e-commerce, drive…). Pour y répondre, le groupe entend jouer son atout filière et adapter son offre. Cela peut passer par le poids des animaux, mais aussi l’objectif de tendreté 365 jours par an ou encore le persillé. Les cahiers des charges sont une autre partie de la réponse avec, par exemple, les allégations sans OGM ou sans antibiotique, riche en oméga 3, etc… Il peut s’agir aussi de démarches de type « C’est qui le patron » ou sur des produits de proximité. Il faudra aussi « investir dans les outils pour dynamiser notre offre produit », justifiait Fabienne Frebot. Cela passe par de nouvelles machines comme le développement de produits sous vide de type UVCI à DLC plus longue. Le groupe prévoit aussi d’élargir sa gamme de steaks hachés en incluant des steaks protéinés avec des protéines végétales ou des steak pré-cuits… Cela inclut aussi le développement de merguez, saucisses de bœuf, rôtis et sautés cuits, indiquait l’intervenante. Sicarev devra inclure les valeurs nutritionnelles à ses recettes. Le plan marketing passe aussi par les signes officiels de qualité (AOP, IGP, Bio) et par l’impératif d’un prix « juste et acceptable », de même que par la contractualisation avec ses clients. « Nous devrons également élargir notre portefeuilles clients en exploitant le transfert de consommation vers la restauration hors foyer. Nous devons tenir compte des attentes du e-commerce et du drive ainsi que de l’industrie ». Enfin, Sicarev se positionne pour l’export. Le site de Migennes (89) va être audité pour la Chine et Tradival La Palisse est déjà agréé, signalait Fabienne Frebot. Un groupe de travail a vu le jour en septembre dernier au sein de Sicarev. Il se donne comme objectif de mettre plus en avant les éleveurs et de structurer l’offre sur les signes de qualité. Une personne sera désormais en charge de la recherche et du développement. Le groupe entend enfin renforcer sa communication en misant sur sa marque Tradival.

Les principaux chiffres de 2017

En 2017, Charolais Horizon a maintenu son activité avec un peu plus de 30.000 animaux commercialisés pour 467 adhérents à l’OP. Le résultat de la coopérative est positif. Dans un contexte difficile, le montant des plus values redistribuées aux adhérents augmente de 45% pour atteindre un montant total d’un peu plus de 800.000 euros pour 3.141 animaux en filière de qualité ainsi que les contrats de planification, engraissement, etc… Le service technique continue de prendre de l’ampleur. Deltagro, la filiale export du groupe Sicarev, poursuit son développement avec 229.000 animaux maigres exportés.

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