Elevage Divers

Rebouteux des temps modernes

Parmi ces médecines que l’on peut qualifier de parallèles se trouve l’ostéopathie. Discipline se démocratisant et se généralisant peu à peu, une école formant exclusivement des ostéopathes animaliers a été ouverte il y a un an à Cluny. Cette implantation au plus près du territoire charolais n’est pas due au hasard.

Implantée à Rennes depuis plus de vingt ans, soit au cœur du premier bassin de vaches laitières, l’école Biopraxia a ouvert une antenne à Cluny en septembre 2018. « Venir ici, explique la responsable du site Caroline Schwab, nous permet de compléter l’apprentissage de nos élèves en étant à proximité directe d’un bassin important de bovins allaitants ». En effet, la différence de morphologie entre allaitante et laitière implique d’adapter ses techniques et son approche. « Les allaitants sont des animaux plus natures, ils ont moins l’habitude d’être manipulés. Ceci est d’ailleurs un aspect qui plaît particulièrement à certains de nos élèves ».

En préventif aussi

Pour ce qui est de l’indication ostéopathique, elle reste identique à ce que l’on connaît pour les autres animaux et pour l’homme : « nous intervenons sur les problèmes locomoteurs, les boiteries, les difficultés à se lever, à se mouvoir mais aussi sur de nombreuses autres indications ». L’ostéo est alors là « pour rétablir les équilibres ».
Les deux grosses périodes d’intervention sont la mise à l’herbe (lorsque se révèlent de façon plus nette les problèmes locomoteurs) et les vêlages (traditionnellement plus problématiques chez les allaitantes que chez les laitières).
L’ostéo peut aussi bien intervenir en préventif, « lors d’un premier vêlage par exemple, ou sur une vache dont l’éleveur sait qu’elle a tendance à faire de gros veaux, pour lui permettre d’avoir les tissus suffisamment relâchés » ; qu’en curatif, pour accompagner et faciliter la récupération après un vêlage ou pour prendre en charge les veaux qui ont du mal à se lever ou à têter.
Autre indication, les problèmes de reproduction « lorsqu’une vache a des retards de chaleurs, ou lorsqu’un taureau a du mal à saillir, ce qui peut venir d’un problème de dos ».

Des centres partenaires

Le calcul et le principe sont simples : « tout animal qui a des difficultés à se mouvoir, se nourrit mal, perd du poids, de la production laitière et donc de la valeur…»
Et Caroline Schwab présente la discipline comme complémentaire à toute la panoplie médicale proposée aux éleveurs. « Nous souhaitons véritablement travailler en équipe et en confiance avec tous les professionnels qui interviennent auprès des animaux », éleveurs bien sûr, mais aussi vétérinaires, pédicures, etc.
Et les éleveurs de bovins charolais ne sont pas indifférents à cette pratique car, comme le rappelle la responsable, « il y avait ici auparavant la tradition des rebouteux, or ces dernières décennies, ces savoir-faire se sont perdus. Nous sommes devenus les rebouteux médico-scientifiques ! ».
Ainsi l’école « a besoin de continuer à développer un réseau de centres partenaires », des éleveurs acceptant de recevoir ces ostéo en formation pour qu’ils apprennent à manipuler les bovins et à être en relation avec tout l’environnement de l’exploitation. Leurs animaux bénéficient de leur côté d'un suivi ostéopathique régulier...
Ces élèves sont aussi formés sur les équins et les petits animaux de compagnie, de même que sur les caprins et les ovins. Mais pour ces derniers, le frein reste souvent financier, le coût de la séance étant plus facilement rentabilisé sur un bovin.

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