Elevage Ovin Economie Actualité Valorisation

Le Mouton charollais prépare son concours et sa vente nationaux du 4 août

Vendredi 4 août, le concours national du Mouton charollais prendra place sous la halle de Charolles. Une belle journée en perspective avec, outre la désignation des champions de l’année, la très attendue vente aux enchères des agneaux de station, suivie d’une vente nationale d’agneaux prestige puis d’une vente d’agnelles.

Comme l’an dernier, le concours national de Mouton Charollais prendra place sous la grande halle de Charolles.

Le concours national des ovins charollais aura lieu le vendredi 4 août prochain à Charolles. C’est désormais sous la halle des expositions de la capitale du Charollais, que le rendez-vous phare de la race ovine éponyme donne rendez-vous chaque année. L’organisme de sélection (OS) de la race propose une véritable journée du Mouton charollais, débutant dès 6 h 30 par le classement des sections d’agneaux, antenais, brebis, bélier, lots d’ensemble… Le jugement se terminera vers 11 h 30, suivi du traditionnel vin d’honneur en présence de la Confrérie des saveurs du pays charolais. Après un repas servi par une association au profit des personnes souffrant du syndrome de Poland, le programme se poursuivra par la vente aux enchères des agneaux de station.

La génétique d’élite

148 animaux répartis en deux bandes - l’une comprenant des agneaux de janvier et l’autre des agneaux de février - ont été évalués à Palinges cette année. Conformément au protocole d’évaluation dicté par l’Institut de l’élevage, une trentaine de sujets sont éliminés en raison de défauts morphologiques, de mauvais pointages, de mauvaises performances, indique le président de l’OS Pascal Chaponneau. 12 à 14 agneaux sont réservés pour le schéma génétique de la race. C’est l’organisme de sélection qui les sélectionne en retenant les tout meilleurs sujets de la série, confie le président. Leur semence sera testée par le centre Insemovin à Limoges. Les agneaux dont la semence sera qualifiée seront ensuite diffusés à l’insémination artificielle. Achetés par l’OS, ces agneaux d’élite seront payés à la moyenne des cinq agneaux les plus chers de la prochaine vente aux enchères de station. « Cette année, nous avons bien travaillé pour le schéma génétique », se félicite Pascal Chaponneau. En effet, 92 des agneaux de la station sont issus de mères à bélier et 80 sont issus d’accouplement raisonnés dans le cadre du schéma génétique racial.

Agneaux prestiges et agnelles

Cette année, la "petite vente" des agneaux d’élite sélectionnés pour leur morphologie suivra la vente aux enchères de station. Une douzaine de spécimens feront ainsi l’objet de cette traditionnelle vente nationale de prestige.

Enfin, une vente d’agnelles clôturera la journée.

A noter que les JA du canton tiendront la buvette de l’évènement ! Buvette qui pourrait être assaillie si la chaleur continue de frapper comme elle le fait depuis quelques semaines et, désormais, chaque été…

 

182 agnelles livrées à l’Iran

Le 5 juillet dernier, 182 charollais ont été chargés dans un camion à destination de la Belgique. De Belgique, les animaux devaient rejoindre la région de Téhéran par avion.

Le 5 juillet, 182 agnelles charollaises sont parties de la station raciale de Palinges pour rejoindre la région de Téhéran en Iran. Un évènement, car cela faisait un an et demi que les responsables de l’OS avaient reçu ces clients iraniens à Charolles. Après s’être mis d’accord sur un cahier des charges draconien imposé par le ministère iranien, une commande de 239 animaux avait été émise fin 2015. Un acompte avait même été versé, mais depuis l’OS n’avait plus eu aucune nouvelle. Pour traiter ce marché compliqué, le Mouton charollais s’était rapproché d’autres structures de la génétique ovine française (ROM Sélection et GEODE). Finalement, la situation a commencé à s’éclaircir à la fin de l’hiver dernier avec une première expédition de 57 animaux. La semaine dernière, avec le départ de 178 agnelles et de 4 béliers supplémentaires, le contrat datant de 2015 était enfin totalement soldé.

Le 5 au soir à Palinges, les 182 charollais rassemblés la veille par les éleveurs ont été chargés dans un camion à destination de la Belgique. Le convoi devait faire escale au nord de la région parisienne pour embarquer également des ovins de race Île-de-France. De Belgique, les animaux devaient rejoindre l’Iran par avion.

Potentiel de croissance

Les 182 charollais proviennent d’une petite quinzaine de cheptels différents. Le choix a été compliqué par le fait que le client exigeait que les élevages en question puissent faire valoir sept années « d’agrément CSO tremblante », ce qui équivaut à des cheptels inscrits depuis au moins dix ans, confie Pascal Chaponneau. Nées en janvier-février, les agnelles sélectionnées sont de bonne taille et d’un bon niveau génétique, comme l’exigeaient les interlocuteurs iraniens. Soutenu par l’Etat iranien, cet achat s’inscrit dans un programme d’acquisition d’animaux à haut potentiel de croissance. Selon les acquéreurs iraniens, les futures brebis charollaises donneraient autant de viande que six de leurs brebis de race locale, rapporte Pascal Chaponneau. L’objectif national est bien d’évoluer vers davantage d’autonomie alimentaire. Sur place, les animaux seraient élevés dans des bâtiments hors-sol. Si l’Iran ne dispose pas des verts herbages du Charollais, il aurait en revanche la possibilité de produire des cultures. Les moutons seraient ainsi nourris au maïs grain, à l’ensilage de sorgho, au tourteau de soja et à la luzerne déshydratée…

Accompagnement technique

Outre la fourniture des animaux, le contrat prévoit aussi un accompagnement technique. Comme ils l’avaient fait en 2012-2013 lorsqu’ils avaient exporté un millier d’agnelles en Turquie, les membres de l’OS Mouton charollais se rendront sur place pour conseiller les éleveurs iraniens. Et les deux pays resteront en contact pour la transmission des tables de ration, protocoles de préparation à l’agnelage… Les agnelles devraient être mises à la reproduction fin août pour des agnelages fin février, début mars.

S’il confirme que l’export d’animaux vivant est indéniablement devenu très compliqué avec des exigences sanitaires exponentielles, le président de l’OS constate néanmoins que « la France est regardée comme un pays détenant un réservoir génétique exceptionnel. Notre génétique est très prisée à l’étranger ». La preuve avec cette nouvelle expédition dans un pays qui souhait moderniser son élevage.

Services

Recevoir la newsletter