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Le marché des forêts a été tonique en 2017...

En 2017, le marché des parcelles forestières a bénéficié d’un intérêt croissant des acheteurs pour investir dans une base de loisir ou dans une valeur refuge. Le nombre de transactions et les surfaces vendues s’accroissent, tandis que les tarifs restent stables. Détails.

Quelque 88 % des transactions ont concerné les forêts de 1 à 10 ha, lesquelles ne représentaient pourtant que 35 % des surface.

La FNSafer a constaté une stabilité du prix des forêts en 2017, à 4.110 €/ha. Le 24 mai, Loïc Jégouzo, ingénieur d’études à la FNSafer, soulignait qu’en parallèle - et pour la deuxième année consécutive - les surfaces échangées sur le marché avaient été en forte progression. « En deux ans, 20.000 ha supplémentaires ont été mis en vente », précisait-il. Au total, 2017 comptait ainsi 18.470 transactions, lesquelles concernaient 139.000 ha, soit 10.900 de plus qu’en 2016, le tout pour près de 1,5 milliard d’€.

Une disparité par tranche…

Les tarifs évoqués par la FNSafer étaient toutefois disparates selon les classes de surfaces concernées.

Pour les forêts de 1 à 10 ha, après un bond de +60 % entre 2008 et 2016, l’année 2017 a été marquée par une baisse de -2 %. À 3.890 €/ha, le prix était 6 % au-dessous de la moyenne nationale.

À l’inverse, les surfaces de 10 à 25 ha ont vu leurs chiffres reculer depuis 2011, mais enregistraient en 2017 un gain de +4 %. Leur tarif était le plus éloigné de la moyenne nationale : de 12 % en deçà, à 3.630 €/ha. Concernant les forêts de plus de 25 ha, le cours a poursuivi son redressement, de +2 % en 2017, par atteindre 4.460 €/ha. « C’est donc ce prix-là qui a tiré la moyenne nationale au-dessus du seuil de 4.000 €/ha », faisait remarquer Loïc Jégouzo.

Une forte dichotomie du marché

« Quelque 88 % des transactions concernaient les forêts de 1 à 10 ha, lesquelles ne représentaient pourtant que 35 % des surfaces », assurait-il. « Les parcelles de plus de 100 ha représentaient moins de 1 % des transactions ».

De fait, les ventes de forêts de plus de 100 ha ont été limitées, avec seulement 150 transactions pour 32.500 ha au total. Elles étaient néanmoins en hausse pour la seconde année consécutive, grâce à 6.400 ha et 20 transactions supplémentaires, comprenant toutes du bâti.

Pour les parcelles dénuées de constructions, les données sont stables depuis 2014, avec 80 transactions par an, et des surfaces en légère hausse en 2017. « C’est un marché qui reste très étroit », observait Loïc Jégouzo, soulignant le déséquilibre entre l’offre et la demande.

La demande en parcelle de 1 à 10 ha est de fait dopée par les locaux en quête d’une base pour la chasse ou pour l’approvisionnement en bois de chauffage. Leurs ventes progressaient de +5,1 % en nombre, avec 16.200 transactions, et les surfaces gagnaient 3,4 %.

La FNSafer s’interroge aussi sur l’effet du plafonnement des émoluments des notaires mis en place suite à la loi pour la croissance d’activité et l’égalité des chances économiques. « Le but est de favoriser les ventes des petites parcelles pour la restructuration des forêts », rappelait Loïc Jégouzo. « Cela pouvait représenter plusieurs fois la valeur du bien, c’était un frein évident. Nous verrons à l’avenir si la mesure joue sur le dynamisme de ce segment ».

L’offre ne suit pas la demande

Aux côtés de la FNSafer, la Société forestière - qui gère quelque 300.000 ha de forêts en production, essentiellement non bâties et sur des parcelles de plus de 100 ha - présentait, elle aussi, ses chiffres pour l’année 2017. Elle calcule un prix moyen de 8.600 € pour ses 55 dossiers de l’année. Le nombre des massifs est resté stable. « Le prix de la forêt en production a doublé depuis vingt ans », faisait remarquer Jean-Pierre Mesnil, directeur des investissements forestiers et fonciers à la Société forestière. « C’est un marché étroit, sur lequel il y a peu de vendeurs, et qui représente une valeur refuge grâce à une fiscalité qui s’est adaptée à la notion de long terme ».

Le chiffre de la semaine : 38 %

Avec 49.200 ha de surfaces forestières achetées en 2017, les acquisitions des personnes morales privées ont pour la première fois dépassées celles des particuliers non agricoles. Elles ont bondi de +14 % en un an, et totalisaient 38 % du total des parcelles du marché.

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