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Voter est synonyme de résistance, explique Bernard Lacour dans ses bons voeux à tous les agriculteurs pour 2019

Une année se termine, déstabilisante par certains aspects, elle doit malgré tous renforcer nos convictions.

2018, a vu des aléas climatiques inhabituels nécessitant une véritable réactivité et une gestion adaptée aux circonstances.
Oui, l’évolution climatique est une évidence, nous avons fait face en cette fin d’année à une sécheresse sans réel levier d’approvisionnement puisque la récolte des céréales était terminée. Les rendez-vous dans les exploitations avec nos élus en septembre, le travail avec la chambre d’agriculture, l’administration, les collectivités territoriales et le soutien des élus de nos territoires ont permis d’obtenir la palette d’accompagnement que vous connaissez. Il nous reste du travail à faire afin d’amener de la trésorerie au plus vite dans nos exploitations. Que chacun soit déjà remercié pour sa réactivité. Les quelques 1000 camions de paille de maïs qui ont transité vers les zones d’élevage, sont à souligner. Ils ne doivent rien à personne, si ce n’est à la solidarité paysanne qui est plus que jamais nécessaire. L’hiver sera long en particulier pour les situations les plus difficiles.
A cette actualité s’ajoutent les dossiers que vous connaissez qui ont vu nos organisations construire, proposer et faire aboutir : le maintien de l’exonération travailleurs occasionnels, la fiscalité avantageuse du carburant, l’épargne de précaution...

2018, une année, avec son lot de réussites et de difficultés, qui a vue des productions revalorisées quand d’autres souffrent encore et n’arrivent pas à rémunérer les Femmes et les Hommes passionnés qui les ont choisis.
Oui, des productions tirent leurs épingles du jeu. Souvent parce qu’elles ont su maîtriser, adapter, gérer l’adéquation entre un volume et leurs marchés mais aussi valoriser l’image des producteurs pour la transformer en un produit rémunérateur.
Pour les productions les plus en difficultés des rendez-vous ont probablement été ratés ? Quand un éleveur, un viticulteur, un agriculteur, voit, entend à longueur de journée, particulièrement en ces périodes où le bien manger est invité à chaque moment festif, sur chaque table de fête, des spots publicitaires axés sur les efforts fait jour et nuit par le producteur pour offrir le meilleur produit à partir de méthodes d’exploitations toujours plus vertueuses, il ne peut que se sentir trahit. Notre image nous est volée par une grande partie de l’industrie agroalimentaire et de la grande distribution, sans retour dans la cour de notre ferme.
L’agriculture française est classée première des 67 plus importants pays agricoles de la planète pour la durabilité de son alimentation selon l'Economist Intelligence Unit*. Comment accepter d’être aussi vingtième en Europe pour le prix de la viande sortie exploitation, comment comprendre l’acharnement des médias, l’indifférence des pouvoirs publics ?

2018, marquée par l’important débat autour des états généraux de l’alimentation, qui est enfin traduit dans la loi.
Oui, il revient maintenant aux interprofessions de faire évoluer les choses. A chaque filière de transformer le consensus national en un partage « sonnant et trébuchant » des marges sans utiliser les producteurs comme variable d’ajustement et d’enrichissement. Nous devons tous, ensemble nous engager dans cette voie porteuse de notre avenir.

2018, un mouvement populaire, inédit par sa forme et son ampleur, les « gilets jaunes ». Ils ont fait la « une » de tous les médias. Vous découvrez progressivement leurs positions, vous connaissez les nôtres, je ne ferai aucun commentaire, si ce n’est que nous partageons l’origine des revendications fruit du parisianisme ambiant. Ce mouvement est aussi le résultat d’une volonté venue de tous les bords politiques, qui, depuis des décennies n’a de cesse d’affaiblir les corps intermédiaires.
Oui, une alternative existe pour l’Agriculture. Nous représentons un syndicalisme de projets et de solutions. Respectueux des institutions, élus localement par nos collègues, ensemble, nous sommes un interlocuteur capable de négocier avec les pouvoirs publics pour sortir l’agriculture française de l’impasse, il y a urgence !

2019, la volonté de détricoter, d’affaiblir la force collective des paysans, s’invite, comme tous les six ans, dans nos propres rangs. Le législateur a souhaité mesurer la représentativité du syndicalisme agricole à travers les élections aux Chambres d’agriculture, c’est donc pour nous, agriculteurs, viticulteurs et éleveurs un enjeu majeur.
Oui, le plus important est déjà de voter, acte synonyme de résistance. Ne laissez personne d’autre décider à notre place. Validez avec nous le fait que l’engagement professionnel ne peut pas se résumer à une campagne de dénigrement tous les six ans. Nous concevons notre rôle comme une présence au quotidien, à vos côtés sur les dossiers mais également au service de chaque agricultrice et de chaque agriculteur.

Que 2019 soit pour vous et pour votre famille une année de santé et de réussite professionnelle et personnelle.

Bonne année à toutes et à tous

Bernard Lacour

Président de la FDSEA de Saône-et-Loire


*l'Economist Intelligence Unit est une entreprise britannique appartenant à The Economist Group. Par ses recherches et ses analyses, l'EIU offre des prévisions et du conseil à ses clients. Il fournit aux pays, industries et aux entreprises des analyses mondiales.

 

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