Elevage Porcin

Fortes inquiétudes sur le prix du porc

Alors que les perspectives de prix ne sont pas encourageantes à court terme, l’éventuelle apparition de la fièvre porcine africaine en France précipiterait le cours du porc, estime Culture Viande, le syndicat des industriels de la viande. 

1,20 €/kg, c’est le seuil que vient de franchir la cotation au Marché du porc breton, début octobre, après deux semaines successives de baisse. La moyenne annuelle du cours du porc à la production est en repli de près de 17 % comparée à l’année précédente. Et selon Paul Rouche, directeur délégué de Culture Viande, le syndicat des industriels de la viande qui tient son assemblée générale, le 9 octobre, la baisse devrait se poursuivre. En effet, l’offre porcine communautaire est en hausse de près de 2 % avec toujours une Espagne très conquérante (+2,2 %) et une Allemagne qui conforte sa position de leader (+1,4 %). De son côté le Danemark revient en force (+4,5 %) et l’Ouest de la France affiche des abattages records de (+ 3,5 % selon Uniporc). Face à cette offre abondante, la consommation des ménages s’inscrit dans un repli préoccupant et tendanciel. Elle a reculé de 5 % sur huit mois, pour la quatrième année consécutive, après 2,5 % en 2017, 2 % en 2016 et 1,5 % en 2015. Une baisse qui touche désormais la charcuterie (-2,5 %) qui était épargnée jusqu’à présent. Sur le plan des échanges, la situation n’est guère plus encourageante. Le déficit français se creuse, les exportations marquent le pas à cause de la Chine moins demandeuse, tandis que les importations progressent surtout pour les produits transformés et de charcuterie en provenance d’Espagne notamment.

Risque de psychose 

Mais l’inquiétude aujourd’hui se polarise sur la fièvre porcine africaine. Depuis son apparition en Europe 1.161 cas ont été recensés sur les porcs et 4.129 cas sur les sangliers. Si la France est encore épargnée, l’épizootie est à nos portes, à 4 km de la frontière en Belgique. En quelques jours, le prix du porc de l’autre côté de la frontière a perdu 25 cts/kg après la déclaration du premier foyer de fièvre sur la faune sauvage. Et au-delà de la Belgique, c’est le prix du porc européen qui s’enfonce dans la crise et la psychose gagne tous les pays de l’Union et les pays tiers, avec à la clef la fermeture des frontières. C’est déjà le cas pour la Belgique. Pour la France, les conséquences seraient dramatiques, si la maladie arrivait sur notre territoire, notamment pour la survie de nombreux élevages qui n’ont pas encore retrouvé leur équilibre après la dernière crise. « La France exporte le tiers de sa production, l’arrêt des exportations pourrait entraîner une baisse des prix de 25 à 30 % à la production », redoute Paul Rouche. Pour éviter ce scénario catastrophe, Culture Viande plaide pour une régionalisation de notre territoire de façon à autoriser les régions françaises qui ne seraient pas touchées par le virus à pouvoir continuer à exporter. Par exemple la Bretagne, si un cas de fièvre apparaissait dans les Ardennes. Le syndicat souhaite également faire un distinguo entre la faune sauvage et les porcs charcutiers de façon à ce que l’apparition de cas chez les sangliers ne pénalise pas le commerce des porcs charcutiers. Et pourquoi pas l’érection d’une clôture autour de la zone contaminée en Belgique pour éviter la dispersion du virus par les sangliers. Une solution qui a été mis en place en Tchéquie et qui a permis de contenir l’épizootie.

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