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Analyse des marchés animaux et des tendances commerciales de la semaine 15/2018

Chaque semaine, pour comprendre et prendre les bonnes décisions, retrouvez l’analyse des marchés animaux, les tendances de la semaine et une analyse pointue des différents marchés animaux. Le rendez-vous à ne pas manquer.

Bovins de boucherie

Le recul des ventes de viande rouge est important alors que les viandes blanches progressent, notamment les viandes de volailles (poulet). La mutation de la consommation se poursuit au détriment des éleveurs. Les circuits courts, le bio, les viandes transformées ou hachées sont plébiscités au détriment des circuits traditionnels et des animaux de race à viande de bonne conformation. Les grandes masses restent soumises au diktat des centrales d’achat qui, malgré une vitrine d’achat en animaux de proximité, restent majoritairement axées sur les produits d’entrée de gamme (ou plutôt d’entrée de prix !). Le changement opéré par quelques enseignes - qui vise à relever le niveau qualitatif - est un signal trop faible pour le moment pour que cela puisse avoir un quelconque impact sur le marché. Ce recul de la consommation est global que ce soit en France, en Espagne, en Italie ou en Allemagne, avec une demande qui se tourne de plus en plus vers les produits élaborés, voire avec des substituts d’origine végétale.

Sur les marchés comme dans les abattoirs, l’activité est affectée par une météo peu favorable aux pièces à griller. Le manque de soleil pèse également sur la vitalité et le moral des personnes à une période où le climat social devient très pesant. Les grèves et les manifestations à répétition freinent le déplacement des populations dans les villes. L’autre aspect négatif de ce printemps qui n’arrive pas, c’est la difficulté qu’ont encore bon nombre d’éleveurs à sortir leurs animaux dans les herbages sans abîmer ces derniers, du fait de sols trop humides. Le relèvement des températures est en revanche plus favorable à la pousse de l’herbe.

Au niveau commercial, les industriels restent l’interface entre des commandes restreintes et une offre de production encore suffisante avec des éleveurs qui ont des besoins de trésorerie pour faire face aux charges de structure. Dans les bonnes femelles de qualité bouchère, les tarifs sont sans grand changement avec un marché de niche où la qualité du produit prime sur le prix. La tendance est plus lourde avec un tassement des cours dans les charolaises ou les bêtes de races à viande de milieu de gamme face au recul des ventes des parties arrière. En réformes laitières, les industriels sont suffisamment couverts et profitent de cette conjoncture pour appuyer sur les prix des vaches holsteins et montbéliardes. Ces baisses ont également pour but de retarder les sorties pour faire face au trou de production attendu dans quelques semaines avec le début des travaux de printemps. En jeunes bovins, les craintes se confirment sur un marché italien où la baisse des prix se poursuit. Les engraisseurs italiens se plaignent de l’afflux de viande française à bas prix qui vient déstabiliser le marché intérieur italien où les tarifs étaient jusqu’alors assez confortables et cela depuis quelques mois. Le placement sur le marché intérieur est compliqué au regard des tarifs pratiqués dans les femelles. La tendance est baissière dans les charolais et les JB de coupe. Dans les laitiers, la tendance est légèrement baissière dans le sillage des laitières.

 

Bovins d’embouche et d’élevage

La pousse de l’herbe est plus active, mais le chargement des prairies risque de les abîmer, notamment dans les secteurs humides. Les animaux lourds à finition rapide (deux mois) sont les plus recherchés, mais la demande des engraisseurs bute sur les tarifs de la viande… Les échanges sont plus calmes pour les animaux de gamme intermédiaire et les laitières à finir à l’herbe avec des tarifs stabilisés.

 

Broutards

L’activité commerciale est assez régulière dans les bons broutards de 300 à 400 kg avec des débouchés multiples pour la repousse ou l’engraissement vers la France, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne ou l’Algérie. Les animaux qui ont la double vaccination contre les FCO sérotypes 8 et 4 sont trop peu offerts pour satisfaire la demande. Les bons mâles charolais, limousins ou croisés se maintiennent sans difficulté. Les tarifs sont stables dans les sujets lourds. Le placement est assez calme dans la marchandise plus commune souvent non vaccinée. Dans les femelles, les éleveurs font le tri avant la mise à l’herbe ce qui accentue l’offre notamment dans la marchandise commune qui peinent à se valoriser correctement. Pas de changement dans les bonnes laitonnes charolaises ou limousines.

 

Veaux d’élevage et d’engraissement

Le cours actuel des bons veaux français est pratiquement au niveau des cours espagnols, si on ajoute les frais de PCR. Les intégrateurs cherchent à garder les veaux français sur le territoire pour couvrir leurs propres besoins. L’activité commerciale est assez active faute de disponibilités suffisantes. Les tarifs progressent dans les veaux frisons, abondances ou montbéliards. Ce meilleur équilibre entraîne les croisés laitiers d’entrée de gamme. Dans les veaux charolais ou croisés montbéliards et mis à part le haut de gamme qui se maintient face à une offre mesurée, le tri est plus sévère dans les sujets ordinaires (de type "R") ou plus légers avec une progression des vêlages de printemps.

 

Ovins

Les conditions climatiques sont peu favorables à la consommation (très peu de ventes de grillades). Les commandes sont en berne, ce qui entraîne un tassement des prix dans un flux commercial assez tendu avec des offres suffisantes pour cette semaine. En brebis, la demande est mesurée, mais les tarifs se maintiennent.

 

Porcs

Le marché est à l’équilibre, mais sans dynamisme face à une météo qui ne tonifie pas la consommation. Le prix sur le Marché du porc breton était ce lundi quasi stable à 1,195 € du kilogramme (-0,1 cent). Sur les autres places européennes, la stabilité était globalement au rendez-vous sur fond de demande encore assez timide.

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