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Analyse des marchés animaux et des tendances commerciales de la semaine 10-2019

Bovins de boucherie : Tous les acteurs de la filière semblent d’accord pour une montée en gamme indispensable pour redonner de la visibilité et des perspectives au commerce de la viande. La filière volaille et la viticulture ont pris cette impulsion il y a plus de vingt ans pour résister à la concurrence des poulets bas de gamme d’importation et de la montée en puissance des vins des autres pays de l’Europe du Sud et des pays tiers hors Europe. L’inertie nécessaire à ces évolutions est plus ou moins longue en fonction des filières, mais elle doit s’inscrire dans le temps. Les producteurs de viande ont conscience des enjeux qui se présentent à eux, mais les défis à relever sont importants, car si un poulet ou une bouteille de vin sont des produits qui peuvent se vendre à l’unité, un bovin est composé de multiples morceaux qui ont tous des débouchés et une valorisation indépendante et surtout saisonnière. Faire correspondre l’offre à la demande de demain reste un grand défi, car la mutation de la consommation est très rapide. Cette montée en gamme par le label, désirée par la profession, cible les races à viande bien conformées. Or, plus de la moitié de la viande produite en France provient de réformes laitières ou d’allaitantes d’entrée de gamme qui sont soumises à la pression des grandes centrales d’achat et de la concurrence européenne.

En revanche, ce qui paraît essentiel pour réussir cette mutation, c’est une plus juste valorisation des produits auprès des éleveurs, quel que soit leur pays. La réduction globale du cheptel européen devrait en donner l’opportunité sur les mois à venir, à condition de ne pas voir apparaître de nouveaux scandales sanitaires ou d’attaques violentes des anti-viandes qui impacteraient durablement la consommation.

Sur les marchés, le commerce est à l’équilibre dans les bonnes femelles de qualité bouchère avec une demande un peu plus régulière dans les boucheries parisiennes au retour des vacances d’hiver, mais en repli sur les stations. Les tarifs sont stables dans les bonnes femelles charolaises de qualité bouchère. Dans les allaitantes de choix secondaire, la tendance au raffermissement est ralentie par la réduction de l’activité des abattoirs. Les tarifs sont stationnaires pour cette semaine. En réformes laitières, les industriels stabilisent les prix des vaches frisonnes, abondances ou montbéliardes. En jeunes bovins, l’activité commerciale reste calme avec une demande limitée sur l’Italie.

Bovins d’embouche et d’élevage : L’activité commerciale est fluide dans la grande majorité du cheptel d’herbage ou d’embouche avec des tarifs qui ont nettement progressé depuis le début de l’année pour se retrouver aujourd’hui au-dessus de la valeur viande du moment. La demande est suivie pour les vaches Montbéliardes à herbager dans le nord-ouest du pays.

Broutards : Les importateurs italiens ne sont pas très actifs à l’achat au regard du climat qui règne sur la viande, mais ils doivent composer avec une offre qui reste mesurée sur le marché français et à une demande des autres pays importateurs. La concurrence des pays du pourtour méditerranéen se montre également plus forte sur l’Algérie, la Tunisie, le Liban ou la Libye à partir de la France ou de l’Espagne. Ces expéditions sont toujours contraintes à une vaccination FCO ce qui est en partie responsable de la modestie de l’offre exportable. Le travail de repousse ou la mise en place en engraissement sur la France sont très compliqués, face à des tarifs élevés dans les mâles de moins de 350kg. Dans les plus lourds, la demande est moindre pour éviter les sorties d’été, mais l’offre saisonnière est modeste et les tarifs se tiennent. Dans les femelles, les bonnes laitonnes préparées pour l’export se vendent normalement avec des cours stables. Celles de qualité et indemnes d’IBR sont recherchées pour l’élevage à la veille de la mise à l’herbe. Les tarifs se maintiennent dans les femelles ordinaires ou non vaccinées qui partent vers l’Espagne avec PCR.

Veaux d’élevage et d’engraissement : La demande espagnole reste limitée avec des engraisseurs qui profitent d’une offre allemande, hollandaise ou des pays de l’Est très compétitive et avec des veaux souvent plus lourds qu’en France. Les intégrateurs qui ne subissent toujours pas la concurrence de l’Espagne retardent l’échéance pour relever leur prix dans les veaux holsteins compte tenu de la maîtrise des volumes pour des sorties de la mi-août. Le commerce reste assez fluide dans le montbéliard avec un marché export sur l’Espagne très ferme (cette gamme de marchandise est moins présente dans les autres pays). Les intégrateurs cherchent en revanche à mettre la pression compte tenu des sorties d’été, dans les croisés laitiers, blanc bleus ou jaunes en réduisant les mises en place estivale.

Ovins : L’équilibre offre/demande reste en faveur des éleveurs, malgré une consommation qui reste faible. Les éleveurs ont programmé leurs sorties pour les fêtes Pascales ce qui entraine un certain déficit sur les marchés. De nombreux abatteurs sont très inquiets sur les répercussions d’un brexit dur entre l’Angleterre et l’Union Européenne. Pas de changement dans les lacaunes. En brebis, l’offre correspond aux besoins du moment avec des cours stables.

Porc : Toujours pas d’évolution positive des prix, avec un marché européen qui reste chargé. Le cours de référence du MPB est stable à 1,177€.

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